L'élevage des faisandeaux.

Par Selectionsavicoles

L’ELEVAGE DES FAISANDEAUX

L'élevage des faisandeaux exige certai­nement plus d'attention et d'exactitude que celui des poulets, des canetons et des oi­sons domestiques. La chaleur, la séche­resse et la propeté sont les conditions es­sentielles du succès de l'élevage des Pha­sianidés. La température du bord extérieur de la boîte d'élevage ou de l'éleveuse artifi­cielle, mesurée à 4 cm du sol, doit être (la nuit également) :

  32 degrés pour les faisandeaux d’une semaine

30 degrés pour les faisandeaux de 2 semaines

28 degrés pour les faisandeaux de 3 semaines

25 degrés pour les faisandeaux de 4 semaines

  22 degrés pour les faisandeaux de 5/6 semaines

20 degrés pour les faisandeaux de 7/8 semaines

Après l'éclosion, on laissera les poussins et la poule couveuse en paix encore 24 heures au moins.

On les transportera ensuite dans la boîte d'élevage qui se compose d'un logement pour la poule (de 40 cm en coupe), auquel adhère d'un côté un compartiment couvert d'alimentation, séparé du logement de la poule par des barreaux laissant passer seu­lement les faisandeaux et, de l'autre coté, un promenoir de 1,20 m. de longueur sur 0,60 m. de largeur, destiné lui aussi exclusi­vement aux faisandeaux et donc séparé du logement de la poule par des barreaux. Le sol du logement de la poule est en grillage fin, celui du promenoir des faisandeaux est constitué par la terre.

Le logement de la poule est en bois ; le toit en pente est amovible de même que le toit du compartiment d'alimentation. Le promenoir est formé d'un côté par un grillage très fin, les autres côtés sont en bois; son toit, fait de bois ou de carton bitumé est en pente pour faciliter l'écoulement rapide de l'eau de pluie.

La poule couveuse et les faisandeaux passent les 3 premiers jours dans le loge­ment de la poule dont le plancher a été gar­ni de paille ou de foin coupés. L'accès au prome­noir sera obturé par une planche. Les fai­sandeaux s'habituent durant cette période au gloussement et autres habitudes de leur mère adoptive. Ils ne peuvent s'éloigner, re­çoivent beaucoup de chaleur et se familiari­sent finalement avec leur premier entou­rage. Si on lâchait les faisandeaux directe­ment dans le promenoir, ils risqueraient, vu les dimensions du terrain, de ne pas retrouver le chemin menant à leur éle­veuse et pourraient mourir de froid.

Après 3 jours, on enlève la cloison sépa­rant le logement de la poule du promenoir et les faisandeaux accèdent à ce dernier en passant à travers les barreaux. La boîte d'élevage sera placée sur de l'herbe courte et sèche, autant que possible toujours à l'abri du vent et le côté ouvert exposé au soleil. S'il fait mauvais temps, la poule et les faisandeaux doivent rester dans la boîte d'élevage où la température requise sera entretenue à l'aide d’une lampe chauffante.

Tout cela exige beaucoup d'attention et de tra­vail ! Cependant, les premières semaines sont décisives pour les faisandeaux. Si l'herbe dans la promenoir est défraîchie, il faut déplacer toute la boîte d'élevage. Une trop grande chaleur est préjudiciable aux faisandeaux et à la poule ; il faut donc, si le soleil est trop cuisant, recouvrir le toit avec des branches à feuillage épais.

Lorsque les faisandeaux auront bien grandi et voudront utiliser leurs ailes pour aller se poser sur un perchoir, on transportera toute la boîte d'élevage avec la poule et les faisandeaux dans une volière et on laissera le toit du promenoir ouvert. Le soir, la poule et les faisandeaux iront se poser sur le toit du logement de la poule, car celle-ci, par nature, ne voudra pas dormir sur le sol, ce que les faisandeaux feraient volontiers, mais qui est pré­judiciable à leur santé.

L'installation d'un perchoir dans la volière, à proximité du logement de la poule et un peu plus haut que le toit de ce logement, incitera vite les faisandeaux à s'y poser, car ils choisiront toujours l'endroit le plus élevé.

Lorsque les faisandeaux utiliseront les perchoirs, le logement de la poule et le promenoir seront enlevés, nettoyés et ran­gés. Quand les faisans n'auront plus besoin de la poule, on éloignera celle-ci de la vo­lière.

  L'ELEVAGE NATUREL DES FAISANDEAUX

Après l'éclosion des oeufs couvés par la faisane elle-même, il convient d'observer une extrême prudence et un calme complet dans l'entourage de la couvée.

La maternité rend la faisane qui, de na­ture déja, est farouche, extrêmement sensi­ble ; à la moindre alerte, elle prend peur et s'envole, laissant les faisandeaux pour un bon temps seuls, lorsque justement ils ont besoin de beaucoup de chaleur maternelle.

Des arbustes épais offrent à la mère et à sa progéniture un abri sûr et empêchent la fai­sane de courir vers le grillage, ce que les faisandeaux ne sont pas en état de faire.

Le mieux est de limiter une partie de la volière au moyen d'un grillage fin, pour que toute la famille ne puisse pas trop courir et que les faisandeaux restent constamment auprès de leur mère. Lorsque les faisan­deaux auront grandi, on supprimera cette séparation pour les laisser profiter de tout ce qu'ils peuvent trouver sur leur chemin, dans la volière.

L'alimentation est la même que pour l'éle­vage artificiel ; cependant la mère mange en complète liberté.

   LE FAISAN COUVEUR

Parmi les nombreuses règles qui régis­sent la nature, il existe toujours des excep­tions. Chez les Phasianidés, la femelle assume la couvaison et l'éle­vage des petits. Quelle sera pourtant la stu­péfaction de l'amateur, lorsqu'il trouvera son faisan doré par exemple, installé sur le nid et cela pour toute la couvaison ! De tels coqs, à instinct maternel, ne savent le plus souvent que faire, lorsque les faisan­deaux sont nés et s'en vont, le soir, se re­poser sur une haute branche. Les faisan­deaux meurent alors de froid si le proprié­taire n'intervient pas à temps pour placer les jeunes oiseaux sous une lampe chauffante.