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Le nucléaire est dans nos murs

Publié le 28 mars 2011 par Melusine

Pour une fois, le nuage radioactif ne s'est pas arrêté à nos frontières. Mais si depuis Tchernobyl (1986), vous n'avez plus confiance dans le discours rassurant de nos autorités, vous avez bien raison ! Alors que tous se focalisent sur les retombées de Fukushima, la contamination nucléaire en France existe et elle ne vient pas de l'étranger... La Commission de Recherche et d'Information indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD) nous invite à nous mobiliser contre l'ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction.

*

La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 
et la modification du Code de la Santé Publique

LES MENACES RADIOACTIVES

En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le code de la santé publique  :
1. l’interdiction d’ajouter délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction (cf. article R.1333-2) ; 
2. l’interdiction d’utiliser des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont contaminés ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction (cf. article R.1333-3).

Les articles R. 1333-4 et R.133-5 de ce même code ouvraient cependant la porte à la mise en place d’un dispositif de dérogation. Ce risque est resté virtuel pendant plus de 6 ans mais a fini par se concrétiser avec la publication de l'arrêté du 5 mai 2009. Ce texte a rendu possible le contournement des interdictions et sur des bases particulièrement laxistes. Il a d’ailleurs été publié en dépit d’un avis défavorable de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et donc protégés de tout ajout délibéré de radioactivité : 1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux. Pour tous les autres produits, les industriels peuvent solliciter des dérogations qui leur permettront de commercialiser des produits dont la radioactivité aura été délibérément augmentée.

ACTION EN JUSTICE

Dès le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un recours pour excès de pouvoir demandant l’annulation de l’arrêté du 5 mai 2009. Afin de répondre au mémoire en défense du ministère de l’économie, des mémoires complémentaires ont été envoyés les 29 janvier et 2 février 2010. Le ministère de la santé a en effet choisi de garder le silence (malgré les relances du Conseil d’Etat) et le ministère de l’écologie a simplement indiqué qu’il reprenait à son compte les arguments du ministère de l’économie. Un constat éloquent.

INTERPELLATION DES AUTORITES

Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une lettre ouverte aux 3 ministres compétents – Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction – leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009. [...] La suite et la pétition ici : http://www.criirad.org/

Nous nous opposons aux ajouts de substances radioactives dans les objets et matériaux de mon environnement quotidien. Ces substances cancérigènes doivent rester dans des sites contrôlés, sans possibilité de dispersion dans le domaine public. Signé : Les Français

*

Ce que le texte ne dit pas, c'est que cette pratique est déjà chose courante, comme le révèle le reportage que voici, réalisé en 2009 par la journaliste Elise Lucet pour l'émission "Pièces à conviction" de la chaîne France3 :


Uranium - Le scandale de la France contaminée 1de6
Uranium - Le scandale de la France contaminée 2de6
Uranium - Le scandale de la France contaminée 3de6
Uranium - Le scandale de la France contaminée 4de6
Uranium - Le scandale de la France contaminée 5de6
Uranium - Le scandale de la France contaminée 6de6

Argument :

En toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité des villages ou des villes des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines d'années.

Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants… Sans aucune mise en garde sur les risques encourus !

Entre 1945 et 2001, la France a exploité 210 mines d'uranium sur son territoire. Elles ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs qui ont été abandonnés sans mesure de protection ou de surveillance particulière.

Qui sont les responsables ? Pourquoi ceux qui ont tenté de donner l'alerte n'ont-ils jamais été écoutés ? Pourquoi l' Etat n'a-t-il pas alerté les riverains ? Les populations sont-elles en danger ?

 

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