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Lynchage de Noisy-le-Sec : Le débat s'invite sur La Chaine Parlementaire avec Eric Raoult (UMP) et Gilles Garnier (PC)

Publié le 12 avril 2011 par Jenbproductions

La matinale sur LCP : L'essentiel en direct
Elle peut sembler fastidieuse par son aspect quelque peu institutionnel du média, mais a pourtant le mérite de contribuer aux débats de nos personnalités politiques dans un cadre quelque peu moins formel que les institutions qu'elles représentent. Plus accessible, pédagogique, et ouverte aux femmes et hommes qui représentent nos territoires : Villes, Intercommunalités, Départements, Régions)
La Chaine Parlementaire (LCP), dans sa chronique matinale, présentée en direct par Patrick Chêne, évoque chaque jour de la semaine une vision de l'actualité sur un mode décalé, moins formaté, pour rappeler les faits marquants du moment pendant votre petit déjeuner. Les rubriques sont fluides, concises pour aller à l'essentiel.
Lors de cette émission, un temps d'échange (une bonne dizaine de minutes) est proposé à deux invités sur un thème majeur de l'actualité récente. Particularité, après avoir lancé le débat par une seule question, Patrick Chêne quitte le studio pour laisser entière liberté aux débatteurs.
Deux invités de la Seine-Saint-Denis
Vendredi 8 avril 2011, étaient invités (par ordre alphabétique) :
Gilles Garnier(PC): Communiste de longue date (voir son parcours en vidéopar André Lajoinie,en cliqnant ici), Il estConseiller Général Déléguéet Président de groupe au Conseil Généralde Seine-Saint-Denis. Il estConseiller Général(réélu en 2008)du Canton de Noisy-le-Secqui est à la fois ville et canton. Il est Conseiller municipal (groupe d'opposition suite aux élections partielles de 2010) de Noisy-le-Sec.
Eric Raoult(UMP): Adjoint (1983) puisMaire(depuis 1995)du Raincy. Il est égalementDéputé de Seine-saint-Denis, reconnu pour être l'aile droite de son parti. Il est égalementancien ministrede 1995 à 1997 dans les domaines de la lutte contre l'exclusion, l'intégration, et aménagement du territoire.
Avant de s'effacer, Patrick Chêne lance le débat : Le diagnostic
«(...)  Est-ce qu'à votre avis la situation est stabilisée ? Est qu'on contraire çà s'aggrave ? Votre diagnostic à l'un et à l'autre et après voir les mesures qu'on peut prendre ..»
Eric Raoult: Rejoignant la position prise par Laurent Rivoire (NC) à travers nos pages, le Député précise : «(...) ce ne pas un faits-divers qui concerne Noisy-le-Sec, c'est en fait le souterrain qui concerne Noisy-le-Sec, en dessous de la gare, (...) mais ce qui est grave c'est un peu la banalisation de la violence (...) et c'est çà qui mérite d'être soulevé (...) Il faut qu'on arrête de territorialiser (...) il faut aussi que l'on rappelle que la violence cela peut faire mal, que en l'occurence les émeutes urbaines, c'était certes un mouvement social, mais en l'occurrence c'étaient quand même des violences  contre les policiers, Donc moi je ne montre pas du doigt Noisy-le-Sec, je ne montre pas du doigt le département, mais je dis au moins qu'il faut une union sacrée contre la violence parce que le petit Haroun, il aurait pu mourir»
Gilles Garnier(photo ci-dessous) : «S'il y a des points sur le constat sur lesquels on peut être d'accord (...) c'est vrai que ce sont des choses qui ont déjà existées (...) mais aussi parce que le seuil de tolérence à changé. Dans le même temps, ce qui est grave, il y a une incapacité de réfléchir, c'est à dire qu'on se dise on est face à un fait divers dramatique, mais quelles solutions il faut qu'on préconise ? Là dessus, il peut y avoir divergence entre vous et moi. Mais je pense aussi qu'il y a un phénomène qui se superpose, c'est à dire cette concurrence effrênnée, y compris au sein des mômes, c'est à dire quand il n'y a plus de concurrence belle et juste, en se disant je vais réussir le concours, je vais passer à l'école,  et qu'on est en concurrence uniquement avec les poings et les pieds, je trouve que là cà devient dramatique. Cette société qui éxacerbe l'individualisme, qui éxacerbe la compétition amène aussi à cela. (...) Il faut aussi faire très attention à laisser le temps à chacun : Le temps à la police, le temps à la justice, le temps à la presse. Il faut que nous-mêmes (...) on prenne l'ensemble des éléments avant de tirer les conclusions, pare que bien souvent il y a des conclusions un peu hâtives (...). J'ai de nouveau en charge l'Observatoire contre les violences faites aux femmes (...) Pour moi il aussi ne jamais abandonner l'aspect éducatif (...) pour tous ceux qui risquent de passer à l'acte, leur faire prendre conscience de la responsabilité qu'ils ont, et du respect qu'on doit avoir pour une jeune fille, pour une jeune femme. Nul n'est propriété d'une femme»

Lynchage de Noisy-le-Sec : Le débat s'invite sur La Chaine Parlementaire avec Eric Raoult (UMP) et Gilles Garnier (PC)

E.R: «C'est un sentiment de propriété, c'est un regard,  c'est simplement "t'appartient à la cité" (...) Ils se font leur film a eux. Et donc je crois qu'il est important et Gilles Garnier le rappelait, qu'il y a un message éducatif. (...) Je me souviens qu'à plusieurs reprises j'ai rencontré Gilles Garnier lorsqu'il y avait des violences faites aux femmes, vous avez essayé de rassembler les élus, pour montrer que rien ne justifie çà. Et que en l'occurence, çà aurait pu très très mal se passer. (...) J'ai entendu sur une radio le père d'Harroun qui disait :" il faut les punir " .Et je crois  que c'est important, et çà, çà peut peut-être être une différence entre la droite et la gauche, il faut froncer les sourcils. Il ne faut pas justifier par le fait que il est d'une autre cité, ou que la jeune fille (...) était de la commune d'à coté... Rien ne justifie cela. Si demain la gauche arrive au pouvoir, elle peut, elle sera confrontée[NDLR : aux mêmes problèmes],tout ne va pas s'arrêter ...»

G.G.: «(...) Historiquement, on n'a jamais confié les cléfs du ministère de l'intérieur à un communiste en France (...). Le parti communiste avait proposé les CRS contre les Gardes mobiles, puisque c'étaient des gens républicains et la CGT était largement majoritaire parmi les CRS jusquau milieu des années 70. (...) La critique qui  a été faite très longtemps d'angélisme (...) Moi je pense que ce n'est pas une histoire d'angélisme mais d'équilibre dans les politiques publiques. Quant on est en charge des politiques publiques, que ce soit au plan local ou au plan national, oui on doit défendre tous les tryptiques. Il faut continuer à parler d'éducation même quand on est face à des gamins qui ont fait ce genre de chose,  parce que nul n'est irrécupérable (...) Et il faut surtout tout faire pour que la majorité des mômes ne tombent pas là dedans.»

Un micro trottoir contribue à argumenter le débat. Quelques phrases qui méritent d'être écoutées.

G.G.: « (...) Chacun d'entre-nous est partagé, et ce qu'a dit eric raoult par rapport au père me parait tout a fait justifié. (...) Un père ou une mère ne peut pas admettre que son enfant soit battu pour des causes aussi futiles. Après il est vrai qu'il y a des solutions sur lesquelles on peut diverger. Je pense par exemple que la présence humaine est indispensable (...) »Et Gilles Garnier de revenir sur ce qu'il avait déjà avancé sur nos pages quant à la fréquentation de cette gare: «Vous savez, cette gare c'est 30'000 passagers/jour. C'est une vraie ville. Et nous avons un agent de la  SNCF seulement au guichet jusqu'à 21h00. Après, il n'y a plus personne. Plus personne dans cette gare. (...) Quand il y a un recul de l'emploi public, qu'il soit policier, qu'il soit là de l'entreprise publique SNCF, je ne dis pas que c'est une solution à tout, mais cela rassure. (...) On est pas dans une gare où il y a un train toutes les heures. On est dans une gare où il y a entre 6 et 8 trains par heure. Il y a des gens qui rentrent tard, qui font des ménages à l'ouest de Paris et qui habitent en Seine-Saint-Denis,  donc il faut une présence humaine. (...) Je viens d'apprendre, et j'espère que ce drame va servir de leçon, qu'au moment de la fermeture de la gare, il y a actuellement deux agents SNCF et un maître-chien d'une société de sécurité.La SNCF voulait supprimer ces deux agents de présence. Je pense que ce n'est pas une réponse. Cà ne veut pas dire qu'il n'y a que cela, mais la réponse de la présence humaine rassure.»

 E.R. (Photo ci-dessous) : «Il y a un véritable problème sur Noisy-le-Sec, les autres gares sur Bondy, sur Le Raincy, sur Gagny, on la même difficulté dans la mesure où se sont souvent des gares intercommunales, et les chiffres présentés par Gilles Garnier sont tout a fait justes. Mais je crois quand même que l'on peut, avec la vidéo surveillance, çà a été utile dans ce cas là, çà a permis, tout de suite (...)  de trouver ceux qui étaient vraisemblablement responsables. (...) Il y a déjà eu un certain nombre d'améliorations mises en place avec la police des transports, on peut mettre, alors cela va peut-être faire sourire, mais çà modifie le climat à l'intérieur d'un souterrain, d'une gare, de la musique (...)  Tout n'est pas simplement qu'en terme d'agents de la SNCF. Il faut aussi qu'on voit les horaires de présence de la police municipale et de la police nationale»

  

Lynchage de Noisy-le-Sec : Le débat s'invite sur La Chaine Parlementaire avec Eric Raoult (UMP) et Gilles Garnier (PC)

G.G.: «La vidéosurveillance dans les lieux clos tel que celui-ci, à partir du moment où il y a quelqu'un derrière la caméra et vous avez une réaction immédiate, pourquoi-pas ? (...) La vidéosurveillance, dans l'absolu, s'il n'y a pas des gens qui peuvent agir immédiatement, çà ne sert à rien (...) Quand je parle de présence humaine (...) l'ancien Maire Jean-Louis Mons[NDLR : PC]avait aidé la police nationale a  avoir un point de contact permanent à la gare, et nous avions de policiers en permanence de l'ouverture à la fermeture. (...) Aujourd'hui, j'ai pris ce souterrain et il y avait la police ferroviaire. mais je veux pas que la police ferroviaire soit là uniquement trois semaines après ce drame, je voudrais qu'il y ait une présence policière[permanente]dans une gare qui compte 30'000 passages»

 E.R.: «(...) Il faut qu'on puisse bien décrypter ce qui s'est passé, faut qu'on apporte des solutions, il faut que sur ce problème de la violence on soit un peu comme pour les accidents de voitures : Montrer vériter, c'est à dire les gens qui saignent. Ce garçon qui aura peut-être des séquelles, (...) et d'autre part, comme le père d'Harroun l'a dit, qu'ils[NDLR : Les auteurs]soient punis. Que rien ne puissse justifier (...)»

Et vous, qu'attendez-vous ?

Pour votre sécurité dans les transports en commun, qu'attendez-vous ? Quelles solutions vous paraissent les plus urgentes et les plus efficaces ?

Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 12 avril 2011 - JENB Productions

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