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West Ham 2 - 4 Man Utd

Publié le 04 avril 2011 par Dlem

United a fait un pas de plus vers le titre, ce samedi à West Ham. Menés de deux buts à la mi-temps, Wayne Rooney a renversé les Hammers d'un joli triplé.

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Je n'ai pas raté beaucoup de matches cette saison, et un week-end sur la côte belge en amoureux m'assurait quelques minutes de culpabilité, celle de ne pas être devant ma TV ou mon ordi pour encourager mon équipe, celle d'avoir oublié d'emmener avec moi un de mes objets mancuniens symbolisant le fait que j'étais tout de même un peu là sans être là. Heureusement, mon téléphone portable me permettrait de garder un oeil sur le score, difficile d'attendre un retour prévu dimanche soir pour savoir. Vers 14h20, après avoir posé mon vélo loué une heure plus tot devant la terrasse d'un café et pris place sur celle-ci pour commander un verre bien mérité, sous la douleur d'une selle visiblement trop rigide pour mon fessier, je prends rapidement connaissance du résultat après 36 minutes histoire de me rassurer... Horreur, West Ham 2-0 Man Utd. Je range mon portable dans ma sacoche et maudis cette équipe incapable de forger le résultat nécessaire pour entretenir nos espoirs de titre et sauver mon après-midi, mon week-end. Je la maudis à moitié, car malgré tout, je sais qu'un retour est possible, United est le champion des retournements de situation, des improbables revirements que peu d'autres équipes peuvent reproduire, plusieurs fois par saison. J'espère, donc, mais je doute aussi, beaucoup. Combien y a-t-il de chances pour qu'on signe un retour façon Blackpool ? J'enfourche ma bécane et reprend la route, avec un regard qui se perd de temps en temps sur ma gauche, vers la mer, vers l'Angleterre, vers Londres et Upton Park. Aux alentours de 15h45, madame pénètre dans un magasin de bijoux fantaisie, l'occasion de ressortir mon téléphone, sans trop d'espoir mais il faut que je sache. Oh my God ! Je ne lis pas bien, l'iode me monte à la tête, mon cerveau me joue des tours... ?! West Ham 2-4 Man Utd. Les enfoirés ! Ils ont encore réussi à renverser la vapeur, avec un triplé de Rooney en prime et un nouveau but de Chicharito comme cerise sur le gâteau, qu'il est bon d'être un supporter de United. Les résultats qui suivront termineront de faire de cette fin d'après-midi une réussite. Les verres que je boirai en si charmante compagnie ne serviront pas à noyer une quelconque déception, ils seront bien meilleurs que le précédent, pas seulement à cause du foot, mais un tout petit peu, quand même.

Me revoici donc devant mon ordi, prêt à commenter cette rencontre qui pourrait bien être une de celles à laquelle on repense comme à un réel tournant de la saison. Une performance de champion. On le savait dès le départ, West Ham, aussi candidat à la descente fut-il, ne serait pas un oiseau pour le chat mancunien. Sa récente forme à domicile couplée aux difficultés rencontrées par les Red Devils à l'extérieur cette saison ne laissaient rien augurer de facile. Et Fergie d'aligner une formation prudente comme témoin d'une certaine appréhension à affronter cette équipe qui joue sa survie dans l'élite. 4-5-1 et plusieurs surprises dans la compo : Le gardien, d'abord, où Van der Sar laisse les gants à Kuszczak. La défense est celle attendue, Fabio faisait un intérim à droite, pendant que Smalling, Vidic et Evra complétaient le back four. Mais c'est au milieu qu'il y avait de quoi se poser des questions avec Carrick, Gibson et Park en récupérateurs-relanceurs, pas de quoi rendre jaloux beaucoup de grandes équipes ! Sur les ailes, Giggs était préféré à Nani, probablement avec un oeil sur le match de mercredi face à Chelsea, et Valencia confirmait qu'il avait repris son flanc droit aussi rapidement qu'il l'avait laissé. Avec un schéma à un seul attaquant, pas de suspense, Rooney étant le choix numéro un en toutes circonstances...

Dès la 3ème minute, Park forçait un corner que se chargeait de botter Ryan Giggs. Celui-ci trouva la tête de Smalling mais Robert Green écartait le ballon d'une jolie claquette. Mais les choses vont vite prendre une tournure inquiétante, sur un très long ballon de contre, Carlton Cole partait dans le dos de Vidic et Evra, ce dernier parvenait tout de même à se replacer devant l'attaquant des Hammers qui avait du mal à contrôler un ballon bondissant, il tenta alors de faire sauter le ballon au-dessus d'un Patrice Evra qui agita les deux mains en l'air façon hold-up... Penalty. Contre-pied parfait de Noble. 1-0.

24ème minute, retour de Cole aux abords du rectangle mancunien, cette fois sur la gauche et face à Vidic. Notre capitaine tente de rester sur ses appuis face aux dribbles de Cole, mais l'anglais passe tout de même et Vidic accroche légèrement son pied d'appuis juste avant la ligne du rectangle. L'arbitre Lee Mason n'est pas de cet avis, malgré les efforts de Vidic pour lui montrer des preuves de son erreur, et offre à West Ham un second penalty que Noble se charge à nouveau de transformer. 2-0. Upton Park peut exploser et croire au miracle. Pas de quoi crier au scandale sur cette décision, tant il est difficile de voir que la faute a eu lieu à la limite de la surface de réparation, sans une dizaine de ralentis.

Voici donc Man Utd à nouveau dos au mur, avec une montagne à escalader. Après l'élimination en Carling Cup, West Ham pourrait bien devenir notre bête noire... Sous l'impulsion d'un Valencia en grande forme, United tente de redresser la tête. Et sur une énième incursion de l'équatorien, Rooney parvient à centrer, son ballon trouve Park mais le tir puissant du coréen est trop centré et Green repousse le danger (31ème). Après une autre tentative en contre des Hammers soldée par une reprise non cadrée d'Hitzlsperger (non, non, je ne suis pas bourré), Vidic, dont ce n'était visiblement pas le jour, va à nouveau se retrouver en difficulté, cette fois face à Demba Ba. Suite à un dégagement, le défenseur serbe, au duel avec Ba, manque le ballon de la tête, la puissance de Ba est telle qu'il parvient à prendre le dessus sur Vidic qui devra jouer des bras pour déséquilibrer son adversaire. Monsieur Mason brandit immédiatement le carton jaune, au grand dam des joueurs d'Avram Grant et du public d'Upton Park, qui réclamèrent la rouge. Vidic était en effet le dernier homme, mais le ballon filait tout droit dans les mains de Kuszczak, la décision semble donc correcte. Le coup franc qui suivra ne donnera rien et les Red Devils pourront rentrer au vestiaire avec la certitude que Sir Alex n'aura pas apprécié le spectacle, du haut de la tribune présidentielle.

La révolte de Wayne

Et notre manager va à nouveau étaler ses talents de coach : il sort Evra dont les qualités de basketteur ne lui auront visiblement pas plu, et fait entrer Javier Hernandez. Mais l'astuce du jour, c'est la position de Giggs en arrière gauche ! Une lubie se dit-on, mais le gallois va alors donner raison à son patron. Pour Vidic, le parcours du combattant continuera malgré tout. A peine quatre minutes après la reprise, il tacle la jambe de Ba, dans le camp des Hammers ! Deuxième jaune ? Non. Et le public de râler de plus belle. United domine mais ne parvient pas à se montrer dangereux. Fergie va alors lancer Berbatov dans la bataille, et c'est Park qui lui laissera sa place sur le terrain (64ème). Viendra alors le festival Wayne Rooney. Invisible pendant toute la première période, Wazza va réaliser le genre d'exploit qu'on attend de lui, surtout après sa revalorisation de contrat... Une minute après l'entrée de son pote Berbatov, il obtiendra un bon coup franc bien gagné par Carrick. Un peu décalé à droite, on se dit que le pied gauche de Giggs est plus approprié, mais c'est bien Rooney qui propulsa le cuir dans la lucarne de Green. 2-1. Et de me demander à quand remonte notre dernier but sur coup franc direct, avis aux statisticiens !

United va alors lancer l'opération suicide. Giggs trouve Berbatov sur le flanc gauche qui se joue de son adversaire d'un joli coup du sombrero pour filer vers le but mais son tir, dans un angle très fermé, trouvera le pied de Green. La défense de West Ham est courageuse et parvient à repousser les assauts encore trop maladroits des Red Devils. Rooney a bel et bien retrouvé ses sensations. Après une bonne séquence, Valencia, bien assisté par Fabio, parvient à trouver Rooney dans la marée de Hammers, juste à l'entrée du rectangle, et l'attaquant anglais va se jouer de ses deux défenseurs d'un contrôle orienté parfait avant de décocher une frappe tout aussi parfaite dans le petit filet opposé de Green. 2-2 (73ème) ! Ce superbe but est le 100ème de Rooney en championnat pour United, et il ne pouvait pas mieux tomber.

What ? Fucking What ? What ?

United est bel et bien le roi du comeback et le cauchemar de West Ham n'est pas terminé. Cette fois, ce sont les supporters visiteurs qui donnent de la voix et ils seront vite récompensés d'un troisième but, le but de la victoire. 77ème minute, Fabio combine parfaitement avec Valencia qui retrouve le brésilien d'une jolie louche, la joga bonito continue avec un sombrero du jumeau de Rafael, qui se joue d'une défenseur supplémentaire sur la ligne de fond, dans le rectangle adverse, le centre qui suit trouve alors le bras d'Upson. Lee Mason siffle son troisième penalty de la rencontre et Rooney se présente devant Green pour signer un triplé dont on se souviendra longtemps et qui sera à l'origine d'une petite polémique après la rencontre. Logiquement très excité par son exploit, Rooney lâche à la caméra qui suit la célébration des Red Devils un "What ? Fucking what ? What ?" qu'il n'est pas nécessaire de traduire et somme toute bien légitime après un tel retournement de situation. On peut s'attendre à une sanction de la FA, malgré les excuses de Wayne, puisqu'il s'agit de United et que des enfants auront entendu un gros mot qu'ils n'ont certainement jamais entendu auparavant... Peu importe, c'est 2-3 !!!

Une fois n'est pas coutume, c'est United qui bénéficie en fin de match d'un contre où Rooney trouvera Berbatov, dos au but aux abords du rectangle. Le bulgare fera ce qu'il sait le mieux faire, conserver le ballon pour ensuite le déposer dans la foulée d'un Giggs toujours aussi jeune. Son centre-tir échouera un peu chanceusement dans les pieds de Chicharito, au second poteau, qui n'aura plus qu'à pousser au fond. 2-4 (84ème), score final. Nani remplacera Rooney pour une standing ovation bien méritée des supporters ayant fait le voyage à Londres.

United revient de loin, mais United empoche les trois points sans finalement aucune contestation possible (deux statistiques significatives : 16 corners à 0 pour United, 67% de possession). West Ham a chèrement vendu sa peau et aura quelques regrets au vu du scénario de la rencontre, mais les Red Devils étaient trop forts. Les changements de Sir Alex se sont montrés payants, comme souvent, et certains cadres auront pu se reposer avant le choc européen de mercredi à Stamford Bridge. Vidic se souviendra avec amusement de cette après-midi où il aura été malmené comme rarement. Fergie confiera plus tard aux micros de la télé anglaise qu'il s'agit là d'une performance de champion. Les résultats d'Arsenal (0-0) et de Chelsea (1-1) lui donneront un peu plus raison. United trône désormais en tête avec sept points d'avance sur les Gunners (qui comptent un match de moins), dix sur City et onze sur Chelsea (un match de moins également). Notre programme a beau être plus compliqué en théorie, nous sommes les grands gagnants de ce week-end et cette victoire au forceps nous permet de toucher ce titre du bout des doigts. Une victoire qui trouvera une place de choix dans notre top 5 de la saison, peut-être pas dans la manière, mais dans cette volonté de ne jamais baisser les bras, quel que soit le score. C'est probablement cette inestimable qualité qui nous permettra de toucher les étoiles en fin de saison, si titre(s) il y a.

United : Kuszczak, Fabio, Smalling, Vidic, Evra (Chicharito), Valencia, Gibson, Carrick, Park (Berbatov), Giggs, Rooney (Nani).

Pas utilisés : Amos, Gill, Anderson, Owen.

Homme du match : Pour une fois, on ne citera pas Vidic dans les candidats au titre d'homme du match ! L'excellente montée de Berbatov a fait du bien à United, tout comme la seconde mi-temps de Giggs au poste d'arrière gauche, mais ça va se jouer entre Rooney et Valencia, auteur d'un excellent match et seul joueur ayant apporté vitesse et créativité pendant 90 minutes. Il serait toutefois illogique de ne pas récompenser Wayne Rooney pour son quart d'heure de folie, signé par un triplé extrêmement important. Rooney a visiblement enterré son année complète de misère et semble prêt pour le grand sprint final, on ne va pas s'en plaindre.

Le résumé de la BBC, avec les commentaires avisés d'usage :


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