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Les Français aiment l'avion

Publié le 19 avril 2011 par Toulouseweb
Les Français aiment l’avionContre toute attente, le transport aérien bénéficie d’une image favorable.
Nous sommes 69% ŕ avoir peur en avion, 38% ŕ émettre des doutes sur le niveau de sécurité des compagnies low cost, 53% ŕ accepter de payer une prime tarifaire pour aider ŕ financer des programmes environnementaux. Ce sont lŕ quelques-uns des enseignements tirés d’une enquęte d’opinion réalisée pour le compte de la DGAC. Si nous sommes abreuvés de sondages au point de subir une sérieuse érosion de notre curiosité, voici l’exception qui confirme la rčgle et mérite le détour.
Disons-le d’entrée, l’image du transport aérien, telle que perçue par les Français, est largement positive. Un constat intéressant dans la mesure oů il a été établi dans les mois qui ont suivi une éruption volcanique entrée dans les annales de l’aviation civile, de non moins remarquables épisodes neigeux et, thčme qu’ignore prudemment la DGAC, des mouvements sociaux répétés et pour le moins gęnants.
En un mot comme en cent, le transport aérien est entré dans les mœurs, il fait solidement partie de notre vie quotidienne, nous en connaissons les rouages, nous avons une réponse ŕ toutes les questions susceptibles de nous venir ŕ l’esprit. Les commentaires sont souvent ceux que l’on attendait, d’autres étonnent.
Ainsi, 69% des passagers aériens n’hésitent pas ŕ avouer qu’il leur arrive d’avoir peur en avion, 75% craignent un accident mais ils sont quand męme 95% ŕ juger le transport aérien Ťplutôt sűrť ou Ťtout ŕ fait sűrť. Mieux, 61% des personnes interrogées jugent les risques inférieurs ŕ ce qu’ils étaient il y a 10 ans. L’AF447 et l’accident des Comores n’ont visiblement pas traumatisé durablement les voyageurs, capables de mettre ces coups durs dans un juste contexte.
En revanche, 38% des sondés estiment que le niveau de sécurité des compagnies low cost est inférieur ŕ celui des transporteurs traditionnels. Dans les années précédentes, ils étaient de 48 ŕ 56% ŕ le penser, un bel exemple d’idée reçue dépourvue de tout fondement. En effet, les statistiques le prouvent éloquemment, le bilan de Ryanair, EasyJet et de leurs émules est, en cette matičre, au-dessus de tout soupçon. Mais un lien négatif s’établirait, dans le subconscient, entre petits prix et respects des normes de sécurité.
De maničre plus générale, l’évocation des compagnies low cost suscite quand męme 69% d’opinions positives, bien entendu liées aux grilles tarifaires, tandis que 16% des sondés émettent des critiques sur la qualité du service. La contradiction est évidente. De toute maničre, la recherche du tarif le plus bas constitue la priorité de 44% des voyageurs, un niveau que l’on aurait d’ailleurs pu croire plus important.
La protection de l’environnement est par ailleurs trčs présente dans les esprits. Cela ŕ un point tel que 53% des passagers se disent pręts ŕ payer un tarif plus élevé (en moyenne de 15 euros environ) pour participer au financement d’un projet environnemental. Mais cette attitude ne repose pas pour autant sur une logique évidente, remarque justifiée par l’appréciation faite de l’exemple proposé, un billet Paris-Marseille et retour ŕ 180 euros. Contribuer pour 15 euros ŕ un projet écologique constitue un geste sympathique mais, en face, il faudrait préciser que TGV et idTGV offrent des prix moindres et un temps porte ŕ porte tout ŕ fait concurrentiel (un peu plus de 3 heures de Marseille/Saint-Charles ŕ Paris/ Gare de Lyon. Ce faisant, on allait évidemment au-delŕ d’un simple sondage appelant par définition des réponses binaires.
Cela étant dit, le sondage de la DGAC indique que 76% des voyageurs estiment que le transport aérien est source de nuisances mais 26% en tiennent comptent s’ils ont le choix entre l’avion et le rail. Précédemment, ils étaient de 43 ou 44% ŕ faire état d’une sensibilité écologique, une évolution surprenante et qui ne va pas nécessairement dans le sens de l’histoire. Comprenne qui pourra.
On constate aussi que la maturité des voyageurs aériens est bien devenue une solide réalité. Ils comprennent et acceptent la réalité des contrôles de sűreté, s’estiment bien informés en matičre de droits des passagers et sont nettement moins nombreux que dans le passé ŕ modifier leurs projets de déplacements en raison du climat économique actuellement peu porteur, pour dire gentiment les choses.
La conclusion saute aux yeux, ŕ savoir que le transport aérien s’est bel et bien banalisé. C’est l’occasion de rappeler que les dimensions de la France sont telles que le réseau intérieur s’est développé trčs tôt (merci Air Inter !), dans de bonnes conditions. Les Français prennent l’avion, ils aiment l’avion.
Pierre Sparaco - AeroMorning

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