Magazine Humanitaire

L'exemple du Burkina Faso.

Publié le 28 février 2011 par Cmasson

Depuis plusieurs années,  ACF intervient dans la province de la Tapoa, à l’Est du Burkina Faso, en soutien aux structures sanitaires locales pour assurer le dépistage, la prévention et le traitement de la malnutrition. Mais l’organisation s’attaque également aux facteurs qui l’aggravent, notamment l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement. En effet, certaines maladies comme les diarrhées sont notamment liées à la consommation d’eau insalubre. Or, les enfants qui en souffrent perdent de l’appétit et peuvent progressivement devenir malnutris.
Pour rompre cette chaîne de contamination, ACF s’attache donc à promouvoir et rendre possibles des pratiques bénéfiques d’hygiène. Dans ce cadre, elle a lancé un programme en collaboration avec 13 écoles primaires, qui a permis de réaliser des forages et des latrines accompagnées de lave-mains dans les lieux scolaires. Le deuxième volet du programme concerne la sensibilisation à l’hygiène.

Après trois mois, les habitudes de nombreux élèves ont changé, à l’école comme à la maison  « Chaque soir, je prends de l’eau avec un bidon au forage que je ramène à la maison afin de continuer à boire de l’eau potable, » raconte le petit Ouoba Mandiari, 11ans, du village de Kpenkada, à trois kilomètres de l’école. Autrefois, il consommait l’eau des mares et des puits, comme le reste du village. « Maintenant, quand il n’y en a plus, je prends le vélo de mon frère pour venir en chercher.»

 Un taux d’abandon réduit

Les enseignants de l’école, avec l’appui de l’équipe d’encadrement du projet, ont mis en place un club de santé et un comité de gestion du point d’eau, où certaines familles d’élèves  viennent maintenant s’approvisionner.  Outre les bénéfices induits par ce programme sur le plan sanitaire, le projet a également un impact sur l’éducation des enfants. « Dans le passé chaque enfant se débrouillait pour amener son eau de la maison », explique Tenkodogo Wendyam, directeur de l’école de Boupiéna. Aujourd’hui, les enfants se plaignent moins de maux de ventre et fréquentent l’école plus régulièrement.

Selon un rapport d’UNICEF[1], 400 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ont des vers intestinaux, ce qui affecte leurs capacités d’apprentissage. Par ailleurs, les études ont montré que  la présence d’infrastructures sanitaires dans les écoles a un effet important sur la fréquentation scolaire, notamment celle des filles. Tenkodogo Wendyam, directeur de l’école de Boupiéna a, quant à lui, noté un autre effet du programme de sensibilisation : « depuis le début des activités, les parents d’élèves fréquentent eux aussi davantage l’école ! »

Le saviez-vous ?

Parce que la malnutrition entrave le développement physique et psychomoteur, elle affecte aussi la capacité à apprendre et donc la réussite scolaire. Par « ricochet », elle affecte plus tard la réussite professionnelle et les revenus. Elle ralentit de ce fait la croissance des pays et peut représenter une perte de 3 % du PIB !


[1] www.unicef.org/wash/index_schools.html


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