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La fonction publique et ses paramètres

Publié le 13 mars 2011 par Alex75
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Le ministre du budget, François Baroin, a claironné fièrement, que près de 100 000 fonctionnaires en fin de carrière n'auront pas été remplacés, ce qui représente 5 % des effectifs de la fonction publique, soit 2,7 milliards d'euros d'économies. Ce non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, aurait permis à l'Etat d'économiser plus de 7 milliards d'euros, sur la période 2009-11. Ce qui est l'occasion de revenir brièvement sur cette réforme de la fonction publique.

Certes, il y a de quoi être fier. Le non remplacement de 100 000 emplois publics en trois ans, ce n'est pas une mince affaire, ni un mince exploit. Et Nicolas Sarkozy pourra légitimement dire, qu'il a tenu une de ses promesses de campagne électorale. Qui était de ramener les effectifs de la fonction publique, à leur niveau de 1990. “Sous François Mitterrand, disait-il avec ironie, la France n'était pas non plus sous-administrée“. Mais les querelles sur les économies, en cette période de déficit public, ne vont pas cesser pour autant. Car 2,7 milliards d'euros, dont 1,4 milliards versés à la fonction publique, paraissent dérisoires face à l'ampleur de la dette publique. Un emploi public est aussi à la charge de l'Etat pendant plus d'un demi-siècle, y compris avec la retraite du fonctionnaire. Par ailleurs, on parle toujours de tradition colbertiste française. Mais auquelle on a appliqué une perception très contemporaine. En effet, la puissance d'un Etat n'entre pas nécessairement en corrélation avec le nombre de fonctionnaires. Colbert avait à sa disposition une adiminstration éthique, et non pléthorique, et Bonaparte épuisait littéralement les fonctionnaires à la tâche. Depuis ce que l'on appelle l'ancien régime, l'Etat a une fonction protectrice. Mais depuis trente ans, on l'avait réduit à l'embauche de fonctionnaires. D'ailleurs tous bords confondus, la gauche le trompettant fièrement, la droite le faisant honteusement.

Au niveau de la fonction publique d'Etat, on ne peut le dénier, Sarkozy a assumé une vraie rupture. Même si l'évolution et le premier infléchissement de la courbe, remonte au second mandat de Chirac, à la faveur de la Révision Générale des Politiques Publiques. Mais à l'heure actuelle, il y a fonction publique d'Etat, et fonction publique territoriale. Ainsi, à l'aune de ces statistiques, il y a pourtant 650 000 emplois publics de plus, qu'il y a dix ans. On touche au paradoxe inexplicable de la fonction publique hexagonale. Cherchez l'erreur. Elle s'appelle “collectivités locales“. Statistiquement parlant, il n'y a jamais eu autant de fonctionnaires, toutes fonctions publiques confondues (plus de 5 millions de fonctionnaires, soit 20 % de la population active). L'argument des élus locaux est bien connu. L'Etat leur a transféré des compétences, et ils doivent se donner les moyens de les assumer. Ce qui n'est pas faux. Mais cela ne justifie pas tout. Comme on le voit au travers de l'explosion des emplois d'animateurs culturels et sociaux, ainsi que des dépenses de communication des collectivités locales. C'est la loi de décentralisation de 2003, entérinée par Jean-Pierre Raffarin, qui ait venu accélérer le processus, avec la création et la multiplication des communautés de communes.

Nous nous retrouvons ainsi, on pourrait dire, face à un rêve d'Etat fédéral à l'allemande, mené par nos élites technocratiques, tous bords confondus, et celui depuis trente ans. La traditionnelle fonction protectrice de l'Etat, a ainsi été transféré aux collectivités locales. La gauche en a fait un “outil clientéliste“, d'autant plus qu'elle domine les régions et les collectivités locales. Elle est cantonnée dans un rôle important d'opposition locale, à l'image de la S.F.I.O. de la fin de la IVe et du début de la Ve. Mais nous sommes au milieu du guet, entre deux eaux, à savoir entre un Etat jacobin et un système fédéral - de länders -, à l'allemande. L'un des modèles n'est plus à proprement parler, mais l'autre n'est pas encore. Mais pour pour l'instant, nous accumulons les inconvénients des deux époques, et des deux modèles.

   J. D.


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