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Éléments de réflexion sur le nucléaire civil, les risques et le mix énergétique

Publié le 31 mars 2011 par Letombe

Éléments de réflexion sur le nucléaire civil, les risques et le mix énergétique Le débat autour de la catastrophe nucléaire en cours au Japon, porte sur trois dimensions différentes qu’il faut bien distinguer pour poser les problèmes correctement. Le nucléaire civil est-il compatible avec la dérégulation des marchés de l’électricité et peut-il être géré par une entreprise privée ? Le nucléaire civil pour la production d’électricité est-il un risque acceptable ? Est-il compatible avec le principe de précaution ? Quelles solutions alternatives et à quels coûts pour satisfaire les besoins en électricité ?

Remarques préalables

L’énergie doit revenir en politique et ne pas rester un sujet réservé aux ingénieurs et aux experts, loin du débat citoyen et du contrôle démocratique, pour au moins deux raisons :

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 Derrière les choix énergétiques, se jouent les modes de vie d’une société ;

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 Le propre de la démocratie est de décider en toute transparence du degré de risque qu’une société est prête à courir en contrepartie des services qui lui sont rendus.

Il faut ainsi arrêter de chercher à faire croire à nos concitoyens qu’il n’y a que deux options : continuer et amplifier le nucléaire ou se passer brutalement de 75% notre électricité. Il y a au contraire une palette d’options et de scénarios envisageables qui vont jusqu’à la sortie conditionnelle ou bien progressive du nucléaire. Nous y reviendrons.

Nucléaire, dérégulation et privatisation

Une des premières leçons que l’on peut tirer de la catastrophe de Fukushima est que la dérégulation du secteur de l’énergie n’est pas sans effets sur la sécurité de l’exploitation du nucléaire civil pour la production d’électricité. Ainsi, chaque jour apporte son lot de révélations sur TEPCO l’exploitant de la centrale de Fukushima : fraudes à répétitions (plus de 200 rapports d’inspection falsifiés dans les années 80-90, ce qui avait conduit au départ de toute la direction en 2002 et la fermeture de Fukushima pendant un an), Fukushima et ses six réacteurs nucléaires plus assurés depuis août 2010 ; manquements dans la sécurité du site en 2011 (rapports de contrôle maquillés : TEPCO avait assuré aux autorités, avant la catastrophe, avoir vérifié une trentaine de pièces, alors que c’était faux).

Enfin, en ce qui concerne la prise en compte des risques, le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l’université de Kobe avait lancé une alerte en 2006. Membre de la commission en charge des nouvelles normes antisismiques suite au tremblement de terre de Kobe et à la recrudescence de l’activité sismique au Japon ces dernières années, celui-ci en a démissionné estimant que les recommandations n’étaient pas assez sévères et pas assez rapidement mises en oeuvre (coût trop élevé). Il a alors mis en garde sur le risque d’un accident majeur du type de celui qui s’est produit à Fukushima, malheureusement sans être entendu.

En France même, alors que la tentation a été dans un premier temps de dire que note situation n’avait rien de comparable, la compilation des incidents et des alertes remontées par les uns et les autres donne un portrait ressemblant des effets de la dérégulation sur la sécurité dans nos centrales nucléaires.

Les agents EDF sur les centrales ont ainsi pointé régulièrement du doigt les conséquences de la libéralisation sur la sécurité des installations : course à la productivité, sous-investissement chronique, manque d’équipements perte de compétences, pressions croissantes, recours aux sous-traitants et aux sous-traitants des sous-traitants (les précaires de nucléaire, comme on les appelle).

Pour résumer EDF est passé d’une culture du zéro risque à une culture du résultat.

Ainsi, des investissements de sécurité avaient été reportés dans le temps par l’ancien président d’EDF Pierre Gadonneix car jugés pas très rentables, Henri Proglio se voyant contraint de les faire en catastrophe à coût élevé à son arrivée. Pour citer un autre exemple, le directeur de la central de Penly a reçu un blâme pour avoir pris sur lui d’arrêter un réacteur pour réparer une fuite sur une valve du circuit primaire au détriment de la production

Au-delà de l’anecdote, le problème posé est structurel. Non, décidemment, nucléaire et privatisation ne sont pas conciliables.

Risque acceptable et principe de précaution

La catastrophe de Fukushima nous conduit à tirer plusieurs leçons en matière de risques. Ainsi, on constate que tout événement très improbable, comme un séisme de magnitude 9, par exemple, peut se réaliser dans la prochaine minute. Les événements les plus improbables sont des combinaisons d’événements improbables reliés ou non par une causalité. Les combinaisons d’événements maîtrisables peuvent ne pas l’être. Si A et B sont maitrisables, cela ne veut pas dire que A suivi de B le soit.

Ce tragique exemple pose la question de notre capacité à tout prévoir et à imaginer les pires scénarios pour se préparer à y faire face. D’ailleurs, en parlant de scénario, on s’est rendu compte à cette occasion que, de l’aveu même d’EDF, l’entreprise n’a jamais écrit de scénario catastrophe, ni les procédures qui iraient avec !

Ainsi, un expert de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) reconnaissait récemment que la plupart des réacteurs nucléaires au monde seraient "en grande difficulté" s’ils avaient été confrontés aux mêmes catastrophes naturelles qu’a subies la centrale japonaise de Fukushima la semaine dernière. Il ajoutait que « beaucoup de spécialistes, sinon tous, ont été très surpris de voir qu’on pouvait perdre en même temps l’électricité et la source froide (système de refroidissement, ndlr), c’est cataclysmique »

Ces leçons correspondent d’ailleurs à celles que l’on aurait du tirer en France à l’occasion d’alertes concernant l’exploitation de nos centrales nucléaires qui ont du faire face à des événements majeurs imprévus (risque naturel et risque terroriste).

Ainsi, lors de la tempête de 1999 un incident du type de celui de Fukushima a failli se produire à la centrale du Blayais sur l’estuaire de la Gironde, les ingénieurs ayant dimensionné la centrale pour un risque de crue milléniale comme habituellement mais pas pour un vent (force et direction) et des vagues du type de ceux qui sont survenus alors, submergeant les digues. Les incidents sur les circuits de refroidissement, qu’ils soient d’origine naturelle ou mécanique sont fréquents (plusieurs autres exemples sérieux) et pourraient dégénérer.

De même, nous sommes-nous rendu compte, lors du 11 septembre 2001, que les centrales existantes étaient dimensionnées pour faire face à une menace terroriste aérienne du type avion de tourisme mais pas d’un avion de ligne, cette hypothèse n’ayant pas été intégrée.

Aux Etats-Unis les réacteurs du type Fukushima (BWR – réacteur à eau bouillante et en particulier ceux dont la cuve est de type Mark-I dont tout le monde sait qu’elles ne sont pas capable de résister à un accident majeur voire à une fusion du coeur) sont depuis de nombreuses années sources d’interrogation sans que des mesures soient prises pour y remédier.

Même les dernières générations du type EPR ont posé des questions quant à leur sécurité réelle. On leur reproche notamment la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle supposés indépendants, celui faisant fonctionner la centrale et celui assurant sa sécurité.

Or, le risque nucléaire a une particularité par rapport aux autres risques, c’est qu’une catastrophe est immédiatement de dimension supra-continentale et est très fortement irréversible (avec une contamination radioactive sur plusieurs dizaines voire centaines d’années, rendant les territoires concernés impropre à la vie)

Dans une telle situation, l’important est de pouvoir choisir la voie du "non-regret". Celle qui, comme l’explique le philosophe Jean-Pierre Dupuy, nous évitera de nous mettre dans la situation où nous aurions à dire "nous aurions dû choisir un autre chemin". Au regard de ce qui précède, le recours au nucléaire civil dans la production d’électricité ne constitue assurément pas une voie « sans regret ».

Le principe de précaution doit alors être la règle, parier sur le facteur chance étant pour le moins déraisonnable. La précaution vise à anticiper des risques encore hypothétiques ou potentiels, sans attendre que le progrès des connaissances ne les transforme en risques avérés. En effet, attendre la certitude ne permet souvent que de réagir et non de prévenir.

Prendre des risques, ce n’est pas prendre n’importe quels risques. Ainsi, l’incertitude attachée à certains développement du génie génétique est si radicale que les assureurs refusent de la couvrir rendant nécessaire l’intervention de l’État qui est bien obligé alors de définir un cadre à son intervention.

Il ne s’agit pas alors d’être contre la science ou contre le progrès, mais d’affirmer que le progrès doit être encadré par le politique, selon des règles claires, et avec les moyens humains et financiers nécessaires pour éviter la réalisation d’un dommage grave et irréversible pour l’environnement. "L’irréversibilité a ici un poids particulier car elle ferme la porte à la réparation, condamnant à la perte pure et simple" [1].

En l’état actuel de la technologie, le recours au nucléaire civil pour la production électrique semble donc difficilement compatible avec le principe de précaution. Et ce n’est pas en emballant des réacteurs, dont la technologie américaine date de 1960, dans des couches successives de béton et d’acier, comme prétend le faire l’EPR, que l’on y remédiera.

Une alternative : déconcentrer et relocaliser nos énergie

Le nucléaire ne représente qu’une faible partie de la consommation d’énergie primaire (consommation mondiale d’énergie primaire, source Agence internationale de l’énergie)

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Les énergies renouvelables sont aujourd’hui capables de couvrir une part importante des besoins en électricité. Ainsi, 39% des nouvelles capacités électriques installées l’année dernière aux Etats-Unis sont de l’éolien. Il est donc possible de chercher à réduire à la fois notre dépendance aux énergies fossiles et à l’énergie nucléaire.

Elles présentent également l’avantage de permettre de déconcentrer et de relocaliser la production de l’énergie et les emplois qui vont avec sur notre territoire, de réduire notre dépendance énergétique et d’améliorer structurellement la balance des paiements pour peu que l’on se donne la peine de chercher à structurer des filières industrielles comme c’est par exemple le cas en ce moment dans le domaine des énergies marines renouvelables.

Nucléaire vs effet de serre

Dans la période récente, la tentation a été grande aussi bien pour les une frange des écologistes que pour le lobby nucléaire de faire passer le nucléaire pour la solution miracle à l’effet de serre. Au-delà des controverses sur le contenu carbone du kWh nucléaire, lié à la nécessité de recourir à des centrales thermiques dans le mix énergétique pour répondre aux appels de pointe, on voit aujourd’hui combien les deux risques ont un caractère voisin au regard des incertitudes qu’ils supportent et de leur caractère très fortement irréversible.

L’un ne saurait donc justifier l’autre et il faut traiter les deux conjointement.

Coûts des différentes énergies

Un argument souvent avancé lors des discussions autour d’une éventuelle sortie progressive du nucléaire est celui de l’inévitable renchérissement qui s’en suivrait pour l’usager final.

Or, cette argumentation fait face à trois incohérences majeures :

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 Le coût réel de l’électricité nucléaire est généralement considéré comme sous-évalué (investissements de l’État pour le lancement de la filière et la recherche public sur le nucléaire civil non pris en compte ; coût du démantèlement sous-évalué et coût de stockage et de surveillance des déchets courant sur plusieurs millénaires. Par exemple, la Cour des Comptes s’est inquiétée d’une part qu’EDF ait pu investir et perdre une partie des 16 milliards de provisions théoriquement destinées au démantèlement des centrales et d’autre part que le coût de ce démantèlement puisse être plutôt proche de 100 milliards d’euros ;

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 Dans l’hypothèse où l’on poursuivrait dans cette voie, les centrales actuelles devraient être renouvelées à un coût beaucoup plus élevé (EPR : 5 milliards d’euros pour 1,6GW, GE 6 milliards $/GW, soit 6$/W) rendant l’arbitrage beaucoup plus favorable aux énergies alternatives ;

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 Le coût des technologies alternatives est fonction de leur pénétration et des investissements qui seront faits pour les développer. En investissant des montants, si ce n’est comparable, du moins aussi significatifs, que dans le nucléaire (l’éolien est aujourd’hui déjà à 2$ le watt installé tandis que le solaire pourrait passer de 5$/W à 2$), les écarts de coûts deviendront faibles voire inexistants.

On peut tout à fait imaginer que la sortie du nucléaire se fasse de manière conditionnelle (X Milliards d’euros investis dans l’efficacité énergétique et les renouvelables, avec Y comme objectif de prix, Z comme objectif de production permettant de retirer du service un certain nombre de centrales correspondant à la somme des économies réalisées et des nouvelles capacités de production installées sans provoquer de choc violent sur les prix).

Conclusions

Le débat autour de l’énergie et singulièrement du recours au nucléaire civil est indispensable. Il doit se faire en tout transparence. Il doit permettre au citoyen de faire un choix éclairé en fonction des différentes alternatives possibles, y comprise la sortie du nucléaire.

Dans un tel contexte, et compte tenu des éléments indiqués plus haut, il nous semble raisonnable de plaider pour une sortie conditionnelle (c’est-à-dire phasée pour ne pas pénaliser le consommateur par une hausse drastique des prix ou des prélèvements pour compenser cette hausse) du nucléaire qui se déroulerait autour de trois axes [2] :

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 Baisse de moitié de la consommation d’électricité grâce à l’utilisation de toutes les marges de manoeuvre disponibles :
— compteurs intelligents (jusqu’à -15%)
— sobriété (notre comportement) : profiter au maximum de la lumière naturelle pour s’éclairer, bien régler la température de consigne du chauffage, privilégier les aliments de saison et produits localement, organiser intelligemment l’espace…
— efficacité (les bons appareils, les bonnes technologies) : sortie progressive du chauffage électrique très consommateur de pointe saisonnière à fort contenu de CO2 ; plan Marshall pour l’isolation des logements sociaux et travaux de rénovation thermiques obligatoires lors de chaque transaction immobilière dans l’ancien ; utilisation des technologies offrant le meilleur rendement (chaudières à condensation, cogénération électricité + chaleur…)
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 Développement massif des énergies renouvelables à la fois pour répondre à la demande, faire pénétrer les technologies, induire du progrès technique permettant d’accroitre les rendements et de diminuer le coût unitaire

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 Cessation progressive de l’activité des centrales, en commençant par les plus anciennes et les plus exposées aux risques naturels

De tels scénarios sont aujourd’hui considérés comme possible y compris par des experts du nucléaire « défroqués » (par exemple David Dornbusch ou Bernard Laponche, tous deux anciens du CEA, le premier étant un des experts du PS sur les questions d’énergie.)

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Sans rentrer dans les détails, de nombreuses études ont été faites qui tendent à prouver que le recours à tel scénario produit des effets sociaux induits fortement bénéfiques aussi bien pour l’usager que pour l’économie locale (emplois ancré sur les territoires aussi bien pour ce qui concerne le bâtiment que les renouvelables)

Par exemple, si l’on s’en tient aux chiffres des scénarios du type « facteur 4 » ou Négawatt, les résultats seraient les suivants :

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 le programme de réhabilitation des logements existants est susceptible à lui seul de créer dès les premières années de son lancement l’équivalent de 100 000 emplois permanents à temps plein pour les travaux, plus 5 à 10 000 dans le conseil et l’étude technique.
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 En ce qui concerne les énergies renouvelables, en référence aux expériences étrangères,

— l’éolien fournirait à lui seul 40 000 emplois en 2010, plus de 100 000 en 2030 et plus de 200 000 en 2050,
— le photovoltaïque en fournirait 25 000, 40 000 et 150 000, même en tenant compte des gains de productivité prévisibles dans les usines de fabrication.
— Quant à l’exploitation de la biomasse, elle permettrait de maintenir en activité une part importante de nos agriculteurs dont l’emploi est menacé par l’inéluctable réforme des politiques agricoles : 10 000 emplois nouveaux pourraient être créés en 2010, 45 000 en 2030 et 150 000 en 2050.

Une question qui résonne dans l’opinion, la gauche et au sein du PS

Les événements récents ont eu une résonance important au sein de l’opinion (cf. les sondages sur le nucléaire parus récemment) et au sein du PS. La possibilité d’une sortie progressive du nucléaire est maintenant sérieusement envisagé au-delà de la frange traditionnelle des écolos du PS, notamment regroupé au sein du Pôle écologique. On notera ainsi pour l’exemple les prises de position de Laurence Rossignol et Philippe Martin (secrétaires nationaux à l’environnement, motion D), Aurélie Fillipetti (ex-vert, motion D), David Dornbusch (DSK) ou encore Philippe Grosvalet, futur Président du CG 44. Cette position a même été reprise par Martine Aubry sur Canal+, mardi 22 mars 2011 lorsqu’elle s’est déclarée pour une sortie progressive du nucléaire en 20-30 ans.

Il en va de même au sein de l’extrême gauche, qui semble s’éloigner de sa tradition productiviste (cf. notamment les prises de position du PG sur la planification écologique pour sortir du nucléaire)

Pour mémoire en décembre 2003, le bureau national du Parti socialiste, dans son texte sur l’EPR, s’était engagé à tenir une convention nationale sur l’énergie qui n’a jamais eu lieu…. Peut-être pourrions-nous commencer par tenir cet engagement ?

PAR Thierry Le Pesant

Un monde d'avance

Photo : KEI@ja.wikipedia, licence CC By Sa

[1] Godard et al, Traité des nouveaux risques, Gallimard, 2002

[2] Pour en savoir plus voir scénario Négawatt « sobriété, efficacité, renouvelables »


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