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Comment et pourquoi l'humanité peut et doit faire plus avec moins

Publié le 17 mai 2011 par Bioaddict @bioaddict
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Le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement lance une mise en garde sur le fait que, si rien n'est fait pour "découpler" le taux de croissance économique du taux de consommation des ressources naturelles, le volume de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse consommés chaque année par l'humanité pourrait atteindre, d'après les estimations, 140 milliards de tonnes (soit trois fois les niveaux actuels) d'ici 2050. Le PNUE appelle ainsi à réduire le taux de consommation des ressources et explique comment et pourquoi l'humanité peut et doit faire plus avec moins...avant qu'il ne soit trop tard.

Dans les pays développés, la consommation de ces quatre ressources clés (minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse) s'élève en moyenne à 16 tonnes par habitant (et dépasse parfois les 40 tonnes). À titre de comparaison, un Indien consomme en moyenne aujourd'hui quatre tonnes par an.

D'après ce rapport, rédigé par le Panel international des ressources du PNUE, l'éventualité d'une hausse significative des niveaux de consommation, sous l'effet conjugué de la croissance démographique et économique, notamment dans les pays en développement, " va sans doute bien au-delà des niveaux supportables ".

Les gisements bon marché et de bonne qualité de certaines ressources essentielles telles que le pétrole, le cuivre et l'or, commencent déjà à s'épuiser, avec pour conséquence, une hausse des volumes de combustibles et d'eau douce nécessaires à leur extraction.

Faire en sorte que le taux de productivité des ressources (" faire plus avec moins ") dépasse celui de la croissance économique est le principe fondamental de la notion de " découplage ", souligne le panel. Cet objectif implique néanmoins de repenser d'urgence les liens entre l'utilisation des ressources et la prospérité économique et de soutenir les innovations technologiques, économiques et sociales par des investissements massifs, pour parvenir au moins au gel de la consommation par habitant dans les pays riches, tout en aidant les pays en développement à adopter un mode de croissance plus durable.

Le phénomène d'urbanisation peut constituer selon les experts un atout à ce titre, dans la mesure où les villes permettent des économies d'échelle et une fourniture de services plus efficace. La consommation par habitant dans les zones densément peuplées est inférieure à celle des régions faiblement peuplées du fait des économies réalisées aux niveaux de la distribution d'eau, du logement, de la gestion des déchets et du recyclage, de la consommation d'énergie et des transports, indiquent ainsi les experts.

" Le découplage est une solution gagnante sur tous les tableaux : économique, social et environnemental, " estime ainsi Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE.

" Les gens croient que les nuisances écologiques sont le prix à payer pour les bienfaits économiques. Nous ne pouvons pas et n'avons pas à continuer à nous comporter comme si ce compromis était inévitable, " ajoute-t-il. " Le découplage s'inscrit dans une transition vers une économie verte fondée sur de faibles émissions de carbone et une utilisation efficace des ressources, afin de stimuler la croissance, créer des emplois décents et éradiquer la pauvreté pour que l'empreinte écologique de l'humanité ne dépasse pas les limites de la planète. "


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