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Vivre en 2.0

Publié le 04 mai 2011 par Youssef Rahoui

Vivre en 2.0


Quelle est la place du 2.0 dans nos vies ? Les réseaux sociaux ont-ils seulement un impact pour les geeks, les n3rds ?
En réalité, les réseaux sociaux sont devenus une part essentielle de nos vies à tous. Célèbres ou anonymes, nos phases d'existence sont relayées, discutées, mentionnées par nous-mêmes, nos amis et les autres...

Naître

Au-delà du nombre incalculable de vidéos d'accouchement sur Youtube..., une petite Facebook est née en Egypte, le 21 février 2011.

Vivre en 2.0

Grandir

Youtube, Facebook... sont les endroits où les parents échangent avec plus ou moins de conscience des photos, des vidéos de leur enfant. Cela va du désir de montrer son enfant dans des situations tendres, cocasses ou plus proches de vidéo gag.
Une étude paneuropéenne a analysé la visibilité des enfants 9-12 ans et 13-16 ans dans les réseaux sociaux.
En France
- 25% des enfants sont sur un réseau social ;
- 38% des 9-12 ans et 82% des 13-16 ans possèdent un profil sur un réseau social ;
- 1/4 des enfants interrogés ont des profils publics, bref accessibles à tous ! Et pour 1/5ème d'entre eux avec leurs coordonnées personnelles (adresse, numéro de téléphone...)

La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique, Madame Neelie Kroes a déclaré que :
"Un nombre croissant d'enfants sont présents sur les sites de réseaux sociaux, mais bon nombre ne prennent pas les précautions nécessaires pour se protéger en ligne. Ces enfants s'exposent ainsi à des actes malveillants, et se rendent vulnérables face aux harceleurs et aux séducteurs. Toutes les sociétés de réseaux sociaux devraient donc paramétrer par défaut les profils des mineurs de façon qu'ils ne soient accessibles qu'aux personnes figurant sur leur liste approuvée, et hors d'atteinte des moteurs de recherche".

Alors que les adultes sont de plus en plus informés des risques sur les réseaux sociaux, les enfants restent encore seuls face à la gestion de leurs identité numérique. Les écoles ont commencé à sensibiliser les parents et les élèves.
Souvenez-vous de la gêne que vous éprouvez à chaque fois que votre famille exhibe vos photos d'enfants devant vos nouveaux amis. Et là ce ne sont que quelques photos jaunies, une vidéo en mauvaise définition...
Pour les nouvelles générations, lorsqu'elles auront le désir de s'intégrer socialement ou professionnellement, leurs jolis dessins de maternelle ainsi que leur première rencontre avec le pot en HD seront là à portée de clic...La fracture numérique sera entre ceux qui ont eu des parents, des adultes responsables par rapport à leur identité, et les autres.
Combien d'enfants devenus adultes souhaiteront à ce moment-là, que l'ordinateur, le smartphone ou la TV connectée n'aient jamais été inventées... ?

Se marier

Les enfants ont des difficultés à faire valoir leur droit à leur image numérique, les adultes également. Parfois, nous jouons le jeu des réseaux sociaux pour nos événements privés. Le mariage est une occasion de partager / prouver à tous son bonheur.
Ce week-end, nous avons eu l'occasion de nous rendre compte de l'importance des médias sociaux pour cet événement. Même Match a publié un article sur le mariage 2.0 anglais.
Kate et William, le mariage 2.0
Un compte twitter, Youtube, un site internet officiels.... et tous les commentaires sur facebook et sur twitter. Les résultats sont éloquents :
Vivre en 2.0

Mourir

Rien ne se perd, tout se transforme, et même sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la mort est l'occasion de partager sa tristesse ou son soulagement.
Prenons un exemple récent : La mort du député français Patrick Roy. Un groupe facebook, intitulé « RIP Monsieur Patrick Roy », a été crée. Les commentaires sous les articles annonçant la mort ne suffissent plus. Chaque événement mérite son groupe.
Source : De nombreux hommages à Patrick Roy sur les réseaux sociaux

Déjà en 2009, Rue89 se demandait ce qui arrive aux comptes facebook des morts. La solution était déjà édictée : Il faudrait prévoir d'écrire ses « dernières volontés numérique dans un coffre à la banque ou chez un notaire » parmi lesquelles « une liste de tous les comptes messagerie avec mots de passe et donner les indications sur ce qu'on voudrait qu'on en fasse ».
Avant la conscience de notre existence, notre identité numérique ne nous appartient pas ; après sa fin elle ne nous appartient plus ; et entre les deux...
Allons-nous voir se développer en parallèle des services de gestion d'identité numérique des vivants, ceux pour les décédés ? "Vous êtes mort, ne laissez pas les réseaux sociaux se moquer de vous sans rien faire, pensez à votre famille..."

L'identité numérique et sa gestion

Nous savons tous que sur internet, il est plus facile de trouver du contenu déplaisant sur les personnes que des remarques flatteuses. L'être humain aime plus moquer que partager son admiration.
La question de la durée de conservation des données postées sur les réseaux sociaux devient problématique.
Désormais, tous ceux qui croisent un être humain, entre sa naissance et sa mort (voire après), peuvent le photographier, le filmer, partager sur lui des informations dont il n'a même pas connaissance... et bien souvent sans qu'il ne puisse rien y faire.
La CNIL et la législation européenne essaient de se battre pour le respect de nos intégrités. Cela est complexe surtout par l'impossibilité pour les organes de contrôle d'aller là où est la donnée ou plus précisément faire effacer partout où la donnée a été répliquée, modifiée... La série de remontrances à Google, Facebook, Apple est loin d'être terminée.
Un autre exemple : il suffit de taper "bébé laid" sur google pour découvrir une série de commentaires peu affables. Dans 20 ans, ces enfants auront-ils le souhait de faire disparaître les données et de condamner tous ceux qui se sont moqués d'eux ? Le pourront-ils ? Est-ce aux parents de faire le ménage ? Il y aura-t-il un devoir de défense de l'identité numérique de son enfant ou un délit de maltraitance numérique ?
Avoir la possibilité d'écrire sur un mur, de poster une vidéo sans prévenir la "victime" est de plus en plus punis : Les élèves harceleurs privés de profil Facebook
Pour conclure, les réseaux sociaux sont utilisables pour le meilleur, la défense de la liberté. Gardons à l'esprit que la liberté est une jolie notion qui se marie parfaitement avec le respect de l'Autre.
A très bientôt

Véronique de Costa,
consultante marketing, bloggeuse, auteure, enseignante et fondatrice de BeDigitalBusiness


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