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La normalité exceptionnelle : Une fiction anticosmétique de François Hollande

Publié le 24 mai 2011 par Vogelsong @Vogelsong

Il y a une énorme vague qui veut de l’épicé, du vrai tempérament et des vraies idées. Ceux qui sont déçus par moi ne le sont pas parce que j’en fais trop, mais parce que je n’en fais pas assez.” N. Sarkozy, sur le blog d’A. Leparmentier

La normalité exceptionnelle : Une fiction anticosmétique de François Hollande
F. Hollande traine sa bonhommie sur tous les plateaux. Exceptionnellement normal comme il veut apparaître. Un archétype périmé du marketing politique, le segment “monsieur tout le monde” qui fait plutôt penser à un “lucky loser”. À mille lieux des success-stories, dont l’étalon s’incarne dans l’homme providentiel, avec un talent politique proportionnel au charisme médiatique et à l’ambition personnelle. Une allure modeste à première vue, en rupture avec la formule gagnante habituelle. Mais plutôt bien pensée compte tenu du personnage et des circonstances.

F. Hollande rentre presque naturellement dans le personnage/candidat anticosmétique qui se présentera aux primaires socialistes, avant de concourir face à N. Sarkozy, pour la fonction suprême.

Il est banal, F. Hollande, physiquement, dans ses gestes, ses manières, son phrasé. Une antithèse de l’homme autosatisfait, néo-monarque incandescent façon énergie histrionique. Avec le maire de Tulle, on a plutôt à faire au Français moyen, ordinaire, en tout cas à une de ses digressions. Le crâne dégarni, ses 20 kg perdus, il est le péquin qui se débat dans les affres d’un physique toujours fuyant, celui qui renvoie à soi même, dans son miroir des matins blêmes, avec en mémoire les canons du monde des médias. F. Hollande c’est l’amplitude cosmétique de la banalité, des soirées fantasmatiques télévisuelles face à l’univers des parkings glauques de supermarchés et des mornes open-spaces.

C’est aussi le péquenaud moyen lourdé par sa meuf. Une meuf en plein mythe de jouvence. Car S. Royal rajeunit, ses passages médias défient l’entendement et le cours du temps. Une trajectoire différentielle ahurissante. Elle, s’épanouissant, retrouvant une liberté dans l’air du temps. La féminité moderne accomplie. Ce faisant, elle amplifie les deux images dans une résonance médiatique singulière.

Lui, se bagarre contre les aléas, tel le bougre lâché par la belle, qui tente de se recréer une vie sociale, professionnelle et charnelle. Son visage aujourd’hui émacié en témoigne, il a trimé dur et en a bavé. Une pugnacité à faire frémir une femme banale, ordinaire. Une Française…

F. Hollande c’est le type qui possédait une Fuego en 1987, comme seul capital symbolique de ces années fric. Le prototype du gars sympa qui buvait des coups au troquet entouré de potes. Le plus brillant de l’équipe. On lui a toujours dit qu’il méritait mieux, que son talent restait trop engoncé. Enfermé dans sa timidité d’homme insignifiant.

F. Hollande, c’est un peu tout le monde. Mais ce n’est aussi personne.

Car tout ceci est évidemment faux, un miroir aux alouettes, reflet troublé, passé au filtre des sens. Qu’importe si F. Hollande est un animal médiatique, un énarque, un rhéteur sous estimé, et aussi un bourgeois très bien intégré aux sphères oligarchiques. Dans la France du Fouquet’s, des costards griffés et du bagou décomplexé, l’ex-Premier secrétaire du parti socialiste évoque la simplicité d’une vie ordinaire. Un abîme morose du Français moyen, cœur de cible très mouvante des prochaines élections. Dans sa nouvelle peau, il donne le change. De manière exceptionnelle.

Vogelsong – 23 mai 2011 – Paris


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