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Carole Bouquet, si tu me lis…

Par Ladecool

Je suis en train de lire un livre de Bertrand de Saint-Vincent, « Le tout Paris ». Ce monsieur est le chroniqueur mondain du Figaro. Inutile de vous dire que je bois du petit lait à l’évocation de ces grands mondains dont l’humanité n’est pas la première des qualités. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est Gbagbo contre Ouatara, les « qui ont de la branche » contre « les gens du spectacle ». Non, dans le beau monde, on y est met plus de componction, de faux-cuserie, de perfidies balancées entre deux coupes de Roederer. La méchanceté se doit d’être chic. Et j’avoue qu’elle n’en prend que plus de saveur et d’onctuosité. Mais en rédigeant ce billet, je veux surtout parler d’une petite phrase qui a retenu mon attention (et pas que la mienne d’ailleurs, elle a été reprise dans pas mal de journaux). Bertrand de saint-Vincent nous sort, sans avoir l‘air d’y toucher, une petite phrase sur Carole Bouquet : « Elle est de ces êtres qui sont capables de s'indigner avec flamme du sort des sans-abri tout en observant d'un oeil hautain le maître d'hôtel qui jette une bûche dans le feu." Mon Dieu que c’est bon ça. Rassurez-vous, je me doutais bien que toutes les stars qui parlent avec des trémolos dans la voix de la dure vie des sans papiers, s’y intéressent à peu près autant que moi au point de croix. Et je les soupçonne parfois de les défendre pour être bien certains d’avoir leur repas servi correctement au Costes, grand consommateur de sans-papiers devant l’éternel. Donc, je ne suis pas naïve. Le pire étant la star qui raconte sur tous les plateaux télé qu’elle ne souhaite pas parler de ses actions humanitaires, qu’elle tient à la plus grande discrétion, qu’elle ne veut pas en profiter pour se mettre en avant et se faire de la promo gratos. Le tout dit avec un air de sainteté dans le regard, et l’auréole prête à s’allumer. Au jeu du « je ne dis pas mais je dis quand même mais sans vraiment dire », certains sont très forts. Tiens, salut Patrick Sébastien ! Coucou Emmanuelle Béart !

Et vas-y que ça nous culpabilise tout ça. Putain, j’ai pas invité de roms à bouffer aujourd’hui. J’ai pas envoyé mon chèque pour sponsoriser un petit écolier somalien. Attention, je ne suis pas en train de me moquer ! A l’heure du politiquement correct, une phrase de trop et on passe en mode zemmourisation. Donc, que les choses soient claires, l’humanitaire il en faut. Et la guerre il en faut pas. Mais que Madame Carole Bouquet vienne nous donner des leçons de bon cœur, on rigole. Et surtout elle correspond tellement à un stéréotype qui me gonfle. Bouffie de bons sentiments d’un côté, ou plutôt face caméra, et le regard hautain pour le petit personnel de l’autre. Contrairement à ce que pense Carole Bouquet, la solidarité ne commence pas en bas de chez soi en glissant un peu de pognon à un SDF au cas où Voici shooterait. Non, ça commence bien avant, avec la personne qui lui lave ses petites culottes et qui lui cuisine ses petits plats. Oui, le fameux petit personnel. Mais je crois qu’elle a même oublié leur existence. Je la trouvais plutôt classe Carole Bouquet, elle a du faire l’impasse sur quelques règles élémentaires.


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