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[France - Radioactive] De l’iode radioactive a bien été détectée en France

Publié le 28 mars 2011 par Yes
La présidente de l'IRSN, Agnes Buzyin, et Nathalie Kosciusko-Morizet. La ministre de l'Environnement assure que les retombées radioactives du nuage émis par la centrale japonaise de Fukushima ne nécessitent pas «de précautions particulières pour la santé».

La présidente de l’IRSN, Agnes Buzyin, et Nathalie Kosciusko-Morizet. La ministre de l’Environnement assure que les retombées radioactives du nuage émis par la centrale japonaise de Fukushima ne nécessitent pas «de précautions particulières pour la santé». | AFP/THOMAS SAMSON

Pour la première fois, de l’iode radioactif en provenance de Fukushima, au Japon, a été détecté la semaine dernière, du 21 au 24 mars, en France. Les capteurs de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont enregistré la présence d’iode 131 dans le Puy-de-Dôme. Les autres machines, réparties sur le territoire français, n’ont, elles, rien vu.

Selon Jean-Marc Péres, chef du service d’étude de la radioactivité dans l’environnement à l’IRSN, « cela signifie qu’il y a en France des traces radioactives provenant de la centrale de Fukushima, mais ce n’est pas grave pour l’environnement et la santé ». Un avis qui n’est pas unanimement partagé.

Seulement en Auvergne ? Le fait qu’il ait été repéré uniquement dans le Puy-de-Dôme (Auvergne) serait lié à l’altitude assez élevée où est effectuée cette mesure locale, à la différence d’autres stations installées en plaine. « Et s’il pleut au cours des prochains jours, on verra probablement apparaître des résidus d’iode ailleurs en France », ajoute Jean-Marc Pérès.

Est-ce dangereux pour la santé ? A cette question, les différents spécialistes interrogés répondent qu’aujourd’hui ce n’est pas le cas. « Les doses enregistrées sont vraiment infinitésimales », ajoute-t-il, estimant qu’elles sont même « inférieures à la radioactivité naturelle émise en Bretagne ».

Cela pourrait-il le devenir à terme ? Sur ce point, les avis divergent. Jean Marc Péres affirme « qu’à ces niveaux de doses, de 40 µBq/m3, on peut en prendre toute la vie sans danger ». Mais d’autres sont plus nuancés. Jean-François Lacronique, ancien directeur scientifique de l’IRSN, indique « qu’à l’heure actuelle les doses sont effectivement faibles. Mais si l’on en absorbe pendant de nombreuses semaines, voire des mois, cela pourrait devenir inquiétant pour la santé. » Le principal risque provoqué par l’iode 131 est de perturber la thyroïde des enfants et d’augmenter les risques de cancer de la thyroïde.

Les mesures sont-elles fiables ? L’IRSN défend ses mesures, qu’elle affirme « complètes et sincères ». Les souvenirs de 1986 où les scientifiques officiels français juraient que « le nuage de Tchernobyl n’est jamais passé en France » incitent à prendre un peu de recul sur ces certitudes. Pour la Criirad (Commission de recherche et d’informations indépendantes sur la radioactivité), organisme indépendant de l’Etat, « les résultats communiqués par l’IRSN sous-évaluent très probablement le niveau réel de cette contamination », indique la directrice scientifique, Corinne Castagnier. Selon elle, les « filtres » utilisés par l’IRSN pour mesurer la radioactivité « ne permettent pas de détecter l’iode gazeux. Or, celui-ci pourrait constituer une part importante de l’iode radioactif présent dans les masses d’air contaminées par les rejets de la centrale de Fukushima ».

De l’iode radioactive a bien été détectée en France.


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