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Missions en Libye, l’évolution du dispositif

Publié le 23 mars 2011 par Optro_et_def @Optro_Defense

Alors que les images et les témoignages officiels du ministère de la défense, disponibles ici et , commencent à nous parvenir, Optronique et Défense prolonge son premier article sur l’engagement des matériels optroniques dans le cadre de l’intervention militaire en Libye.

Point presse officiel

Lors du point presse du 22 mai 2011, le porte parole du ministère de la défense a indiqué que l’opération Harmattan rassemble vingt appareils, dont 6  Rafales, 6 Mirages 2000-D et 6 Mirages 2000-5. Hier, seul 7 appareils ont opéré des missions, dont 1 Awacs, 1 ravitailleur et -pour ce qui nous intéresse sur ce site- une patrouille Rafale qui a décollé de Saint-Dizier dans une configuration « double reco ». Chaque rafale est en effet équipé de sa nacelle RECO NG, avec également de l’armement antiaérien MICA. Cinq coups au but ont été confirmés officiellement sur des blindés des forces loyalistes à partir d’un Mirage 2000-D, sans préciser les munitions employées.

Missions en Libye, l’évolution du dispositif
AASM prêt à être embarqué, peut être celui qui a détruit un des blindés à 100 km au sud de Benghazi

Reste que le missile air-sol de moyenne portée AASM, développé et fabriqué par Sagem (groupe Safran) s’avère l’un des principaux vecteurs de combat de la France dans cette opération. Typiquement, une opération de bombardement se déroule de la façon suivante : les renseignements et les coordonnées GPS sur la ou les cibles sont collectés grâce au satellite d’observation Helios ou à partir d’un Rafale équipé du nouveau pod RECO NG, nacelle fabriquée par Thales. Puis les coordonnées sont intégrées dans les calculateurs du AASM. Un Rafale peut tirer six AASM simultanément même si, selon certaines sources, les avions français engagés dans le ciel libyen en emportent plutôt quatre (on comprendra pourquoi en réfléchissant un peu).

Nul doute que les qualités opérationnelles du AASM seront scrutées par les clients potentiels du Rafale, l’Inde et la Brésil en tête. Le futur de l’arme concerne aussi MBDA puisque selon un accord datant de 2008, le missilier européen a repris la responsabilité de la commercialisation du AASM à l’export, et celle de tous les développements futurs de l’arme. Ce missile n’est en effet intégré actuellement que sur deux avions, le Rafale français, et le Mirage F1 marocain. En incluant les coûts de développement, le prix unitaire d’un AASM commandé par la France (764 exemplaires à ce jour) est d’environ 350 000 euros. Mais le prix export est sans doute plus bas, de l’ordre de 250 000 euros l’unité d’après l’usine nouvelle.

Les marins du ciel mis à contribution

Le groupe aéronaval a été lui aussi mis à contribution, avec une patrouille rafale qui a décollé du porte-avion Charles de Gaulle, en configuration « double reco » également. Cette première pontée a catapulté un autre Rafale, en version « nounou » pour le ravitaillement en vol.

Décollant du porte-avions, les Rafale s’épargnent ainsi le transit des avions basés à terre (soit depuis leur base haut-marnaise, des vols de plus de sept heures), et donc augmentent le temps passé au-dessus du territoire. Le Charles de Gaulle dispose de tous les équipements pour recevoir en vol les images produites par les nacelles RECO NG, et l’interpréter et les rediffuser à des tiers.

Missions en Libye, l’évolution du dispositif
Préparation de nuit des aéronefs à bord du Porte Avion Charles de Gaulle

Un soutien au sol ?

Bien que l’opération Harmattan ait été déclenchée le 19 mars, l’armée de l’Air avait planifié des missions deux semaines plus tôt. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre qui s’est exprimé devant les députés en vertu de l’article 35 de la Constitution, selon lequel le gouvernement doit informer le Parlement trois jours après l’intervention de forces françaises à l’étranger sans qu’il y ait de vote à l’issue de la séance.

« Dès le 4 mars, l’armée de l’Air française avait débuté des missions de reconnaissance pour évaluer les capacités de défenses aériennes libyennes et surveiller la progression des forces de Kadhafi » a ainsi déclaré le premier ministre devant l’assemblé nationale. Le Premier ministre n’a toute fois donné aucune précision quant aux moyens impliqués dans cette phase de reconnaissance.

C’est en tout cas dans le domaine de compétence du CPA-10 (Commandos Parachutistes de l’Air) qui répond aux ordres du COS (Commandement des Opérations Spéciales). On ne dispose pas non plus d’informations sur l’utilisation éventuelle de moyens d’observations satellitaires.

De l’autre côté de la manche, le Daily mail a révélé le 21 mars l’emploi sur le sol libyen d’équipes des forces spéciales britanniques pour localiser des cibles et guider les avions chargés de les bombarder à l’aide. Ces équipes du SAS, du SBS et du Special Reconnaissance Regiment, seraient présentes sur le sol libyen depuis quelques semaines et opéreraient  conjointement avec des équipes des forces spéciales d’autres pays de la coalition. Ces équipes comprendraient surtout des JTAC (Joint Tactical Air Controller) chargés de la désignation et du guidage laser.

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Cliché des forces opérant de nuit lors de l'opération Septentrion en Afghanistan (crédits EMA)

Cette opération militaire souligne en tout cas toute l’importance de la possession de moyens optroniques modernes pour assurer des missions de reconnaissance et de conduite de tir, avec précision (minimisant ainsi les dommages collatéraux), de tout temps et de nuit.

Sources :
- point presse du 22 mars 2011 du ministère de la Défense
- discours du premier ministre à l’assemblée nationale le 22 mars 2011 (voir à 12’16)
- article du 22 mars 2011 sur opex360 (zone militaire)
- article du 22 mars du blog Le Mamouth
- article du 23 mars de Mer et Marine
- article du 21 mars 2011 du blog Ligne de Défense
- article du 23 mars 2011 sur le site l’usine nouvelle


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