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«Dénazifier le FN ?»… Marine Le Pen a encore du pain sur la planche : la preuve par Alexandre Gabriac, candidat à Grenoble !

Publié le 27 mars 2011 par Kamizole

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Elle va avoir un sacré taf, la Marine (nationale) pour respectabiliser le FN voire le gauchiser comme je le soulignai la semaine dernière en faisant état de son brain-trust de gauche (lire l’article de Philippe Cohen et Laureline Dupont dans Marianne n° 725 du 12 au 18 mars 2011). Elle peut compter sur les partisans de Bruno Gollnisch pour bien lui savonner la planche ! Ce fut sans surprise que je découvris hier matin sur les titres d’Europe 1 Salut nazi : le FN suspend un candidat (25 mars 2011)… Je suis donc partie incontinent à la pêche aux infos et reviens avec une bourriche bien pleine.

C’est le Nouvel Obs qui a porté le pet en publiant une photo d’Alexandre Gabriac, faisant le salut hitlérien devant un drapeau nazi. Un candidat FN aux cantonales photographié faisant le salut nazi (25 mars 2011). Même pas cap’ d’assumer, la pauvre tache ! Il plaide non coupable : il n’est pas au courant, cela ne lui dit rien du tout et le summum : une lettre anonyme – bien pratique comme décanche ! – l’aurait averti que des photo-montages concoctés par des anars circuleraient et autres billevesées du même tonneau. «C’est un montage. On ne me reconnaît pas sur cette photo où j’ai les yeux bandés»…

Pour Aurélien Viers – rédacteur en chef du nouvel-obs.com, ce n’est pas un montage : «Nous avons vérifié qu’il s’agit bien de lui, nous avons toute une série de photos, nous avons pris la plus emblématique». Ah ! ça, pour ça, elle l’est : il est photographié en compagnie d’un jeune au crâne rasé. Ils portent tous les deux un bomber noir – uniforme des néo-nazis – et petit détail qui m’avait échappé à première vue : Gabriac tient un coup de poing américain dans sa main droite. Décidément, un charmant jeune homme !

Nous aurons droit à tous les procédés de dénégation, y compris l’immanquable “théorie du complot” ! Sur Libération Un candidat FN à Grenoble photographié faisant le salut nazi (25 mars 2011) il se plaindrait d’être «victime d’une tentative d’intimidation» : il aurait découvert, la veille – de la diffusion de la photographie - une balle de calibre 7,62 sur le siège de son véhicule»… Selon le Dauphiné Libéré (25 mars 2011) Cantonales : le Front national suspend son candidat il s’agirait d’une balle de kalachnikov.

Ce qui veut dire qu’il connaît les armes à feu et leurs munitions ! Perso, les détestant – et de toute façon, je raterais une vache dans un corridor ! je suis très mal “latéralisée” et totalement incapable de viser droit – je serais bien infoutue de donner le calibre d’une munition. Et puis, faut pas qu’il se plaigne : tant qu’il n’a pas pris la bastos – si elle a jamais existé ! – dans le buffet… «Ya pas mort d’homme», selon l’expression populaire consacrée.

Pour le reste, il s’agirait «d’une manœuvre bassement politique - pléonasme ! – liée à la montée du Front national (…) Cette photo apparaît au moment le plus crucial, à la veille du deuxième tour des cantonales. Cette action est destinée à nous déstabiliser». Il est en duel avec une candidate socialiste dans le canton n° 6 de Grenoble (Isère) après avoir obtenu 20,3 % des voix au premier tour. J’imagine et espère qu’après ce glorieux rappel de ce haut fait d’arme, les carottes seront cuites pour le FN à Grenoble.

Quant à Steeve Briois, secrétaire général du FN, il n’est pas tout à fait clair. Reconnaissant qu’il est tout à fait probable que la photo ne soit pas truquée, connaissant l’appartenance d’Alexandre Gabriac à l’extrême droite très radicale, il n’en soutient pas moins que les clichés auraient été fournis par le ministère de l’Intérieur 48 heures avant le second tour des cantonales “pour déstabiiser le FN”… Fort improbable : quel bénéfice en tirerait Sarkozy puisque dans ce canton le FN est opposé au PS ?

Il ne faudrait quand même pas qu’Alexandre Gabriac nous la jouât blanc-bleu ! Les deux articles de Libération sont une véritable mine d’or concernant son pedigree. Un candidat FN suspendu après avoir été photographié faisant le salut nazi (26 mars 2011). Aussi chargé qu’un casier judiciaire de multirécidiviste.

Si jeune – 20 ans : il se targuait d’être le plus jeune conseiller régional de France… plagiant Corneille sans vergogne je dirais que «la connerie n’attend pas le nombre des années»

:)
- avec un lourd passé facho derrière lui. Car outre le Front national – tendance Gollnisch – il est secrétaire régional du FNJ Rhône-Alpes, membre du comité central du FN, conseiller régional du FNJ Rhône-Alpes et connu par ailleurs pour ses liens avec «l’Œuvre française », un groupuscule d’extrême droite radicale.

L’Œuvre française ! Ce nom ne dira sans doute plus grand chose à la plupart d’entre vous mais cela a fait immédiatement tilt dans ma tête : Pierre Sidos. Je vous laisse découvrir le personnage sur Wikipedia. Sinon, il est le digne fils de François Sidos, devenu sous l’Occupation un haut responsable de la Milice de sinistre mémoire et à ce titre fusillé en 1946. Pierre Sidos soutint comme il se doit l’Algérie française et l’OAS (il fut embastillé pour cela) et participa à la création du mouvement d’extrême droite Occident.

A cet égard et s’agissant de personnes qui gravitent dans l’entourage de Nicolas Sarkozy ou à l’UMP, il fut en très bonne compagnie, jugez du peu : Patrick Devedjian et Gérard Longuet. Deux amis de longue date du chef de l’Etat. Même s’il y a désormais de l’eau dans le gaz entre Devedjian et Sarko mais c’est uniquement parce que «Prince Jean» brigue désormais la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine…

A moins qu’il ne la laissât à Patrick Balkany - qui n’avait pas hésité à s’autoproclamer en 1995 «l’homme le plus honnête de la terre» (Marianne 30 juin 2009) nonobstant une condamnation pénale (conjointement avec Isabelle Balkany) confirmée en appel le 30 janvier 1997 à 15 mois d’emprisonnement avec sursis, 200.000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour avoir fait travailler à son domicile personnel (et dans sa résidence secondaire) 3 employés municipaux.

Dans l’article de Marianne, Régis Soubrouillard notait que la Cour régionale des comptes épinglait à nouveau la gestion de Levallois-Perret… Sûr et certain qu’avec «Prince Jean» - digne fils de son père – ou un des époux Balkany à la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine la transparence du département le plus riche de France mais aussi le plus ripoux en serait drôlement améliorée

:)

S’agissant de Nicolas Sarkozy, je ne cesse depuis moult années de penser que quelqu’un qui a tant d’amis de jeunesse si fâcheusement facho – car il était lié avec eux à l’époque d’Occident – ne peut pas être authenti-quement républicain. Sans doute aura-t-il choisi l’UJP et l’UDR (ancêtre du RPR) par pur opportuniste, sachant qu’il ne parviendrait jamais à ses fins – être président de la République étant son obsession depuis l’adolescence – en choisissant un groupuscule facho.

Dans la même mouvance, vous ajoutez Alain Madelin, un des fondateurs d’Occident qui fut en 1965, délégué à la jeunesse du Comité de soutien à Tixier-Vignancourt, avocat d’extrême droite et partisan de l’Algérie française qui se présenta à l’élection présidentielle contre le Général de Gaulle. A l’époque, je m’intéressais déjà depuis fort longtemps à la politique et j’avais demandé à mon père qui il était. Je me souviens encore du slogan de ses tracts et affiches : «7 ans de malheur».

Hervé Novelli qui, s’il vous en souvient, voulut intenter l’an dernier un procès à FR3 pour avoir diffusé un reportage sur son passé à l’extrême droite au moment des élections régionales – il se présenta dans la Région centre - aura parcouru pratiquement tout le spectre facho : Occident, Ordre nouveau, Front national, Parti des forces nouvelles avant de passer par le Centre national des indépendants et paysans – véritable machine à recycler les transfuges de l’extrême droite – avant d’intégrer l’UDF et aujourd’hui l’UMP.

Enfin, comment ne pas nommer Claude Goasguen qui lui aussi passa par Occident ? D’autant plus que le maire du XVIe arrondissement vient de s’illustrer en critiquant vertement François Fillon – le court laps de temps où celui-ci osa défendre une position qui hérissa Nicolas Sarkozy : voter contre le Front national (appelant l’UMP «à se rassembler autour de ses valeurs») a contrario de la position soutenue par le président de la République «ni vote FN ni vote socialiste» – qu’il qualifiait de «faute politique» ! selon ce que j’ai pu lire cette semaine “Ni-ni”, ou “front républicain” ? L’UMP sans boussole entre autres articles sur Le Monde (22 mars 2011) :

Il serait «apparu décalé par rapport à sa base (…) Il est difficile d’admettre qu’un premier ministre ait des positions personnelles différentes de la ligne de la majorité (…) il ne faut pas qu’il oublie que les députés UMP ont beaucoup œuvré pour son maintien»… Sans doute mais ce que ni Goasguen ni moins encore Sarkozy ne semblent comprendre c’est que cette position – très tacticienne de la part du chef de l’Etat qui pense encore pouvoir jouer une périlleuse partie de billard à quatre bandes en favorisant le FN contre la gauche, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit en dernière analyse - périlleuse car il oublie que le moindre accroc coûte bonbon (la réparation intégrale du tapis !) et qu’il se met à dos non seulement la gauche mais un très grand nombre des ténors centristes et les voix de leurs électeurs lui feront peut-être défaut lors du 1er tour de l’élection présidentielle en avril 2012.

Puisque Claude Goasguen parle de “faute” c’est l’occasion de lui envoyer dans les gencives l’Edito du Monde (22 mars 2011) Face à l’extrême droite, la triple faute de l’UMP :

1. FAUTE TACTIQUE «La cacophonie de ces dernières heures n’est guère de nature à remobiliser les électeurs de droite qui ont boudé soit les urnes, soit les candidats de la majorité présidentielle. Cet affolement perceptible ne peut que réjouir la présidente du FN».

2. FAUTE POLITIQUE ET IDEOLOGIQUE tant cela revient à se situer sur le terrain choisi par le FN et à lui donner raison. Etre prêt à toutes les ambiguïtés pour ne pas désespérer les électeurs tentés par le vote d’extrême droite, c’est admettre que l’on a échoué à les convaincre par la politique conduite depuis quatre ans.

3. FAUTE MORALE J’ai assez souvent épinglé Valérie Pécresse pour ne pas saluer sa position (en espérant que Nicolas Sarkozy ne lui aura pas tordu les bras assez fort pour l’en faire changer) : “Avec le PS, nous n’avons pas les mêmes idées. Avec le FN, nous n’avons pas les mêmes valeurs” Respect ! Madame. «En multipliant, depuis des mois, les déclarations et les initiatives destinées à concurrencer le Front national, en empruntant son vocabulaire et, pour partie, ses obsessions, le chef de l’Etat en fait aujourd’hui la démonstration par l’absurde. Et en paie le prix, très lourd».

En ayant garde d’oublier Dominique de Villepin qui dès le 22 mars 2011 appela à un “vote républicain” (Flash-Actu du Figaro) pour faire barrage au Front national au second tour des cantonales. Il récidiva sur Europe 1 le 25 mars 2011, Villepin :”il y a deux droites à l’UMP” où il critique les prises de position de Claude Guéant qui «signifient bien qu’il y a désormais deux droites différentes à l’UMP : il est difficile d’imaginer des maladresses successives de la part d’un homme qui est un professionnel et qui connaît bien la politique», estimant qu’il y a «une volonté de mettre en avant cette idée identitaire qui correspond à un «durcissement», une «droitisation» du parti majoritaire dont il pense que «c’est une erreur, cela ne pouvant que diviser les Français : c’est l’UMP qui se droitise et non pas la société française».

Acceptons-en l’augure mais j’en suis d’autant moins certaine que dans un article du Monde “Front républicain” : Sarkozy recadre Fillon et ses ministres (23 mars 2011) Dominique de Villepin admet «qu’une digue a sauté : 40 % des sympathisants se sentent dans la proximité du FN, c’est dire qu’il y a aujourd’hui une porosité (…) «A la vérité, il y a une division profonde au sein des soutiens de l’UMP, avec d’un côté une droite dure, nationale et de l’autre une droite républicaine, humaniste, qui de plus en plus se sent mal à l’aise»… A qui la faute, hein ?

Or donc, vous l’aurez compris, Nicolas Sarkozy n’a pas du tout apprécié que certains de ses ministres fissent entendre une autre musique que la sienne, quand bien même jouât-il particulièrement faux. Mieux vaut se prendre les côtes à deux mains en lisant ce morceau de bravoure : «Il a rappelé aux membres du gouvernement qu’il appartiennent à un collectif et que ce collectif est exclusivement au service des Français»…

Au service des Français ? Allons, donc ! Merci de nous prendre une fois de plus pour de parfaits cons. Il y a belle heurette que tous ceux qui ont quelque chose entre les deux oreilles et n’ont pas vendu leur temps de cerveau disponible à TF1 et Coca-cola savent pertinemment qu’il n’en a absolument rien à secouer. Tout l’appareil d’Etat et le staff de l’Elysée sont mis depuis plus de deux ans au service exclusif de la réélection de Nicolas Sarkozy. Point barre.


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