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Gaz et pétrole de schiste: faut il le faire et si oui comment

Publié le 22 avril 2011 par Dornbusch

J’avoue que l’emballement anti « pétrole et gaz de schistes » (dans la suite de ce papier j’utiliserai ces expressions simplifiées, on n’est pas ici pour parler technique) observé depuis quelques mois et plus encore depuis quelques semaines, dans le Sud Ouest mais aussi chez nos voisins de Seine et Marne m’a laissé un peu perplexe.

gaz de schistes

Que les habituels « opposants à tout » en fassent partie, soit. Que le Parti Socialiste traditionnellement clivé entre productivistes et environnementalistes décroissants hésite (plus pour longtemps j’espère), soit. Mais que les deux « purs partis productivistes français », les « faux jumeaux de la politique française », le PC et l’UMP aient pu rejoindre ce chœur, m’a laissé perplexe.

En effet depuis le début ce qui m’ennuie dans cette emballement est son refus de toute prise en compte de la dimension économique des problèmes. Je suis d’une génération qui a vu le pétrole passer de 1 à 100$ le baril au cours de « chocs pétroliers » si nombreux maintenant qu’on ne peut les dénombrer, qui a vu les ravages que cette croissance du prix du pétrole a produit sur nos économies et en sens inverse l’incroyable enrichissement de pays « chanceux » dont le sous sol était gorgé de barils, au Moyen Orient pour la plupart mais aussi en Norvège (plus riche pays d’Europe, de loin) ou même, plus proche de nous, comment le pétrole a sauvé l’économie britannique de la faillite dans les années 70-80 (bien plus que les remèdes libéraux de Thatcher).

Donc je sais une chose, avoir des idées c’est bien mais avoir du pétrole c’est encore mieux.

A partir de là j’ai essayé de comprendre quelle était « cette richesse potentielle » cachée sous nos sols pour essayer de comprendre si l’enjeu « en vaut la chandelle ». Beaucoup d’estimations circulent, on parle parfois de 100 milliards de barils de « pétrole de schiste » dans la bassin parisien, mais le tout récent rapport du corps des Mines, parle de 6 milliards de barils de pétrole et de 500 Milliards de M3 de gaz. En imaginant (mais malheureusement ce n’est pas vraiment de l’imagination) que le baril de pétrole tourne autour de 100$ dans les prochaines années et en ajoutant la valeur du gaz (qui elle diminue) on arrive a des chiffres compris entre 700 et 800 milliards de $. On arriverait à 1000 milliards au final que je ne serais pas surpris.

Un montant pareil au regard des difficultés actuelles de l’économie et de la société française laisse forcément réfléchir. C’est 70% du montant de cette dette qui nous écrase, c’est une demi année de PIB, de production, de l’économie française.

Je ne suis pas convaincu qu’avec 4 millions de chômeurs, 15% des salariés payés au SMIC, 1000 milliards de dette publique qui écrase l’Etat et les services publics on puisse balayer d’un revers de main une telle somme. J’entend les risques environnementaux, les risques de pollution, les paysages qui peuvent souffrir mais il faut qu’on pèse bien les 2 cotés de la balance.

Donc je pense qu’il faut réfléchir et permettre à chacun de bien mesurer les enjeux. Si on doit faire un « référendum sur l’Energie » (et meme sur l’avenir du pays) voila un sujet qui me paraitrait plus crédible que savoir s’il faut fermer les centrales nucléaires (j’en ai suffisamment parlé ces derniers jours).

Il faut tout d’abord être en mesure de confirmer ces chiffres, laisser les études se réaliser sans hystérie et en toute transparence

Si on devait décider d’y aller (après décision démocratique, référendaire ou autre) je poserai 2 conditions;

  • créer une compagnie pétrolière nationale, une »National Oil Company », une NOC, comme en ont créé la quasi totalité des pays en développements ou la Statoil de la Norvège, qui serait propriétaire de ces richesses, se ferait aider autant que mesure par des entreprises spécialisées pour apprendre a extraire ce gaz et pétrole, mais dont les revenus et bénéfices iraient à l’Etat et à tous les français et pas dans les caisses des majors pétrolières. Je rappelle que c’est ainsi que tous les bénéfices du pétrole norvégien vont dans un fonds publics qui paye entre autre les recettes. Ce pétrole appartient à tous il est hors de question de privatiser ses bénéfices.
  • bien évidemment prendre toutes les précautions environnementales, ne pas polluer l’eau et le sol. Mais j’irai plus loin. Le vrai poison du pétrole c’est le CO2 qui pollue l’atmosphère et modifie jour après jour le climat. Je proposerai donc que le CO2 de chaque M3 ou baril de pétrole extrait de notre sol et brulé soit ensuite « enfoui » par les technologies de capture et stockage de CO2 en cours de développement. Cette richesse de notre sol ne doit pas devenir un poison pour nos enfants et l’humanité.

Continuons à étudier le sujet, prenons une décision démocratique et si nous décidons d’y aller, que toutes ces richesses reviennent aux français et ne polluent pas la planète

David Dornbusch

Secrétaire de la section socialiste de Fontenay sous Bois – Blog d’actualité politique de la 6° circonscription du Val de Marne (Fontenay sous Bois, Vincennes, Saint Mandé)


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