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7 fins alternatives de films

Par Raoulvolfoni

7 fins alternatives de films

Ce n’est plus un secret, chaque film, bien avant sa sortie, est testé auprès d’un panel de spectateurs. Les studios utilisent cette technique de façon systématique aujourd’hui face aux investissements colossaux que représente un long métrage.

Lors de ces projections, l’ensemble des réactions du public est scruté, avec une insistance toute particulière sur la fin du film. L’école américaine du happy end est tellement ancrée dans les us et coutumes qu’il est difficile d’y déroger. Les spectateurs testeurs sont donc invités à donner leur avis via un scoring ultra complet après la séance et, dans la plupart des cas, ils interviennent sur la scène finale.

De nombreux films qui ont cartonné au Box Office ont ainsi été modifiés, souvent contre l’avis du réalisateur. C’est pourquoi on retrouve les versions Director’s Cut sur les bonus DVD et Blu-Ray. La plus décoiffante, à mon sens, est celle du film I am a Legend de Francis Lawrence en 2007 avec Will Smith. La fin alternative donne un tout autre sens au film et, pour le coup, correspond aux standards habituels du genre. Comme quoi, le public est aussi versatile au cinéma que dans la vie.

Voici donc, pour moi, les 7 plus intéressantes fins alternatives.

1 -- Blade Runner de Ridley Scott en 1982

Ce film désormais culte est celui qui, à ma connaissance, a été l’un des plus mouvementé à tourner et à terminer. Le désaccord majeur entre le réalisateur et le studio atteint son paroxysme dès les premières projections tests. Dans la version d’origine (1982) la fin proposée est sombre, peu explicite et surtout montre un Harisson Ford looser. Tout juste sorti de Star Wars et adulé, cette piètre posture est totalement rejetée par le public. Les studios remontent alors cette fin à la hâte, avec des chutes de Shining et sans l’accord de Ridley Scott pour en faire une soupe respectant les codes mais vraiment pitoyable.

Ce n’est que plus tard que le réalisateur pourra enfin montrer la vraie fin qu’il avait envisagée pour Blade Runner et répondre que OUI, Deckard est bel et bien un réplicant.

Voici 2 des multiples versions.

www.youtube.com/watch?v=4fCeH-WnJYM

www.youtube.com/watch?v=Y-9ZgB6hDW0

Et la confirmation de Ridley Scott sur le vrai statut de Deckard …

www.youtube.com/watch?v=_7o0rvVxU0w

La force de persuasion des résultats de projections tests prend ici tout son sens. Dans un cas on ne comprend rien à la fin du film et dans l’autre, pas grand chose non plus. La vraie question est : Si le film avait été le flop commercial que beaucoup lui avaient prédit, nous serions nous posés autant de questions ?

2 -- I am a Legend de Francis Lawrence en 2007

Le film a été un véritable succès commercial. Pourtant, la fin projetée est très différente de celle voulue par le réalisateur (et de celle du livre d’ailleurs). Elle va même à l’encontre du grand principe de happy end cher à nos amis américains. J’ai personnellement beaucoup aimé la fin (même si le film au global ne fait pas partie de mes préférés) car elle est dans la droite ligne de tout le scénario et me semble cohérente.

Dans celle prévue initialement, les données sont toutes autres. Le chemin emprunté donne d’ailleurs un sens très différent au film en entier et propose une fin bisounours que je ne comprends pas vraiment. Le poids des tests pré-lancement est souvent fort mais c’est la première fois que je le constate à ce point. Jugez plutôt.

www.youtube.com/watch?v=b-rJsnXsgMo

3 -- 28 jours plus tard de Danny Boyle en 2002

Souvenez-vous. A la fin notre héros chasseur de zombies se réveille dans un doux cottage avec sa copine Selena aux petits soins (il a pris une balle dans le ventre). Franchement, ça pue la fin heureuse qui dénature complètement le film. Nous passons 1h30 à suivre une Selena guerrière, sure d’elle et sans aucun état d’âme et nous la retrouvons en infirmière modèle et amoureuse. Moi je veux bien, mais les changements radicaux en l’espace de quelques minutes me déroutent toujours un peu.

La fin voulue par Danny Boyle était à mon sens bien plus cohérente. Le gars meurt et les filles reprennent la route. Le cycle recommence.

www.youtube.com/watch?v=Ch2vPwOlEX4

4 -- 2012 de Roland Emmerich en 2009

Pour une fois, les modifs faites suite aux projections tests me vont parfaitement bien. J’avais déjà trouvé la fin de 2012 ultra conventionnelle voire mielleuse … je ne savais pas encore à quoi j’avais échappé. Forcément, nous parlons ici d’une méga production donc devant respecter les méga codes du genre avec happy end obligatoire.

La version finale respecte ces codes. La version initialement prévue les faisait dégouliner de toutes parts.

www.youtube.com/watch?v=r3okAimwWp4

5 -- Terminator 2 Judgment Day de James Cameron en 1991

Incroyable scène finale qui n’était même pas dispo dans les bonus du DVD à sa sortie. Imaginez l’état de la saga si cette version avait été retenue -- il n’y aurait jamais eu de 3. Dans la version première, le film se termine, après exécution du Terminator dans la lave, par un monologue de Sarah Connor. Dans cette nouvelle fin, nous la retrouvons dans un jardin d’enfants, 30 ans plus tard, nous expliquant que le jugement dernier ne s’est jamais produit !!

Certains dans les studios ont donc vraiment la bosse des affaires. Si cette version avait été diffusée, la franchise aurait été beaucoup plus courte, nous n’aurions jamais connu le TX mais surtout, les producteurs auraient gagner nettement moins d’argent.

Producteur, c’est vraiment un métier.

www.youtube.com/watch?v=Wv5omWKXTqE

6 -- Titanic de James Cameron en 1997

On pourra dire ce qu’on voudra de Titanic mais j’ai personnellement beaucoup de respect pour un film que dépasse le milliard de $ de recettes dans le monde. Un peu sirupeux, un peu gentil … certainement mais au moins, la fin était cohérente et bien amenée.

Voici la fin alternative imaginée par Cameron et retirée du marché avant la sortie du film car jugée too much. Dans cette version, Jack est en vie. Je ne pense pas que l’une ou l’autre des versions aurait réellement modifié la donne en terme commercial mais j’avoue être plus satisfait de savoir que la moins pire des 2 a été retenue. C’est réconfortant.

www.youtube.com/watch?v=fftpQNwGzXw

7 -- Rambo de Ted Kotcheff en 1982

La fin proposée dans la version ciné du film n’a aucun rapport avec le livre dont est tiré la franchise. Normalement, Rambo meurt sous les balles de son père de substitution le colonel Trautman.

Même remarque que pour Terminator. Imaginez le manque à gagner vu les millions de $ qu’ont généré les épisodes suivants. Personnellement j’aurais trouvé plus adéquat cette fin, elle correspond à la psychologie du personnage -- mais nous sommes dans un business et lui se fout totalement du comment; ce qui l’intéresse, c’est le combien.

www.youtube.com/watch?v=cg7wy4X0Y8c

Il en existe beaucoup d’autres et c’est d’ailleurs même devenu un exercice obligatoire ne serait-ce que pour remplir la partie bonus des DVD. Ceci dit et à part quelques exceptions, ces fins alternatives n’apportent pas grand chose et tiennent souvent plus du satisfecit égocentrique que de la réelle nécessité.


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