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L’union libre ne serait-elle pas la seule voie admissible ?

Publié le 03 mai 2011 par Arsobispo

Un nouveau murmure me semble sourdre depuis quelques semaines. L’actualité a semble-t-il soufflé le feu du débat sur l’identité nationale. Qu’à cela ne tienne, un nouveau foyer commence à crépiter, celui sur le mariage ou ses succédanées, PACS, concubinage, union libre… En somme sur le couple.

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En Italie, (vous savez le pays qui se pâme dès qu’un Saint se fait égratigner et se console dans des soirées « bunga gunga »), un débat recherche à définir la famille. Il a été lancé par la société Ikéa, dont l’origine suédoise, l’a peut-être incitée à associer à son style de mobilier, la liberté de mœurs caractéristiques des pays scandinaves. Il est vrai que les frasques de l’état - et le silence radio qu’ils provoquent au sein de la société - laissaient penser que le temps était venu de passer la balayette dans les esprits béni-oui-oui transalpins. Ce qui fut fait avec : au premier abord, légèreté et grâce, et au contre coup, d’un camion Scania. Le texte était sibyllin : « nous sommes ouverts à toutes les familles », rajoutant en outre pour les obsédés des seconds degrés un appel encore plus ambigu. Bref, un pavé dans le golfe de Messine. Car, oui, l’affaire se déroule dans la douce et paisible Sicile. Confondre, avec ces homosexuels main dans la main, l’île de la Cosa Nostra aux îles dégénérés de l’archipel des Baleares, est intolérable pour les italiens. Pire, confondre, avec ce groupe de pédés, la famille et la sauterie, est un sacrilège.

Quoiqu’en ces temps troublés, on ne peut jurer de rien (voir ici), les dirigeants d’Ikea ne sont pas idiots et si le terme de famille est utilisé, ce n’est pas anodin. Pourquoi n’ont-ils pas opté pour mariés ? Tout simplement parce que le mariage repose sur des textes de lois. Alors que la famille est un terme générique inattaquable devant des tribunaux. Pourtant, ils auraient pu aller encore plus loin, en rajoutant dans la pogne de l’un des deux gays, la main d’un petit gamin, noir de surcroit. La notion de famille y aurait été encore plus explicite. Mais non, on en ait resté aux deux individus s’associant dans une toute nouvelle vie commune, avec une attitude suggérant l’étonnement face à la vastitude du monde. L’enfant viendra plus tard. Il faut d’abord passer par la case Ikea. Ce jalon initial de toute vie commune est donc bien l’union entre deux êtres que l’on désigne souvent par le terme mariage, et peu importe qu’épousailles ou noces eurent lieu. En fait, que l’on passe ou non devant le maire a son importance. L’union des gays est significative car elle inclue une totale liberté de choix. Le consentement de chacun est évident, au contraire d’un mariage qui porte toujours un soupçon ; l’arrangement répondant à un problème moral, à une considération économique, à une alliance princière, ou pire, au bon vouloir de l’homme sur la femme dans les sociétés polygames.

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Dans le Monde magazine du 30 avril, Jean Birnbaum rappelait, à mon sens à tort, « la portée émancipatrice du mariage » à l’occasion d’une réflexion, quoique très intéressante puisqu’elle me sucite cette réflexion, sur l’engouement de nos sociétés pour le mariage princier entre William et Kate. Il rappelait notamment la définition qu’en a fait Kant, « l’acte par lequel deux personnes s’accordent la propriété réciproque de leurs organes sexuels ». Il est vrai qu’elle était révolutionnaire à cette époque dans la mesure où la réciprocité renvoyait aux limbes la domination masculine sur sa compagne. Sauf qu’aujourd’hui les mœurs ont changé. Le don de son sexe à son partenaire n’est plus sacralisé par le mariage. Il est probable que Kate comme William connaissaient le sexe de l’autre bien avant le mariage puisqu’ils vivaient ensemble. Offrir la propriété - et l’usage - de son sexe inclue la notion de don alors qu’aujourd’hui il vaudrait mieux parler de prêt. L’effondrement des liens sacralisés par le mariage et l’augmentation du nombre de divorce montrent que sa pérennité est toute aléatoire. Le Prince Charles avait attendu son veuvage avant de se remarier. En sera-t-il de même pour son fils ou sa bru ?

Il est dommageable également que Birnbaum ne s’insurge pas sur une autre phrase de Kant : « Par le mariage la femme devient libre ; par lui, l’homme perd sa liberté.». C’est oublier que le mariage polygame est toujours admis dans de nombreux pays. Que la femme en se mariant perd la propriété de son corps, et souvent celle de son âme. Y compris dans certains pays ou la polygamie est interdite par la constitution.

Qui y perd d’ailleurs son propre patronyme ?


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