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Phnom Penh, 8 avril 1993

Publié le 08 avril 2011 par Safran
Quelques formalités ce matin chez Kampuchea Airlines : achat de billets pour Siem Reap, reconfirmation du vol sur Bangkok.

Phnom Penh, 8 avril 1993

Broyeuses de glace manuelle


Une promenade au marché Tuol Tom Pong. On y entend toutes les langues du malais à l’anglais en passant par l’arabe et l’espagnol : les soldats et les civils de l’UNTAC viennent y faire des achats ; beaucoup de succès pour les fausses antiquités à bon marché et les T-shirts représentant tous les drapeaux des pays de l’ONU. Et la casquette UNTAC, pas mal, non ?
Sur les stands des libraires, de vieux livres en français sur le Cambodge et l’Indochine, et le compte-rendu du procès de Pol Pot, le despote sanguinaire qui musela le Cambodge de 1975 à 1978. Il fit régner la terreur sur tout le pays qu’il voulait transformer en une immense coopérative agricole : tous les habitants des villes ont dû rejoindre les paysans pour construire un nouveau pays. Un million d’habitants sont morts torturés ou exécutés parce qu’ils avaient osé dire non, ou parce qu’ils étaient considérés comme des intellectuels lorsqu’ils portaient des lunettes, parlaient une langue étrangère, etc. Beaucoup sont morts de malnutrition et d’épuisement. C’était il y a vingt ans à peine. Pas une famille n’est sortie indemne de cette tragédie.
Autre tragédie : les mutilés. Ils ont sauté sur des mines, ces affreuses petites mines, enterrées ou laissées au hasard par les Khmers Rouges ou les Vietnamiens.Quand elles ne tuent pas, elles marquent à vie ; il en reste des centaines de milliers et peut-être des millions qui font de nouvelles victimes chaque jour.

Au moins trois coupures de courant déjà ce soir. Incidents très habituels, palliés par d’énormes générateurs qui encombrent les trottoirs.

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