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Le Président, les charognards et les citoyens !

Publié le 09 février 2008 par Christophe Laurent
Depuis la séparation de Nicolas Sarkozy avec son ex-femme, Cécilia, depuis son remariage avec l'ex-top modèle, Carla Bruni trois mois à peine après son divorce, les médias n'ont jamais autant parlé de la vie privée de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a décidé de "contre-attaquer" [cf. Article du Figaro, "Vie privée : Nicolas Sarkozy contre-attaque"] et de s'attaquer à la liberté de la presse au motif que ces journalistes porteraient atteinte à sa vie privée. Mais que s'est-il donc passé pour Nicolas Sarkozy en vienne à déposer plainte contre le Nouvel Observateur pour "faux et usage de faux et recel" ? Le Nouvel Observateur a ainsi publié jeudi 08 février un papier d'Airy Routier dans lequel le journaliste prétend que Nicolas sarkozy aurait envoyé un SMS à Cécilia huit jours avant son mariage avec Carla Bruni et dans lequel il aurait écrit à son ex-femme : "Si tu reviens, j'annule tout". Bien évidemment le journaliste n'apporte aucune preuve particulière de l'existence de ce SMS. Il met par contre en lumière un ensemble de faits non contestables en les qualifiant d'attitude de provocation et de vengeance à l'endroit de Cécilia. Et c'est bien là que l'article du journaliste fait le plus mal parce qu'il analyse le comportement de Nicolas Sarkozy du point de Cécilia, cette femme dont on se souvient maintenant qu'étrangement elle n'est pas allée voter au second tour comme une provocation publique prenant à témoin l'opinion publique qu'elle demeurait une femme libre. Et c'est peut-être cette perspective douloureuse pour Nicolas Sarkozy lequel manifestement ne peut souffrir l'échec qui a tout déclenché ... Mais ce faisant, il oublie quoique l'on en dise qu'aux yeux de l'opinion publique il n'agit pas tant en homme bléssé ou insulté qu'en tant que président de la République. Car voilà le plus haut représentant des citoyens français qui porte plainte contre un journaliste, mais ce faisant il désigne à la vindicte populaire tous les journalistes, et le principe même de la liberté de la presse. Voilà donc un juge saisi censé rendre le droit à l'endroit même de celui qui est censé être garant de l'indépendance de la justice. Personne ne voudrait être à la place de ce juge ! Mais l'action en justice de Nicolas Sarkozy est-elle légitime ? Il est vrai que depuis quelques années Nicolas Sarkozy joue un jeu trouble avec les médias, alternant les phases où sûr de lui [les sondages sont pour lui, il semble heureux, tout lui réussit, etc.] il va au devant des médias s'exposant outranciérement [souvenez-vous de cette scène pathétique Nicolas Sarkozy faisant du cheval en Camargue et derrière lui une bétaillière où se trouvaient entassés des dizaines de journalistes dont on ne pouvait croire qu'ils étaients sans l'accord de Nicolas Sarkozy], voire mettant en scène sa vie privée pour mieux conduire sa vie publique [combien de fois n'a-t-on pas jaser sur des scéances de jogging surmédiatisées] et les phases où il se trouve sur la défensive [les sondages sont au plus bas, la tension dans sa vie privée est au plus fort et incapable d'acceptable la seule perspective d'un  échec] et en bon stratège il choisit l'attaque vitupérant contre  ces charognards de l'information (!) En un sens , Nicolas Sarkozy ne fait que payer le prix de sa stratégie de communication. On ne maitrise pas les médias comme on donne des instructions à ses ministres chargés d'aller au feu pour le défendre. Tous les "peoples" qui ont un jour jouer au feu avec les médias s'en sont aperçus. Les médias n'ont qu'un objectif dans un monde capitaliste, c'est de faire de l'argent. Or , seul ce qui est polémique fait vendre même si l'information ou l'analyse sont inexistantes. C'est ce que l'émission de Daniel Mermet du vendredi 08 février " Là-bas  si j'y suis" a permis de mettre en évidence à propos de l'utilisation du thème sécuritaire tant par la droite, la gauche et les médias eux-mêmes ou comment on instrumentalise l'opinion publique. Seulement le résultat en avait été à l'époque que Jean-Marie Lepen s'était retrouvé au second tour de l'élection présidentielle. Bien sûr comme Rama Yade, on pourrait critiquer l'attitude des journalistes qui se comportent  tel de véritables paparazzi  sans prendre le moindre recul au regard de faits bruts. Mais le plus grave n'est-ce pas cette accusation de charognards ? Car elle jette en pâture toute une profession sans distinction. Et c'est la classe politique dans son ensemble que le président de la République, et dans sa foulée de jogger ses ministres par discipline et ses amis politiques embraquent, qu'il embarque dans un combat idéologique dont le fond est la liberté de la presse. Ce même homme qui lors de la publication des caricatures du prophète Mahomet n'avait pas hésiter à se faire le chantre de cette même liberté ! La bataille judiciaire est aujourd'hui engagée, et déjà une enquête préliminaire est diligentée. Nul doute que tous les moyens seront mis pour rendre justice au plus vite. Seulement, les citoyens, quoiqu'ils en pensent sur le fond [Nicolas Sarkozy a-t-il ou non envoyer un SMS à Cécilia avant son mariage lui demandant de revenir ?], se poseront légitimement une question : les mêmes moyens me seront-ils consacrés si j'en avais besoin ? Car bien que Nicolas sarkozy soit temporairement le premier des citoyens, il n'en demeure pas moins un citoyen ... Pour l'instant Airy Routier affirme avoir "ses sources", on voit déjà poindre la difficulté à laquelle le président de la République va devoir se confronter : exigera-t-il que le journaliste dévoile "ses sources" ? Au-delà de l'affaire du SMS, voilà bien l'enjeu posé par l'article du journaliste : la liberté de la presse sera-t-elle une nouvelle bafouée au motif de satisfaire l'ego du premier d'entrenous ? Chaque citoyen retiendra de tout cela - le mariage de Cécilia avec Jacques Martin par un certain Nicolas Sarkozy alors maire de Neuilly sur Seine, le mariage de Cécilia et de Nicolas, la séparation du couple Nicolas et Cécilia Sarkozy avant la campagne présidentielle, la réconciliation alors qu'un autre homme, Richard Attias est manifestement en scène, l'abstention de Cécilia au second tour, la remontée des champs avec les enfants de Cécilia pour fêter la victoire, le divorce, sa rencontre avec Carla et son remariage fulgurant, etc. - chaque citoyen retiendra que cela ressemble à un véritable vaudeville et que pendant ce temps on oublie de nous parler et de traiter nos vrais problèmes, car nous aussi nous avons une vie privée ! quoiqu'il en soit à court terme Nicolas Sarkozy n'aura réussi qu'à attirer l'attention sur un fait divers dont ne serait inquiéter s'il n'avait déposé plainte ! c'est donc bien intentionnellement que cette mise en scène est préparée pour le meilleur et pour le pire !

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