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Interview de Richard Graham, entraîneur de la Western Force

Publié le 07 avril 2011 par Sudrugby

Richard Graham est l’entraîneur en chef de la Western Force depuis le départ de John Mitchell parti coacher les Lions de Johannesburg. Adjoint du technicien Néo-Zélandais en 2010, il a été également celui de Robbie Deans auprès des Wallabies à partir de 2009, précisément en charge des “skills”. Richard a fait ses gammes en tant qu’entraîneur en Angleterre, à Bath entre 2002 et 2006 sous la direction successive de Michael Foley, John Connolly et Brian Ashton. Il rejoint ensuite les Saracens de Londres où il sera l’adjoint d’Eddie Jones avant de devenir entraîneur en chef du club londonien en 2009. Au cours de sa carrière de joueur, Richard a évolué pour le club d’Easts Brisbane et a représenté le Queensland et l’Australie A. C’est surtout à sept qu’il s’est fait un nom en représentant les Wallabies Sevens entre 1998 et 2002, participant aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur et de Manchester.

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Quels sont vos principaux objectifs cette saison?

L’objectif principal lors de la préparation de cette saison était de changer les attentes que nous avions en nous même et en nos coéquipiers. Nous travaillons dur sur et hors du terrain pour nous assurer que cela fonctionne.

Comme la saison dernière, la Western Force doit gérer une situation délicate avec les blessures de nombreux joueurs cadres. En quoi cette situation affecte la performance globale de votre équipe?

Cela peut avoir des conséquences énormes sur la réussite durable d’une équipe. Un des défis auxquels nous faisons face dans un sport de contact est de conserver sa meilleure équipe théorique sur le terrain tout au long de la saison. Plus facile à dire qu’à faire parfois ! Le plus important que je puisse faire est de contrôler ce qui peut l’être. Pour nous, il s’agit de bien préparer physiquement les joueurs et de bien planifier les séances afin de limiter les blessures touchant les tissus mous (muscles, ligaments, tendons etc…) subies au cours de l’année. En amont de tout cela nous devons nous assurer que toutes les blessures sont prises en charge immédiatement et mettre en place une organisation détaillée entre les différents départements du club afin de récupérer au plus vite le joueur dans des conditions optimales.

Interview de Richard Graham, entraîneur de la Western Force

James O'Connor, un utility back référence

Nous avons remarqué que beaucoup de vos joueurs sont d’excellents “utility backs” pouvant facilement alterner entre deux positions. Pensez-vous que les “utility backs” sont devenus plus importants que les joueurs considérés comme de vrais spécialistes de leurs postes? Quelles sont les qualités essentielles pour être un grand “utility back”?

Je pense que le terme “utility back” peut désormais être mal interprété. Pour moi un « utility back » est un joueur comme James O’Connor ou Kurtley Beale qui a la capacité de jouer aussi bien dans la “front line” (ouvreur & centres) que dans le “backfield” (ailiers & arrière). Les joueurs pouvant alterner entre l’aile et l’arrière ne jouent pas, à mon avis ,dans la même catégorie. Quelques équipes ont la chance d’avoir des « utility backs » et leur valeur est précieuse. Les qualités essentielles sont d’avoir un bon timing, une bonne vision du jeu ainsi qu’une ténacité à bien défendre dans toutes les positions.

Malheureusement le rugby à sept est sous évalué en France. En tant qu’ancien international australien à sept et entraîneur des Wallabies en charge des “skills”, comme juger vous l’importance du Sevens dans le développement des qualités des jeunes joueurs?

Il s’agit d’un jeu brillant pour développer un ensemble de skills, mais je suis cependant fermement convaincu qu’un joueur ne devrait participer qu’à un programme de 12 mois s’il souhaite exceller à quinze. L’appréciation de l’espace ainsi que la réactivité et une bonne maîtrise face aux contacts sont les éléments clés du Sevens directement exportables vers le quinze. Beaucoup de coachs ne réalisent pas la valeur de cette discipline, mais ils sont à mon avis trop étroits d’esprit. Il suffit de regarder le nombre de joueur qui ont débuté dans un programme Sevens et qui ont poursuivi leur carrière en étant des joueurs importants dans le format long du jeu.

La majorité de vos joueurs non-internationaux jouent pour des clubs participant au Shute Shield quand la saison de Super Rugby est terminée. Préféreriez vous qu’ils jouent pour un club de la Perth Premier Grade pour élever le niveau de cette compétition?

C’est un sujet que je suis actuellement en train de traiter. Les joueurs sont toujours historiquement retournés sur la côte est dès la fin de la saison du Super Rugby. Je dois trouver l’équilibre entre ce qui est le plus profitable pour Perth et sa communauté et ce qui est le mieux pour le joueur. Tout au long de la compétition du Super Rugby, les joueurs non sélectionnés joueront dans la compétition locale.

Interview de Richard Graham, entraîneur de la Western Force

Western Force Gold

Les Melbourne Rebels sont devenus vos principaux concurrents pour recruter les meilleurs “rookies” des clubs de Sydney et Brisbane. Allons nous bientôt voir en Super 15 plus de joueurs qui, comme Kieran Longbottom, sont nés et ont été formés en Western Australia?

Je pense sincèrement que oui. Une part importante de mon travail est d’établir un lien fort entre les bras professionnels et amateurs du rugby à Perth. Nous avons un plan stratégique clair pour accompagner dans leur développement les meilleurs jeunes joueurs ici à Perth sans qu’ils aient la nécessité d’aller pratiquer ailleurs. Avec l’aide de RugbyWA (la fédération de Western Australia de Rugby), j’ai mis en place le programme Force ‘A’ comprenant 17 joueurs locaux. Dwayne Nestor qui est en charge de l’Académie et du programme ‘Junior Gold’ a réalisé un travail merveilleux pour améliorer les qualités de nos juniors régionaux. Cela prendra du temps mais cependant, à court terme, je crois que vous allez voir plus de natifs de Perth jouer en Super Rugby.

Comment évolue la popularité du rugby à Perth face au football australien et au soccer?

Nous avons nos défis mais cependant le rugby est très suivi en Western Australia. Le déménagement vers un stade rectangulaire (*) (nib Stadium, nom commercial du Perth Oval) a rapproché les fans du terrain et le retour que la Force a reçu est extrêmement positif. Bien que l’AFL soit le sport dominant dans l’état, nous nous sommes différenciés afin d’être plus attrayant pour les supporters, les entreprises et les sponsors. Notre organisation travaille dur afin d’attirer les fans, la communauté et les sponsors et pour les garder activement concernés.

*La Western Force évoluait précédemment au Subiaco Oval, enceinte d’une capacité plus importante mais possédant un terrain aux normes AFL et Cricket. Les supporters se trouvaient donc trop loin de l’action pour pouvoir apprécier le spectacle. Désormais installés dans un Perth Oval dont le terrain rectangulaire est semblable à ce que nous connaissons en Europe, les fans se retrouvent désormais plus près du jeu.

De nombreuses nations rugbystiques pensent que le rugby Australien a des difficultés à bâtir des mêlées solides. Avez-vous reçu des directives de la fédération Australienne (ARU) pour améliorer cet aspect du jeu?

Aucune! Nous ne pouvons pas faire l’autruche et réfuter que nous avons eu des problèmes par le passé cependant une nouvelle vague de jeunes premières ligne sont apparus récemment. Plus ils sont confrontés au rugby de haut niveau, plus ils deviendront bons. Je crois également que plus les jeunes joueurs s’entrainent avec des premières lignes expérimentés, plus il accélèreront leur développement.

Interview de Richard Graham, entraîneur de la Western Force

Dane Haylett-Petty, ex joueur de la Force désormais à Biarritz

Depuis plusieurs années, le Top 14 tente d’attirer les joueurs Australiens talentueux. Quelle est votre opinion au sujet de cette tendance? La Western Force a t’elle mis au point une stratégie pour stopper cette émigration vers l’Europe ou le Japon?

J’ai passé 7 ans en Angleterre et apprécié mes passages à Bath et aux Saracens. Je peux donc comprendre l’attraction que les joueurs ont à s’essayer au rugby Européen. Il est parfois difficile de rivaliser avec les sommes offertes mais si vous avez mis en place un programme de rugby très fort et ambitieux, vous pouvez conserver un joueur un peu plus longtemps.

L’Australie va t’elle gagner sa troisième Coupe du Monde cette année?

Je crois que l’Australie sera en position de force pour être compétitive à la toute fin du tournoi. Robbie Deans a pris la décision il y a trois ans de changer son groupe de joueurs et il en perçoit désormais les dividendes. Il aura besoin de conserver ses meilleurs joueurs en pleine forme.

Effectif de la Western Force


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