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AV: la fin d'un parti

Publié le 05 mai 2011 par Vonric Vonric

*Réflexion*Aujourd'hui était jour de vote au Royaume Uni. Non seulement pour élire une parti des conseils municipaux du pays (tout ne se renouvelle pas en même temps au niveau régional) mais aussi - et cette fois ci dans tout le pays - pour répondre oui ou non au choix d'un changement de mode de scrutin pour les élection générales (les députés).

J'ai déjà consacré deux billets la dessus, je n'y reviendrai donc pas:

  1. En 2006 (déjà !): Les échecs du système électoral anglais (explication du système actuel dit FPTP et du système mis à référendum dit AV - Alternative Vote ou SVT comme en Australie)
  2. En 2010: Vers un changement de mode de scrutin en Grande Bretagne ?

En tant que Français je ne peux pas voter (en théorie, car en fait c'est tellement laxiste qu'il suffit de donner un nom pour voter - pas de vérification d’identité ou d'obligation d'amener sa carte d’électeur). J'en parlais cependant à midi, notamment en soulignant les mensonges (oui, il faut appeler un chat un chat) de la campagne du NON:

  1. Avec AV c'est comme si à la course du 100m le vainqueur était le numéro 3: c'est absolument n'importe quoi, car c'est nier le fait que le candidat est choisit par des électeurs, et non concourant sur ses performances athlétiques seules.
  2. Avec AV le vote des petits candidats est compté plusieurs fois: pas du tout. Exemple si on a A=6 votes, B=4 votes, C=3 vote. Au tour 1 on garde A et B, C est éliminé. Au tour 2 on regarde le second choix des votants de C qui ont voté pour B. Donc on recompte les votes: A=6 votes, B=4votes+3(ceux de C)=7. Dire qu'on ne compte qu'1 fois les premières préférences revient à dire que B gagne avec 3 voix contre 0 pour A ce qui est faux.
  3. Avec AV, ça coutera £250 millions en plus: Sans même parler du fait que les £250m on les trouve pour aller en Irak, en Afghanistan et bombarder la Libye,  il est maintenant même reconnu par les tenant du NON que cette estimation était faite au doigt mouillé. Par ailleurs rappelons qu'un système dictatorial coute moins cher en élections ; la démocratie a un prix.
  4. Avec AV on aura tout le temps des coalitions: le système AV est plus proche d'un système avec 2 tours par exemple qu'un système proportionnel. A-t'on des coalitions gouvernementales en France ? Rarement, et si on évoque le centre et l'UMP ou les verts et le PS+PC, je n'ai pas souvenir de grandes difficultés.

Bref, et tout cela alors que je n'avais même pas vu les différents articles que j'ai découvert cet après midi sur le site du Statesman. Pas le temps de traduire, mais je compte sur vous, je mets les extraits ci dessous (je grasse les phrases clés):

Pourquoi AV ne donne pas 2 votes à certains (notez au passage la morgue de David Cameron - et la référence à l’élection française dans l'explication):

John Humphrys tied himself in knots on the Today programme this morning attempting to rebut David Cameron's claim that AV gives some people two votes. The broadcaster said: "I have a second preference as well as you or anybody else and you count them again as well, so you don't count some people's votes more than others."

This allowed a gleeful Cameron to respond: "You are wrong. If you vote for the Labour candidate and I vote for the Monster Raving Loony candidate and the Monster Raving Loony comes last, my second preference is then counted again . . . It is quite worrying if actually the lead broadcaster on the BBC doesn't understand the system. You don't understand the system you are supposed to be explaining to the public. I do think that's worrying. Back to school."

What Humphrys was rather clumsily attempting to explain is that first preferences are also counted twice. The difference is that your vote goes to the same candidate in each round. For instance, in the 2002 French presidential election, if you voted for Lionel Jospin in the first round and Jacques Chirac in the second round (to keep Jean-Marie Le Pen out), you did not get more votes than someone who voted for Chirac in both rounds. A transferred vote is not the same as a multiple vote.

It's not a complicated argument, but it's one that the Yes campaign, to its cost, has struggled to make since the campaign began.

Les tenants du NON ont inventé les chiffres du coût:

Today's Times quotes David Blunkett, the former Labour home secretary, admitting that the No campaign knowingly lied when it claimed that AV would cost the country £250m. He said:

"We are in the middle of an election campaign. People in elections use made-up figures. I have never used the £250m figure. It [AV] would undoubtedly cost more but I have used an extra £90m."

Given that the only cost of which we can be certain is the £82m spent on the referendum (as Full Fact reported in April), the figure is even more misleading than Blunkett claims.

Et au final, même si AV n'est pas votre préférence il faut tout de même voter OUI:

if AV is rejected tomorrow (and the final ICM poll puts the No campaign 36 points ahead), there is almost no chance of a future referendum on PR. If the British people won't vote for moderate change, the anti-reformists will argue, how can they be expected to vote for radical change? First-past-the-post would be not just preserved but strengthened by a No vote.

By contrast, a Yes vote tomorrow would increase the possibility of a subsequent transition to proportional representation. If the system can be changed once, it can be changed twice.

Dans quelques heures viendra le verdict des urnes, comme on dit. Indubitablement le NO l'emportera (dans les derniers sondages il est a 36 points devant, c'est dire le suspens !). Dans les élections régionales qui ont eu lieu, le parti Libéral Démocrate aura reçu une claque mémorable (et bien méritée). Ce dernier sera donc face à deux choix:

Soit pour son leader Nick Clegg, la démission et à terme le retrait de la coalition, les députés Libéraux Démocrates retrouvant leur liberté de vote. La conséquence est l'impossibilité de gouverner et la convocation de nouvelles élections générales dans les 6 mois. Les LibDems auront à expliquer que la trahison de la majorité de leur électorat l'abandon de leurs promesses de campagnes et les couleuvres avalées pendant leur participation au gouvernement avaient pour but d'amener le référendum. Ils prennent acte de leur échec et se retirent dignement. Cette dignité retrouvé leur permet de remonter (un peu) dans les sondages et de limiter la catastrophe.

Soit ils prennent acte des résultats du référendum, mais continuent au sein du gouvernement. Trahison d'une parti de leur électorat (notamment les jeunes qui avaient voter massivement pour eux car ils promettaient d'abolir les frais universitaires) et échec patent de leur tentative de réformer le système électoral, il continuent leur effondrement dans les sondages. Le parti est en crise, se scinde. Une parti des députés se rebelle ouvertement contre leur chef. Les libdems sont relégués au même rang que les Verts aux prochaines élections avec une poignée d'elus seulement.

Le premier choix est celui de la raison. Le deuxième est celui des ambitions et appétits de pouvoir. Ce sera donc la voix 2 qui sera choisie. Dans tous les cas, élections dans moins d'1 an !


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