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Projet Mister Rugby pour le rugby Français – Quelques commentaires!

Publié le 11 avril 2011 par Sudrugby

Mister Rugby a publié sur son blog le 3 avril dernier, son projet pour le rugby français. A sa demande et à l’instar d’autres blogs spécialisés rugby en France, voici mon point de vue et mes commentaires concernant ce projet que je vous invite à lire au préalable.

En premier lieu, je dirais que les problèmes touchant l’équipe de France ne viennent pas des clubs, mais de la fédération. Nos clubs sont toujours présents au sommet dans les coupes d’Europe, pour la plupart gagnent de l’argent et préparent efficacement nos joueurs. De l’équipe fanion au pôle espoirs de Marcoussis en passant par l’équipe de France de rugby à VII, ce sont les choix des Camou, Skrela, Lièvremont et consorts qui sont discutables. Cependant le rugby des clubs ne doit pas rester dans son immobilisme actuel et doit continuer à aller de l’avant en se réformant. La forme des joueurs est bien entendue en jeu mais également la santé économique des clubs et leur puissance financière future.

  • Je ne suis pas partisan d’une ligue fermée. Nous ne sommes ni des Américains ni des amateurs des shows trop influencés par le marketing. Il n’y a qu’à voir les réactions contrastées aux différents évènements crées par Max Guazzini. La ligue fermée diminuerait sensiblement l’intérêt sportif des rencontres et ne garantie pas une hausse de l’attractivité des matchs. Dans le Super Rugby, un Bulls vs Crusaders aura toujours plus d’impact médiatique qu’un Cheetahs vs Highlanders! Je serais plutôt partisan d’une relégation unique qui permettrait aux clubs de se lancer dans des investissements plus importants et diminuerait la pression sur les clubs de bas de tableau.

  • Il n’y a pas 36 solutions et si la FFR veut bénéficier de ses meilleurs hommes en forme et multiplier les séances d’entraînement communes, elle doit former un groupe « Elite » selon le modèle anglais et donc parvenir à un accord financier avec la LNR. Même si la morale voudrait que les clubs mettent gracieusement leurs internationaux à la disposition du staff national, nous ne vivons pas chez les Bisounours, et les équipes n’ont aucun intérêt à libérer leurs joueurs sans indemnités. La FFR bénéficie elle aussi indirectement des bons résultats des clubs pro ! Leurs bons résultats permettent une hausse du nombre de licenciés.

  • Le management des clubs doit se responsabiliser ! Les franchises du Super 15 évoluent quasiment toutes dans des plus grandes enceintes que les clubs du Top 14. Pourtant, elles n’ont pas les moyens de conserver leurs joueurs stars qui se voient offrir des ponts d’or par les clubs européens ou Japonais. La crise des deux dernières années à affaiblie financièrement les clubs anglais qui se sont appuyés sur la formation et ont cessé les dépenses hasardeuses, et l’on a ainsi pu apercevoir un net regain de forme du XV de la Rose. Il est facile pour les présidents de club français de chouiner sur leurs stades vétustes, les droits télés pas assez élevés ou les soi-disant présidents mercenaires qui ne sont pas du milieu. Mais à eux de cesser de dépenser leur argent dans le salaire de joueurs du sud surcotés pour un rendu peu flatteur. A eux de développer le marketing de leur club efficacement, de trouver et fidéliser de nouveaux fans et sponsors. Des nouveaux moyens de communication existent alors pourquoi continuer de la jouer “old school” ? Une situation comme celle touchant actuellement l’Aviron Bayonnais est inacceptable dans un milieu pro qui ne semble pas se rendre compte de l’impact qu’ont de telles situations sur les joueurs.

  • Le rugby a besoin de ses supporters pour se développer, ce n’est donc pas en supprimant les matchs aller-retour que l’on va pérenniser et amplifier ce lien. Il faut surtout resserrer l’élite plutôt que l’étendre, et donc ne conserver que 12 clubs en première division. Agrandir l’élite comme en Australie n’est pas un gage de réussite. Les Rebels de Melbourne, dernière franchise crée cette année sont composés de nombreux joueurs étrangers ou issus du treize. Rod MacQueen a débauché des joueurs d’autres provinces ou de leurs académies ce qui a directement affaibli les Brumbies. Les Reds ont subit la même mésaventure après avoir été dépouillés par la Western Force lors de sa création en 2006. Depuis peu les franchises australiennes font appel à des Islanders pour boucler leurs effectifs, preuve que le réservoir est appauvri. La possible création des Southern Kings en Afrique du Sud est également une hérésie à mes yeux compte tenu du niveau des Cheetahs et des Lions. La seule possibilité d’expansion du Super Rugby passe vers le Japon, l’Argentine et les îles du Pacifique. Réduire l’élite à 12 clubs va très certainement favoriser les grandes agglomérations face aux clubs régionaux. Mais malheureusement pour les défenseurs du rugby à l’ancienne, c’est déjà la norme actuelle, illustrée cette année par la descente de Bourgoin et la probable montée du Lyon OU. Le rugby n’est pas le sport majoritaire en France et il faut donc des assises stables pour pérenniser sont développement. Les équipes de l’élite doivent cependant continuer à faire vivre les équipes de leur région, aussi bien amateur qu’en junior.

  • Une blessure comme celle de Thomas Domingo cette année ou de Vincent Clerc il y a deux ans peut être due à la fragilité d’un organisme éprouvé par de trop nombreux matchs dans la saison. Mais le Super Rugby a aussi son lot de blessures graves comme Juan Smith récemment ou James Horwill l’an passé alors qu’ils jouent moins de rencontres. A cause de ce rythme de matchs abusif, les joueurs du nord sont surtout cramés lors des tournées, surtout l’été. Voilà pourquoi, afin de diminuer le nombre de rencontres internationales et augmenter les plages de récupération, il faut également réduire le nombre de matchs de coupe d’Europe. Je considère depuis longtemps la formule actuelle comme stupide et difficilement compréhensible. Est-ce un cadeau d’envoyer les promus de Pro D2 jouer la Challenge Cup ? J’en doute. De plus la Heineken Cup n’est pas considérée comme la plus importante dans le cœur des joueurs, le bouclier de Brennus restant le rêve de tout joueur pro français. Seuls les quatre demi-finalistes devraient participer à la H Cup, les quatre suivants au classement évoluant en Challenge Cup. Cela libérerait des places pour les nations émergentes du rugby qui pour pourraient envoyer leurs sélections nationales pour les représenter. C’est à ça que l’élection de Jean-Pierre Lux au nom de l’intérêt supérieur du rugby français devrait servir.

  • La FFR se plaint de ne pas avoir assez d’argent et d’être coincée  par la convention signée avec le  Consortium du Stade de France. D’une qui leur a demandé de la signer ? De deux, pourquoi ne pas envisager des délocalisations comme l’ont si bien réussi les clubs professionnels ? All Blacks et Wallabies se sont rencontrés deux fois à Hong Kong et une fois à Tokyo dans un pur intérêt mercantile. Pourquoi par exemple, ne pas organiser une rencontre face aux Anglais à New York, où les deux communautés d’expatriés sont les plus présentes ? C’est une idée parmi tant d’autres qui ne choqueraient que les puristes de l’amateurisme.

Enfin, quitte à devenir lassant sur le Rugby à VII, il est indispensable de développer la pratique de ce sport en France, tout d’abord pour améliorer les skills des joueurs, en particulier les plus jeunes, mais aussi pour ne pas être ridicules à Rio de Janeiro en 2016. Plusieurs solutions pour cela :

  • Dans son interview, Richard Graham préconisait d’envoyer les jeunes joueurs dans un programme Sevens pendant un an uniquement. Un an est le temps que passent à Marcoussis les jeunes stagiaires sélectionnés dans le pôle France. Pourquoi donc ne pas s’appuyer sur eux ainsi que sur quelques VRAIS spécialistes sous contrat avec la FFR ?

  • Nicolas Le Roux, ancien international à VII, avait émis l’idée d’organiser des tournois de rugby sevens entre les différents clubs pro du championnat. Cette possibilité est vite tombée aux oubliettes malgré sa qualité. Pourquoi ne pas organiser cette compétition et la proposer aux espoirs du club ou aux titulaires en manque de temps de jeu ?

  • Bordeaux en 2004, Jean Bouin en 2005, Charléty en 2006 et depuis plus rien. C’est l’Ecosse qui a hérité de la place de la France dans les IRB Sevens World Series. A la FFR de mettre tout en œuvre pour inverser la tendance et récupérer une étape qui serait la vitrine nationale de ce sport.


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