Magazine France

lirva 12

Publié le 21 mars 2011 par Malesherbes

Depuis quelque temps déjà, on évoque la possibilité, lors de l’élection présidentielle de 2012, d’un 21 avril à l’envers. Je comprends cette expression comme destinée à traduire l’hypothèse suivante : alors qu’en 2002, la gauche n’avait pas de candidat au second tour, ce serait en 2012 la droite républicaine qui subirait le même sort. Pour ma part, je considère également comme possible que ce renversement soit total, comme vous avez pu le remarquer dans le titre de ce billet : si, en 2002, la gauche a majoritairement porté ses voix sur le candidat RPR, il n’est pas sûr qu’en 2012 l’UMP adopte la même discipline républicaine.

J’espère qu’en 2002, triomphalement élu par 82% des votants, score digne d’un président africain, Jacques Chirac ne s’était pas imaginé que ces voix lui appartenaient, quoique parfois j’en aie douté. Ceci posé, les déclarations de plusieurs dirigeants de l’UMP donnent une certaine vraisemblance à l’hypothèse que j’émettais plus haut. Jean-François Copé me semble avoir oublié qu’il vaut mieux être un saint-nectaire qu’un nain sectaire. Il s’est en effet permis de refuser tout front républicain pour le second tour des cantonales, laissant percevoir en filigrane la formule célèbre de Jacques Duclos face au duel Pompidou-Poher en 1969, blanc bonnet et bonnet blanc.

Si M. Copé considère que les fondements de la République ne sont pas en danger avec les thèses du Front national, cela signifie que l’UMP n’éprouve pas le besoin d’empêcher l’accession à des postes de responsabilités de personnes pour lesquelles certains discours du FN ne sont pas répugnants. Et, par voie de conséquence, qu’elle y adhère. C’est donc plutôt entre UMP et FN que l’on peut parler de blanc bonnet blanc et bonnet blanc.

J’ai entendu Chantal Brunel, députée UMP, oser articuler, à propos d’immigrants illégaux : « après tout, remettons-les dans les bateaux », sans se déjuger ensuite sur le fond et, horreur, j’ai vu à la télévision un participant à une réunion UMP ajouter « avec un trou dedans » et, interpellé par le journaliste : « c’est une plaisanterie ? », répondre « pas du tout !». Puis-je rappeler au patron de l’UMP que, le 1° mai 1995, en marge de la fête du FN, des nervis avaient précipité à la Seine un père de famille  marocain, Brahim Bouarram, qui s’y était noyé ? Si c’est là la France dont il rêve, sans moi !

Plusieurs arguments sont avancés pour refuser un appel au front républicain. L’un d’eux est qu’il ne faut pas « faire le jeu du PS », un peu à la manière des anti-communistes américains s’écriant : « Better dead than red  (plutôt mort que rouge) », qu’on pourrait traduire chez nous ainsi « Pétain ou Blum, bof ! ». Un autre argument, plus spécieux, est que les électeurs sont libres de leur choix. La belle découverte ! Quelles que soient les déclarations des partis politiques, tant que le vote restera secret, l’électeur se déterminera seul, sans être soumis aux injonctions de qui que ce soit. Rien ne saurait donc excuser le fait pour un parti de refuser d’exprimer un choix. Il est par contre des circonstances dans lesquelles les partis pourraient agir, c’est lorsque leurs élus violent la loi ou manquent à la morale. Cela éviterait de donner une aura de respectabilité à des partis comme le FN. S’il apparaît plus vertueux que les partis au pouvoir précédemment, c’est tout simplement parce que, à l’écart des responsabilités, il n’a pas eu à résister à la corruption. Il est possible qu’il en soit capable, mais nous n’en savons rien.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Malesherbes 59 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte