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Quand la France a le coeur sec et la mémoire courte

Publié le 19 avril 2011 par Gédécé @lesechogaucho

Quand la France a le coeur sec et la mémoire courte

A Vintimille, le train de la dignité se heurte à un mur de 70 ans de retard… au regard de l’Histoire, qui se fait nous nos yeux.

Face aux révoltes populaires arabes, l’émotion qui fût la nôtre était imprégnée, en doses et proportions plus ou moins fortes – selon la psychologie de chacun et de sa perception personnelle du monde – de stupéfaction face à une telle succession de soulèvements que rien ne laissait prévoir vu d’ici, de crainte de l’inconnu, du souci  de voir ces peuples repris par le joug d’intégristes religieux, ou de férules militaires, voire d’engluements dans la barbarie et les bains de sang.

 Mais il a également fait naître en nous par delà la peur, l’Espoir. Ces peuples que certains parmi les plus durs d’entre nous prétendaient attardés, si peu enclins à la démocratie, et aux manières si différentes des nôtres, ne se révélaient-ils pas soudain comme un phare dans notre nuit, montrant combien le changement du cours des choses, même face aux tyrans les plus sanguinaires, était non seulement possible, mais souhaitable et réalisable avec ce si peu de moyens dont ils disposaient, contrairement à nous… qui nous retranchons si volontiers dans un fatalisme de bon aloi.

 Pourtant, qu’avons-nous fait, pauvres de nous, devant ce magnifique élan de liberté, pour ces peuples qui ont osé briser leurs chaînes ? Ne fallait-il pas là nous montrer plus dignes de leur confiance, lorsqu’ils se sont précipités, à peine la porte ouverte, pour tenter d’obtenir ce qui leur faisait si cruellement défaut, leurs moyens de subsistance quotidien ? Leur pays ne se reconstruira pas en un jour, et il me semble légitime et humain, devant une telle situation, qu’un bon père de famille aille chercher là où il se trouve le travail et la nourriture dont sa famille a besoin… quand les siens ne se trouvent justement pas là où il se rend !

 La situation de nos cousins, de nos voisins, de nos frères et soeurs, par delà leurs différences, nécessitait un grand élan de générosité, de solidarité, et nous y avons répondu par la fermeture, le repli sur soi, la politique de l’autruche, en laissant nos autres voisins, italiens ceux-là, se débrouiller seuls alors que nous étions sensés nous réunir et nous montrer cohérents dans ce genre de sujets comme dans d’autres,  au travers de l’entité à laquelle nous adhérons davantage pour sa dimension humaine et sociale que financière : l’Europe, concept auquel nous étions pourtant nombreux à croire, avant qu’on ne nous l’impose par la force de l’argent… Notre seul bien commun ?

 Ce qui faisait la force de notre pays, cet apport régulier de sang neuf, d’autres manières, d’autres pays, de l’Allemagne à l’Italie en passant par l’Espagne ou le Portugal,  et ces contrées de l’Est dont notre Président lui-même est pourtant issu, sans  oublier nos anciennes colonies tant porteuses de couleurs, allons nous laisser tout cela se recroqueviller devant quelques centaines de personnes qui pour  la plupart n’ y resteront pas, et dont il nous appartient qu’elles s’intègrent ou non ? Que pensez-vous que leurs frères d’origine géographique similaire se disent, quand ils observent la réaction du gouvernement français qui n’a d’autre solution que de fermer les frontières en bloquant un train,  se lavant ainsi les mains du sort de ceux qu’il applaudissait hier, en saluant hypocritement le courage ? Et laisse ainsi se répandre un poison qui se pare de vertus qu’il n’a pas… et entraîne les pires déchaînements de passions qu’on pensait disparues depuis les dernières guerres de religion ?

 Je suis éminemment conscient que je vais, à travers ce billet, passer de nouveau pour un bisounours, puisque c’est l’insulte à la mode, mais je préfère encore cela plutôt que de passer pour un salaud, doublé d’un profond égoïste. Ne comptez-pas sur moi pour me rendre complice par mon silence de cette indignité nationale. Et je pèse mes maux.

Ps. Peu m’ importe les objections purement techniques qu’on m’oposera : elles ne sont rien que du vent à mes yeux. L’immigration en France,  dont on tente de faire un enjeu électoral,  représente selon les estimations entre 11 % et moins de 9 % de la population (dont une majorité provenant de l’Union Européenne), contre près de 20 % pour les états-unis, pour seul exemple… Alors, allez vous faire voire ailleurs avec votre soi-disant rationalité à géométrie si variable en fonction de vos seuls mesquins intérêts… Mon pays à moi, il est bien plus généreux !


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