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Quand Le Monde donne des conseils de comm' à l'Elysée

Publié le 04 février 2008 par Omelette Seizeoeufs

Notre grand quotidien de référence véspérale -- c'est-à-dire, je suppose, celui qu'on lit avant d'aller aux vêpres -- a commencé à faire de la critique de la comm' sarkozyste, non pour démasquer quelque chose ou pour en souligner les contradictions, mais pour lui donner quelques consignes pour être plus efficace. Ainsi, Sarkozy et les siens auraient oublié de faire tout un plat d'une baisse du chômage (baisse du chiffre en tout cas, mais l'important est toujours de faire du chiffre, alors). Cela lui aurait évité de voir sa popularité chuter à cause du pouvoir d'achat.

En affirmant vouloir être "le président du pouvoir d'achat", le chef de l'Etat a créé durant la campagne présidentielle et depuis son élection une attente qu'il ne peut satisfaire. Résultat : il déçoit les Français. 41 % seulement lui font désormais confiance pour résoudre les problèmes qui se posent en France, selon la Sofres.

Pourtant, il est un autre chiffre dont le gouvernement pourrait se prévaloir : la baisse du chômage. Malgré un mois de décembre médiocre, l'année 2007 a été un bon millésime pour l'emploi.

Et voici le moment venu pour l'éditorialiste d'oser donner des leçons de propagande au Maître:

Le gouvernement serait d'autant mieux inspiré de mettre en avant ces bons chiffres qu'ils pourraient ne pas durer. Du fait de la dégradation de la conjoncture économique, le chômage devrait encore baisser en 2008, mais sans doute dans des proportions moindres.

On dirait Arlette Chabot pendant l'un des entretiens avec le Très Grand Homme (TGH). Sarkozy commence à s'embrouiller avec les marges arrières, elle lui coupe la parole pour remettre en marche la machine à comm':

LE PRESIDENT - ... Qu'ils obtiennent des fournisseurs. Personne n'y comprend rien, c'est extrêmement compliqué. Les grandes surfaces discutent...

ARLETTE CHABOT - Les prix vont baisser, en clair !

En effet, c'est la responsabilité des médias de renforcer le message du pouvoir quand celui-ci n'arrive plus, tout seul, à le rendre suffisamment clair.

La seule chose véritablement intéressante dans l'édito, c'est l'observation, déjà faite par ailleurs bien entendu, que le pouvoir d'achat a remplacé le chômage comme préoccupation politique principale des "Français".

En juin 2007, le chômage était la principale préoccupation de 47 % des Français, loin devant la hausse des prix (15 %). Depuis novembre, les deux courbes se sont croisées : 34 % des Français placent aujourd'hui l'inflation en tête de leurs soucis, devant la lutte contre le chômage (28 %).

Ce que l'édito ne nous rappelle pas, c'est qu'il est tout à fait normal que Sarkozy ait cherché à réduire l'importance, dans les yeux du public, du taux de chômage, car, à l'époque où il cherchait seulement à s'imposer en tant que candidat à l'UMP, le chômage baissait légèrement, à la plus grande gloire de Dominique de Villepin.

Le virage vers le pouvoir d'achat n'était pas seulement une bonne innovation stratégique, pour se distancer vis-à-vis de la droite chiraquienne, il convient parfaitement aux valeurs sarkozyënnes : on s'en fout des losers qui ne travaillent même pas, je veux plus de pouvoir d'achat moi-même. Et en oubliant qu'en général, seule la baisse du chômage peut contribuer à revaloriser les salaires. Dans une économie de marché.


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