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Le stylo-plume

Par Arielle

hors_norme.jpg Je suis allongée sur une plage de sable très fin, le soleil chauffe mon corps et m’ankylose, je me repose profitant du doux remous des vagues, je devine des formes dans les nuages, je joue à me sentir bien. Je m’endors doucement et je rêve.

Longeant le sentier des douaniers, respirant à pleins poumons la lavande, admirant la cote découpée et escarpée, je me pose sur un banc semblant être fait pour moi. Un léger vent me rafraichit un peu, il fait très chaud dans cette région. J’aperçois au loin et en contrebas, une sacrée belle demeure. Je poursuis ma promenade, me donnant pour objectif d’approcher ce domaine qui, je dois le dire, m’interpelle et m’attire.

Au bout d’une longue mais splendide marche, j’atteins la fameuse bâtisse. Elle est à bord de flots, comme posée sur un rocher où vient s’éclater l’écume. Il y a de nombreuses ouvertures, des portes, des fenêtres, des cheminées au dessus de lucarnes fleuries. Je fais le tour et me trouve nez à nez avec mon portrait.

De plus en plus intriguée, je pousse le battant où est collée ma photo et je découvre une terrasse toute simple. Une table, une chaise m’invitent à prendre place. Je me demande bien ce que je fais là ! Je suis songeuse dans mon rêve.

Tout ceci semble tellement irréel. Comment se fait-il d’ailleurs que je sois aussi tranquille et décontractée dans cet endroit ? Il n’y a pas âme qui vive à l’alentour.

Mon regard se pose sur un joli stylo-plume, unique décor de ce lieu. Mes initiales y sont gravées. Je le saisis et machinalement commence à écrire des pages et des pages, décrivant un orage de montagne. Je ne peux plus m’arrêter. J’entends même la grêle battre la tonnelle.

Je me sens si bien, c’est comme si j’avais déjà vécu cette situation. Mais quelle est donc cette sensation, cette odeur de verdure récemment arrosée ?

Je suis en front de mer et me voici projetée, emportée par l’encre de ma plume plutôt que par l’ancre d’un bateau et je traverse la foudre, les éclairs et la colère de Zeus tout comme ce jour où encore adolescente, je prenais plaisir à passer le temps en écriture sur la terrasse de Sahorre, là-bas, chez Mamette.

Quel voyage, quelle balade ! Je me lève perplexe, jetant un dernier clin d’œil sur ce petit paradis puis je reprends le chemin des douaniers, respirant les bonnes saveurs de la méditerranée, ce parfum tranquille des gens du sud et écarquillant délicatement mes petites mirettes encore sous la protection du marchand de sable.

Je m’étire, je me tire.


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