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Tchernobyl : 25 ans après

Publié le 09 mai 2011 par Vindex @BloggActualite
Tchernobyl : 25 ans après

-Le premier sarcophage date d'il y a environ 25 ans-

Le 26 avril 1986, en Ukraine actuelle, le réacteur numéro 4 de la centrale Nucléaire de Tchernobyl explosait. Les fumées radioactives allaient ensuite contaminer la majorité de l’Europe en quelques jours. Aujourd’hui, 25 ans aprèsles conséquences se font toujours sentir.

Tchernobyl était située en URSSau nord de la République Socialiste d’Ukraine à la frontière de celle de Biélorussie à 110 km de Kiev l’actuelle capitale de l’Ukraine, Etat indépendant depuis 1991.

L'accident s'est produit lors d'un exercice qui avait pour but de prouver que l'on pouvait relancer la centrale d'elle-même à la suite d'une perte totale du réseau électrique. Je ne vais pas entrer dans les détails mais l’exercice s’étant mal déroulé, des consignes de sécurité mal voire pas respectées, entraînèrent unesurchauffe du réacteur numéro 4 et une explosion de celui-ci. Ajoutons aussi que ce réacteur comprenait des défauts de conceptions. Selon certains experts, elle fut causée par une explosion de vapeur. Pour d’autres, à une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène ayant eu le même effet. Le fait est que l’explosion a soulevé la dalle de béton protégeant le réacteur. Ce dernier n’étant pas confiné comme dans les centrales nucléaires de l’Europe de l’Ouest, la combustion du graphite (une sorte de charbon) qui entourait les bâtons d’uranium a rejeté dans l’atmosphère des poussières radioactives. En effet, l’uranium est le matériel qui sert à la réaction en chaîne entre les atomes, c'est-à-dire leur destruction. Cette dernière engendre une chaleur importante et fait chauffer l’eau qui transformée en vapeur, fait tourner unrotor comprenant deux pôles (nord et sud, un aimant en quelque sorte) autour d’une bobine de cuivre. Ainsi est produite l’électricité dans une centrale nucléaire. Le graphite sert à isoler les barres d’uranium pour éviter une surchauffe mais ce matériel est très radioactif car il absorbe les rayonnements crées par la réaction en chaîne.

La combustion du graphite a dégagé à l’extérieur de la centrale desfumées radioactives et ont contaminé l’air aux alentours dont la ville de Pripyat à 3 km de la centrale, la ville des ingénieurs et de leur famille. Les habitants n’ont alors étépas informés du danger qu’ils encouraient et ont vécu une journée habituelle. Par exemple, 900 élèves âgés de 10 à 17 ans participèrent à un « marathon de la paix » qui faisait le tour de la centrale. Un film argentique amateur d'époque montre de manière très flagrante que la ville est déjà contaminée gravement : la radioactivité y a formé de nombreux flashs blancs au rythme de plusieurs par seconde. L’évacuation n’est décidée que 30 heures après le début de l’incendie. Au début du mois de mai, les 115 000 personnes habitant dans un rayon de 30 km autour du site sont aussi évacuées. Au total, environ 250 000 personnes quittèrent leurs foyers.

La bataille de Tchernobyl va ensuite durer 7 mois et mobiliser 600 000 personnes, dont des soldats et des mineurs : les célèbres liquidateurs.Les soviétiques firent preuve pour la première fois d’une bonne communication aux autres Etats. Même s’ils n’informent le monde de l’incident seulement le 29 avril alors que les satellites américains avaient déjà saisis les premières images de la centrale. Cette transparence s’explique par la gravité de la situation et la politique du dirigeant de l’époque MikhaïlGorbatchev, au pouvoir depuis un an,la Glasnost (transparence).

Les conséquences de cet accident furent terribles. L’armée a mobilisé des soldats de réserve et des pilotes chevronnés pour larguer du plomb dans le réacteur afin de le combler et de stopper l’incendie. Certains pilotes sont morts quelques jours après à l’hôpital central de Moscou. Il faut aussi parler de ceux qui sont allés sur le toit de la centrale pour y enlever les débris radioactifs de l’explosion. Sur ces 600 000 personnes, 60 000 sont morts et 165 000 sont handicapées selon un rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Les chiffres sont assez contradictoires.

L’Europe entière est touchée. Selon l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), plus de 10 000 personnes sont atteintes d'un cancer de la thyroïde et 50 000 cas supplémentaires sont attendus à l'avenir. En Europe, 10 000 malformations sur des nouveau-nés en raison de Tchernobyl et 5 000 décès chez les nourrissons. Le nuage radioactif ayant recouvert le contient en quelques jours. Rappelons que du fait de la forte proportion du nucléaire dans la production électrique, le gouvernement a d’abord, contrairement à tous ses voisins,nié le passage du nuage sur le territoire. Les zones touchées par le nuage sont réparties dans toute l’Europe en mosaïque selon les précipitations qui ont fixé les éléments radioactifs dans le sol. Ainsi certains quartiers de Berlin furent durement touchés tandis que d’autres n’ont quasiment pas été pollués et ceci à quelques centaines de mètres l’un de l’autre.

Environ 160 000 km² de terres sont contaminées au nord de Kiev et aussi au Sud de la Biélorussie où d’ailleurs la population est retournée vivre sur ces terres contaminées.

Décision fut prise dans les semaines suivant la catastrophe de construire une enceinte pour isoler le réacteur.

Elle a été construite pour 30 ans et donne aujourd’hui des signes de fatigue. Il faut encore 750 millions d’euros pour financer la construction d’un nouveau sarcophage dont la construction (par Bouygues) doit être finie en 2015, si l’argent arrive. Pour sa part, le directeur de Greenpeace France, Pascal Husting, chiffre le coût total de Tchernobyl à 1 000 milliards.

Elle a couté 15 milliards de roubles à l’URSS la première année (1 rouble à l’époque valait 1 dollars). Le pays ne s’en remis jamais. La politique de Perestroïka de Gorbatchev visant à moderniser le pays, ne pu jamais obtenir assez de financement et cela fut une cause de la chute de l’URSS le 25 décembre 1991.

Sources :

* Thomas Johnson, La bataille de Tchernobyl, documentaire français (100 min.), Production Play Film, 2005.

* Wikipédia

Florian Thomas


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