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Que faire après le primaire ?

Publié le 28 janvier 2008 par Raymond Viger
En Haïti, la majorité des jeunes qui habitent à la campagne ne peuvent pas faire leur secondaire, faute d’écoles.

Après son primaire, Jeannot a rejoint son père dans la plantation de canne à sucre. «On ne pouvait pas payer le collège», soupire-t-il, triste d’avoir dû abandonner son rêve de devenir agronome.

Jeannot a 14 ans. Il habite à Plaisance, dans le nord d’Haïti. Dans cette région, des milliers d’élèves terminent chaque année leur primaire, mais il n’existe qu’une seule école secondaire publique pour les accueillir. Ceux qui en ont les moyens fréquenteront un collège privé, où les conditions d’apprentissage laissent beaucoup à désirer. Et tant pis pour les autres…

Décrocheurs nombreux
À Plaisance, beaucoup de jeunes abandonnent l’école avant la fin du primaire. Sans métier, ils travaillent dans les plantations, deviennent «restavek»* (littéralement « reste avec », un domestique non payé que leurs parents trop pauvres placent dans des familles plus riches), ou vont grossir le nombre des enfants des rues…

À Desdunes, dans la région de l’Artibonite, la seule école secondaire reçoit plus de 300 élèves… dans le même bâtiment que l’école primaire. Pas étonnant que les jeunes Desduniens aboutissent très tôt dans des rizières.

Pourquoi ?
L’État haïtien est absent en milieu rural. L’accès aux services sociaux est difficile, ou inexistant. La moitié des Haïtiens n’ont pas accès à l’eau potable et plus du quart des jeunes vivent à plus de 15 km de marche d’une école ou d’une clinique médicale.

Heureusement, il y a des solutions. La Fondation Paul-Gérin Lajoie, un organisme non gouvernemental financé en partie par l’Agence canadienne de développement international, a développé un programme original.

Des directeurs d’école et des enseignants québécois à la retraite passent plusieurs mois avec leurs collègues haïtiens des régions de Saint-Marc, de Jacmel et de Port-au-Prince. Ils leur donnent des conseils pour améliorer l’efficacité et la qualité des écoles existantes.

L’appui du Canada a également servi à nettoyer et rénover les écoles endommagées par les graves inondations survenues en 2004 après le passage de l’ouragan Jeanne.

L’éducation, un luxe
À Haïti, plus d’un million d’enfants de 6 à 11 ans n’ont aucun accès à l’école. Ces jeunes qui vivent à la campagne ou dans les quartiers pauvres de la capitale, Port-au-Prince. Ce sont surtout les filles qui ne vont pas à l’école. Le tiers des jeunes filles âgées de 10 à 14 ans sont au travail, touchant un revenu de misère.

Pour aider : la Dictée P.G.L.
Chaque année, plus de 100 000 jeunes Québécois font une dictée en classe, puis demandent à leurs proches de les parrainer. Les écoles conservent une partie des fonds pour des projets spéciaux, et envoient le reste à la Fondation Paul Gérin-Lajoie.

Depuis 15 ans, la Dictée a recueilli plus de sept millions de dollars pour des projets d’éducation en Haïti et en Afrique.

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international

Chronique Les Débrouillards
Agence Science-Presse en collaboration avec le magazine Les Débrouillards
Texte : Day Robertho Isaac (Syfia International), adapté par Raphaëlle Derome


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