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L’étoile verte pour les musulmans de France, une insulte à la Shoah

Publié le 28 mars 2011 par François Collette

L’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy pour la Diversité et (ex-)secrétaire national de l’UMP Abderahmane Dahmane a décidé de galvaniser le monde musulman de France contre la tenue par l’Etat d’un débat sur la laïcité. Un débat, certes contesté au sein de la population et de la classe politique mais, faut-il le rappeler, voulu par Nicolas Sarkozy, candidat au rempilage en 2012, et son idéologue – je n’ose dire son « raspoutine » - Jean-François Copé. 

Inciter à s’insurger, à manifester sa réprobation voire son dégoût, c’est bien sûr démocratique et sain, mais fallait-il pour cela demander à ses six millions de coreligionnaires de porter une étoile… verte comme les Juifs ont dû porter l’étoile jaune de sinistre mémoire ? Non, non, non. Trois fois non. Quelle folie, quelle honteuse insulte à toutes les victimes de la Shoah et leurs survivants.

C’est en tant que président d’un confidentiel ‘Conseil des démocrates musulmans de France’ que M. Dahmane, associé pour la cause au non moins confidentiel collectif ‘Banlieues Respect’, a dévoilé son initiative qui sera officialisée ce mardi 29 mars au cours d’une conférence de presse.

Un débat sur la laïcité de la République pourrait être évidemment utile s’il n’était ostensiblement orienté sur la place de l’islam dans un pays dont les origines chrétiennes ont été rappelées avec force et conviction (notamment devant le Pape Benoît XVI à Rome) par le principal intéressé.

A qui la faute ? 

Il serait vraiment simpliste d’invoquer une rancoeur personnelle et irresponsable d’Abderahmane Dahmane contre son ex-employeur qui l’a démis de ses fonctions le 11 mars dernier après qu’il eût qualifié ce débat de « peste pour les musulmans » et Jean-François Copé de « néo-nazi ». L’action est peut-être épidermique mais elle est avant tout idéologique. Son mode opératoire est d’ailleurs sans équivoque.

En cas d’adhésion massive au mot d’ordre des instigateurs, la responsabilité d’une « guerre civile » indélébile entre Français de cultures et de religions différentes reviendrait au Président de la République en personne. Il ne faut pas faire un dessin. Qui sème le vent récolte la tempête. Le coup de semonce qui a suivi le projet d’un débat sur l’identité nationale n’a malheureusement pas suffi à calmer les ardeurs de Nicolas Sarkozy sur les thèmes de prédilection du FN.

Il n’y a plus qu’à espérer que la grande majorité des musulmans de France ne tombent pas dans le panneau de la provocation et restent dignement fidèles aux principes républicains. Pour le reste, avant mai 2012, il n’y a plus grand-chose à espérer de digne dans la classe politique française. L’islamophobie et… l’antisémitisme ont de beaux jours devant eux.


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