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Breaking Bad (AMC) : Une nouveauté câblée à surveiller

Publié le 28 janvier 2008 par Melimelo

Dans ce paysage sériephile du mois de janvier, décimé par la grève des scénaristes, les quelques nouveautés lancées  par les chaînes américaines ne déclenchent pas un grand enthousiasme, entre indifférence et agacement, le téléspectateur nage dans un marasme de productions plus ou moins médiocres dont il connaît les ficelles narratives sans doute mieux que les scénaristes eux-mêmes. C'est un peu désespérant. Et "découvrir pour découvrir en gardant un esprit ouvert" ne m'intéresse plus vraiment en ce moment, prise par un million d'autres exigences professionnelles.
Heureusement, il y a encore le câble pour nous sauver du naufrage des networks. Et notamment une chaîne qui continue d'explorer l'univers des séries. Après Mad Men cet été, voilà que AMC nous propose Breaking Bad.

Breaking (AMC) nouveauté câblée surveiller


Diffusée sur : AMC (Câble US)
Depuis le : 20 janvier 2008

Avec qui ?
Bryan Cranston (Malcom), Aaron Paul, Anna Gunn, Dean Norris, Betsy Brandt, RJ Mitte.

Ca parle de quoi ?
Breaking Bad relate l'histoire d'un professeur de sciences dans un lycée (Bryan Cranston) souffrant d'un cancer en phase terminale, qui fait usage de ce qu'il apprend chaque jour à ses élèves pour mettre en place un laboratoire de métamphétamines afin de les revendre et gagner de l'argent pour permettre à sa femme et son fils de vivre correctement après son décès. (Source : www.serieslive.com)
Et alors, ce pilote ?
Le pilote diffusé dimanche dernier sur AMC se révèle particulièrement prometteur. S'il ne révolutionne aucun code narratif, il pose très efficacement les bases d'une série qui jete un regard assez sombre sur la société, révélant un réel potentiel. Originellement, la lecture dy synopsis pouvait un instant laisser imaginer un parallèle avec Weeds, mais il n'en est rien. En effet, le ton est très différent, assumant parfaitement son caractère dramatique, tout en ne négligeant pas un certain humour noir que Bryan Cranston parvient à faire ressortir dans des scènes assez ambivalentes. En prenant une certaine distance, le téléspectateur est touché, tout en étant amené à sourire devant certaines réactions. Tout au long de l'épisode, la série cultive cette subtile ambivalence, qui apporte finalement une dimension supplémentaires à toutes ces scènes. Le côté désespéré d'une vie ordinaire confrontée aux difficultés quotidiennes qui s'accumulent est bien retranscrit. L'exploitation est d'autant plus aisée que Bryan Cranston (Malcolm) s'avère très convaincant en quinquagénaire au bout du rouleau, jonglant tant bien que mal avec la médiocrité de son quotidien, prof de chimie confronté à l'ingratitude de ses élèves, agrémenté d'un petit job à côté pour combler les fins de mois déjà difficiles. Le petit portrait de famille qui nous est dressé sonne d'ailleurs assez juste, notamment dans les relations entre les différents membres.

Après nous avoir immergé dans ce marasme quotidien, l'annonce de la maladie est le déclic qui rompt la torpeur monotone qui pesait initialement sur le personnage principal, où il était proche de l'étouffement. Soudain, la perspective change, le ton évolue également. C'est une sorte de libération. Et, pour un chimiste, quelle meilleure idée que de jouer justement... les chimistes avec des substances qui rapporteront suffisamment, afin de constituer un petit pactole pour sa famille ? Après s'être échiné à incarner les professeurs de chimie rangé, mais fauché, on passe à un autre stade. Cette passion scientifique peut être exploitée "pleinement" hors des conventions sociales... et des lois...

Par son ton assez sombre, ces touches d'humour noir, et une écriture subtile qui ne place pas le téléspectateur sous tutelle, cet anti-héros par excellence pique la curiosité. La mise en scène de cette métamorphose est intrigante et aiguise notre intérêt. Certes, il y a quelques défauts "classiques". Notamment le fait que la série succombe à cette mode d'une scène d'ouverture apocalyptique pour ensuite nous projeter "quelques semaines plus tôt", mais ce reproche n'en est pas vraiment un et ne mérite pas de s'y attarder.
Bilan : AMC semble prendre goût à la production de séries. Et c'est une bonne nouvelle. Au vu du désert qualitatif des grands network qu'accentue la grève, on applaudit l'initiative.
Breaking Bad propose donc un pilote prometteur pour une série à surveiller de près.

Petit aperçu :  


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