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Mixité et théorie du Gender dans les cahiers pédagogique

Publié le 04 mars 2011 par Veille-Education

Une histoire de la mixité
N°487 – Dossier « Filles et garçons à l’école » / Par Geneviève Pezeu
lundi, 14 février 2011
Quelle histoire de l’éducation dans un lieu commun des filles et des garçons, avec des programmes éducatifs équivalents ? Quels liens avec les évolutions des mœurs, des valeurs de notre société et des décisions politiques qui en découlent ?
L’histoire de la mixité n’a pas encore été écrite en France. De nombreuses études en sociologie, philosophie, sciences de l’éducation ou histoire de l’éducation ont été réalisées, mais il n’existe pas encore de thèse en histoire, complète et générale, sur ce sujet aujourd’hui.
Histoire du terme
Le mot même de mixité est récent. Au XIXe siècle on ne parle que de coéducation qui définit une « cohabitation en commun » que l’on va retrouver dans la seconde édition de 1911 du célèbre Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson.
Il existe un autre terme usité au XIXe siècle, celui de gémination, c’est-à-dire le regroupement par âge des garçons et des filles (différent d’un regroupement par sexe), par petits effectifs. C’était, de fait, des classes uniques. Et d’ailleurs, lorsqu’en 1833, est votée la loi Guizot [1], ce ministre de l’Instruction publique (ce n’est pas « éducation publique ») défend non pas la coéducation, mais la co-instruction et le co-enseignement lorsqu’il justifia la possibilité d’associer garçons et filles dans une même classe pour les plus petites communes.
Ce n’est que vers 1950 que le terme « mixité » apparaît comme substantif en référence à la mixité scolaire. Le Grand Larousse encyclopédique de 1963 exprime la perception dubitative de ce mot : « Mixité : n.f.- Etat d’une école où les filles et garçons sont admis. Certains éducateurs émettent des doutes sur l’efficacité de la mixité ».
Cependant, à la fin du XIXe siècle, le terme « mixte » (du latin miscere = « mélanger ») désigne la coexistence des deux sexes.
C’est au cours des années 1990 que la notion de mixité est assignée à d’autres diversités que celles des sexes : « mixité sociale », « mixité culturelle », « mixité religieuse », « mixité spatiale »…. en relation avec la réflexion politique pour davantage d’égalité dans la société. Cependant ce « mélange » de « natures différentes » est souvent présenté comme un face à face entre le « même » et « l’autre ». Il est très difficile de le percevoir comme multiple et complémentaire. Ce qui aujourd’hui au XXIe siècle nous amène à, non plus, utiliser le terme mixité, mais celui de diversité qui fait consensus sur le plan européen. D’autant plus qu’en anglais, le substantif mixité est intraduisible car il n’existe tout simplement pas ! Les anglo-saxons parlent de coéducation (le mot mix n’a pas la valeur de mixité comme nous l’entendons en français).
Enfin, nous pouvons reprendre une réflexion développée par Nicole Mosconi qui s’interroge sur la substitution du terme « mixité » à celui de « coéducation ». Elle y voit le déni de la sexualité possible si on accole les deux sexes. Ce serait une forme de défense face au danger de la relation sexuelle des jeunes. Cet argument reprend l’étymologie de mixité qui renvoie à cette opération chimique de « mixtion » par laquelle le mélange des substances simples pour obtenir une substance nouvelle qui est alors un « mixte ». Ainsi la mixité scolaire mélange les deux sexes et la métaphore nous amène à supprimer les deux sexes différenciés pour obtenir une seule « substance », un être neutre et indifférencié qu’on appelle « élève » ou « professeur ». Ce qui est un frein à la réflexion sur la mixité vécue.
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