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Test de Homefront

Publié le 15 mars 2011 par Axime

Meurs pourriture communiste

Test de Homefront

Les communistes sont revenus à la mode dans le jeu vidéo, non pas en tant que sauveurs de l'humanité, mais plutôt comme ennemis à abattre. Vanquish, Singularity ou encore Call of Duty : Black Ops en sont des exemples, bien que, heureusement, le discours ne se résume pas toujours à une guerre idéologique. Homefront s'engouffre dans la brèche en vous proposant de rejoindre la résistance alors que les Etats-Unis sont envahis par la Corée du Nord. Un point de départ original pour le titre de Kaos Studio, mais sera-t-il suffisant pour résister aux rouleaux compresseurs du FPS ?

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Meurs pourriture communiste

En 2012, le leader nord-coréen Kim Jong-il meurt et sa place de dirigeant revient à son fils Kim Jong-un. Celui-ci réussit l'exploit de réunifier la Corée en une année, on ne sait pas trop comment, mais en tout cas c'est chose faite. Pendant ce temps, l'Arabie Saoudite et l'Iran se font la guerre, provoquant une hausse du pétrole sans précédent, celui-ci atteignant même les 20 dollars par litre à la pompe. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, le chômage atteint 30% de la population, même si on ne sait toujours pas pourquoi, ce qui entraîne des émeutes dans tout le pays. Les troupes américaines basées partout dans le monde rentrent au bercail quelques années plus tard pour assurer la paix dans leur propres pays. Voyant que le Japon n'a plus de protection, la Corée unifiée attaque l'archipel qui préfère se rendre et intégrer la grande république coréenne. Pendant que les pays d'Asie rejoignent au fur et à mesure la nouvelle puissance locale, les Etats-Unis sont sous la loi martiale, avant de connaître la plus grave crise financière de leur histoire en 2022, celle-ci entraînant la disparition du dollar. Tout ça avant d'être touché par une épidémie de grippe asiatique faisant des millions de morts. Finalement, la Corée envahit les Etats-Unis en 2025, deux ans plus tard, il est temps pour vous d'entrer dans la résistance. A noter que pendant ce temps, on ne sait absolument pas ce qui se passe en Europe, à croire que ceux-ci ont mis des œillères ou ont changé de planète.

Ce scénario on le doit à John Milius scénariste de Apocalypse Now (qui est une adaptation), l'inspecteur Harry ou encore la série Rome. Il est aussi le réalisateur de Conan le barbare, mais surtout de L'Aube Rouge, un film qui raconte comment quelques personnes vont résister alors que l'U.R.S.S. envahit les Etats-Unis. Vous l'aurez compris, le scénario de Homefront n'a pas été chercher son inspiration très loin, il a suffi de remplacer les méchants par la menace communiste la plus récente. Ce n'est pas pour autant que le déroulement de l'aventure s'annonce ennuyeux. Au contraire, le début du jeu nous dévoile une Amérique dévastée qui ressemble à un champ de ruines et où les Coréens sont les maîtres. L'ambiance donne vraiment envie. Le problème, c'est qu'on déchante rapidement. Tout d'abord l'histoire est pleine de trous qui font qu'on ne comprend pas vraiment comment la Corée a pu devenir aussi puissante et les Etats-Unis empêcher autant de catastrophes,le tout sans jamais obtenir d'aide. Une soixantaine de documents cachés dans les niveaux permettent d'en apprendre plus, mais ceux-ci n'ont aucun ordre chronologique et on lit des histoires se passant en 2009, avant de passer en 2022 pour finalement retourner en 2015, on perd donc très vite le fil pour laisser le passé au vestiaire. Reste donc l'ambiance qui tourne rapidement au cauchemar. Pour résumer brievement l'esprit du jeu, les Coréens sont des méchants, les Américains se divisent entre idiots fous d'armes, pacifistes qui pensent que la Corée va faire du pays quelque chose de meilleur (ce genre de réplique au milieu de maisons détruites a de quoi faire rire) et résistants courageux, honnêtes, forts et patriotiques.

Allons plus loin, les personnages que vous côtoyez sont des stéréotypes ambulants. Nous avons l'homme fort à la coupe militaire qui veut tuer tous les vilains, la jeune femme qui veut la paix et ne tuer absolument personne, même les dix soldats qu'elle vient de mitrailler, et un asiatique expert dans toutes les technologies. Votre personnage étant muet, on ne s'attardera pas sur lui. En plus d'être ridicules, vos compagnons sont proches de l'idiotie totale. La preuve en est que tout au long du jeu ils tirent sur tous les Coréens en les traitant de meurtriers, mais tombent des nues en découvrant une fosse commune. Ils sont même fiers d'avoir la preuve que ce sont des méchants, enfin une preuve plus importante que les dizaines de massacres gratuits qu'on voit à longueur de temps dans les rues. Que dire aussi de la demoiselle qui dit avec tout le sérieux du monde "Je ne peux pas croire qu'ils aient fait ça", en découvrant un corps. Il est vrai que des vilains qui tuent tout le monde abattant quelqu'un, c'est assez incroyable.

Si l'ambiance de Homefront est très réussie, on peut regretter que son scénario soit vraiment plat, rempli de trous et parsemé de personnages à la psychologie aussi évoluée qu'un poisson rouge. C'est fort dommage puisque rencontrer des américains fous et aborder en surface le racisme contre tous les asiatiques donnait un peu d'espoir. Malheureusement, ce court passage ne sert que de tremplin pour mieux enchainer sur un discours patriotique.

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Soyons discrets, utilisons des grenades

L'histoire n'étant pas au rendez-vous, espérons que l'aventure solo le soit. Raté, elle est du niveau du scénario, plate et sans intérêt. Pour faire simple, chacune des sept missions consiste à vous donner une arme, à vous dire de suivre sans faire de bruit, puis finalement à tirer sur tout ce qui bouge. Le pire étant qu'on ne ressent aucune liberté puisque vous devez suivre vos camarades tout le temps, et n'espérez pas les devancer vu qu'il vous est impossible d'ouvrir la moindre porte ou de faire un détour pour contourner l'ennemi. Il est d'ailleurs très amusant de noter que chaque ouverture de porte se fait d'un grand coup de pied en hurlant "Attention j'enfonce la porte !" alors que quelques secondes auparavant on vous rappelait d'être discret. Autre regret aussi, quasiment toutes les missions se situeront dans la campagne ou dans les banlieues avec leurs jolies maisons. Certes on aura le droit à d'autres décors plus sombres, mais aucune grande ville à l'horizon. Mener une guérilla dans des immenses villes détruites, les gratte-ciels vidés ou les métros aurait pu apporter un véritable plus à l'aventure. On a donc du mal à se rendre compte de la véritable menace, un peu comme si on était en première ligne mais que le reste du pays était épargné.

Durant les cinq heures que dureront l'aventure, vous aurez tout de même le droit à quelques scènes un peu originales comme une balade en hélico ou de l'infiltration et quelques rares passages vraiment intenses pour faire monter l'adrénaline. Ceux-ci restent cependant rares et le solo se révèle être peu intéressant, se limitant à des fusillades sans fin vu que vos ennemis reviennent à l'infini tant que vous n'avez pas avancé jusqu'à un certain point. Ne comptez d'ailleurs pas sur les ennemis pour rendre les affrontements passionnants, ceux-ci ont un QI proche du néant. Il n'y a qu'à lancer une grenade dans un groupe d'adversaires pour le comprendre, ils ne bougent pas pendant les cinq secondes qui précédent l'explosion puis s'envolent droits comme des piquets.

Le game design général n'aide pas non plus à bien s'immerger, comme le fait de ne pas pouvoir ouvrir une porte, obligeant à faire le tour par une autre pièce pour se retrouver de l'autre côté de celle-ci. N'oublions pas non plus les murs invisibles qui entourent certains lieux vous rappelant qu'il faut suivre le chemin défini et ne pas dévisser d'un pas. Dans la même veine, on apprécie de tuer cinq soldats armés dans une cut-scène pour que deux secondes après plus aucune arme ne jonche le sol, vous obligeant à vous débrouiller avec un armement minimum, alors que vos deux compagnons ramasseront les fusils qui avaient pourtant disparu. En plus de ces scripts grossiers, les graphismes semblent sortis des tous premiers jeux des consoles HD. En première ligne citons le crénelage qui saute aux yeux et les textures hideuses, voire même absentes dans un bâtiment que nous avons visité. Heureusement, sur PC les choses sont d'un tout autre niveau et on trouve des graphismes dignes d'un jeu de 2011. Le résultat n'est pas parfait pour autant, puisqu'on a toujours les tâches de sang, dites de confiture, collées au mur comme si le sang avait séché instantanément.

Malgré tout, Homefront possède quelques ressources pour le sauver de la catastrophe. Tout d'abord, il faut saluer le travail effectué sur la bande-son, le doublage français est plutôt bon, les Coréens parlent coréens entre eux. On sent qu'un gros travail a été effectué au niveau des armes, elles ont toutes un son très différent, une vraie réussite. Elles sont aussi variées et on peut trouver un même fusil avec différents viseurs, ce qui fait qu'on ne garde que rarement une même arme afin de trouver le couple arme-viseur qui nous plait le plus. Cependant, n'espérez pas trouver autre chose que des mitraillettes. Si les combats ne sont pas passionnants à cause de l'IA, ils bénéficient tout de même d'un traitement semi-réaliste qui change de la grande majorité des FPS. Il suffit de quelques balles pour tuer un ennemi, mais il en sera de même pour vous. Les combats y gagnent en réalisme et en dynamisme puisqu'on ne vide pas un chargeur sur chaque soldat. De plus, étant donné que dans la majorité des cas les munitions ne peuvent être récupérées que sur les corps ennemis, il convient de tirer avec intelligence et retenue. Notez tout de même qu'en mode normal vous restez plus résistant que vos adversaires et que le jeu en devient plutôt facile, si vous voulez du défi, commencez directement en difficile.

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Ici multijoueur : entrons en résistance

Après une telle déception, on se dit que que Homefront est prêt à rejoindre le cimetière des jeux dépassés par leur buzz, ceux dont l'ambiance prometteuse aura accouché d'une souris. Ce serait le cas sans un mode en ligne de grande qualité. Dès que vous choisissez une partie, tout semble différent, on croirait un autre jeu, pas plus beau, mais tellement plus vivant. Des hélicoptères mitraillent des chars, quant tout à coup un missile s'élève et détruit l'engin volant alors que le tank est pris pour cible par des tirs de roquettes. Homefront nous propose un mutli presque aussi complet que passionnant. Les modes de jeu restent classiques puisqu'on retrouve des matchs à mort et la capture de cibles, le tout en équipe jusqu'à 32 joueurs. Arrivé à un certain niveau d'expérience on a tout de même une variation puisqu'on peut participer à ces mêmes modes mais où chaque série de victime vous identifie comme menace potentielle auprès d'une partie de vos adversaires. Plus vous faites de morts, plus nombreux ils seront à vous pourchasser, sachant que vous leur offrirez un bonus de points d'expérience. En contrepartie, et pour vous aider à survivre, vous aurez vous-même un bonus de résistance ou de vitesse. Il est un peu dommage que ces modes soient identiques à la seule différence de ce système de menace, cela éparpille forcément les joueurs. Il aurait été préférable de varier un peu les modes de jeux pour offrir plus de choix plutôt que de faire un copier-coller avec une option en plus.

L'expérience reste un facteur capital, comme dans tout jeu en ligne, mais ce qui fait la force de Homefront ce sont les points de combat. Ceux-ci doivent être utilisés dans la partie en cours et vous permettent d'acheter du matériel spécial, voire même des véhicules. Ainsi, après votre mort vous commencez par choisir le type d'équipement que vous voulez et il est possible de revenir combattre à pied ou, si vous avez le niveau et les points de combat suffisants, en véhicule. Vous avez le choix entre une voiture équipée d'une mitraillette sur le toit, des tanks, des hélicoptères pour repérer les ennemis ou même bombarder depuis les airs. On se retrouve rapidement avec des conditions changeantes où votre équipe perd son avantage après que son char ait été pulvérisé par un hélicoptère. Les parties en deviennent complètement folles et l'action ne cesse pas une seconde. Le fait que l'on meurt en quelques balles demande aussi de se déplacer en équipe le plus possible, le nombre pouvant faire la différence mais c'est bien la stratégie qui reste la plus importante pour l'emporter. Un joueur bien placé peut ainsi défendre un point de capture contre trois ennemis si ceux-ci n'agissent pas intelligemment. 
Les points de combat ne limitent pas leur utilisation aux véhicules, car avant de partir à l'assaut vous devez choisir une tripotée d'équipements comme votre arme, votre viseur, vos bonus, vos grenades mais aussi deux objets que vous pouvez invoquer à n'importe quel moment du combat en échange d'un certain nombre de points. Il devient ainsi possible d'explorer le camp adverse à l'aide d'un drone qui tuera à votre place, à moins que vous ne préfériez utiliser un lance-roquettes ou un missile sol-air pour abattre un hélicoptère. Les possibilités sont très nombreuses et ne cessent de se multiplier avec votre montée en expérience. Sachant qu'en plus les sept cartes sont d'une taille raisonnable, tout en offrant de nombreuses possibilités stratégiques grâce à un game design bien pensé, l'action ne s'arrête jamais et les points de contrôle vont d'un camp à l'autre sans arrêt.

Il s'en est fallu de peu pour que Homefront aille pourrir dans les abysses des mauvais jeux. La faute à ce solo à l'ambiance agréable mais au développement catastrophique, sans même mentionner la durée de vie bien trop courte comme dans trop de FPS qu'on nous sert depuis des années. Le titre de Kaos Studio avait donc tout du pétard mouillé. Mais alors que l'espoir semblait perdu, le multijoueur est entré en résistance. C'est là la grande force de Homefront, voire même son seul intérêt. Des joutes dynamiques, tactiques, remplies d'action avec des véhicules qui peuvent changer la donne à tout moment, bref un émerveillement pour celui qui cherche un jeu en ligne amusant, un cauchemar pour celui qui compte s'amuser tout seul.

Note finale
5 / 10
On attendait Homefront pour son scénario signé John Milius, c'est finalement pour son multi qu'il arrive à convaincre. L'histoire débute pourtant bien avec une ambiance qui donne envie de s'impliquer, mais les personnages caricaturaux et l'affrontement d'idéologies au ras des pâquerettes n'arrivent jamais à convaincre, pas plus que les fusillades qui manquent d'intensité. Ce n'est pas non plus sur le plan technique que Kaos Studio arrivera à faire la différence, les graphismes étant bien en dessous de la moyenne hormis sur PC. Sans son mode multi, Homefront n'aurait sans doute était qu'un jeu à chercher dans le bac occasion le lendemain de sa sortie. Mais voilà, il y a ce mode en ligne complet et très prenant qui donne envie de s'investir et de travailler en équipe pour remplir les objectifs. Si on aurait aimé un peu plus de variété dans les types d'affrontements proposés, on prend quand même beaucoup de plaisir à y jouer.
On a aimé
  • Le multijoueur réussi
  • Le système de points de combats en multi
  • L'idée de départ
On n'a pas aimé
  • Loin d'être beau sur consoles
  • Le scénario et les personnages
  • Trop court
  • Manque de moments intenses et épiques
  • Pas beaucoup de modes multi
On s'en tape
  • A quand Red is not Dead, le jeu où les communistes sont les héros ?
Par Aalok Aujourd'hui à 20h33 Vous devez posséder un compte Livegen et être connecté pour pouvoir poster un commentaire. Connexion Inscription Homefront

Homefront

  • PS3
  • Genres : FPS
  • Sortie FR : 15 mars 2011
  • Meilleur prix (neuf) : 52,98 EUR
Attente
(16 votes)
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