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E. COLI O104:H4: En quelques jours les scientifiques dressent son portrait-robot – NEJM-Nature.com

Publié le 31 mai 2011 par Santelog @santelog

E. COLI O104:H4: En quelques jours les scientifiques dressent son portrait-robot – NEJM-Nature.comLa bactérie Escherichia coli entéro-hémorragique identifiée comme E. coli O104:H4 par l'Institut Robert Koch de Berlin, aura fait plus de 300 victimes dont 80 syndrome hémolytique et urémique (SHU) et 14 décès sur le seul mois de mai en Allemagne, au lieu d'un millier de cas habituellement de complications à E coli sur une année complète. Mais depuis, la question se pose à l'échelle de l'Europe puisque la fameuse souche, commence à circuler dans les pays voisins: 6 cas sont signalés en France par l'Institut de veille sanitaire au 31 mai et des cas chez des personnes ayant voyagé en Allemagne ont été également rapportés dans 6 autres pays européens: Suède, Angleterre, Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suisse.


Depuis quelques jours, les autorités européennes et des états membres sont en alerte, en particulierl'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), la Commission européenne, l'Union européenne des laboratoires de référence pour les VTEC, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Mais les experts allemands touchés les premiers par cette écosion ont déjà bien avancé sur la connaissance de la souche, de sa source, des cibles les plus vulnérables, des modes de prévention, voire même des traitements possibles en cas de SHU.


La bactérie aurait été transmise via des concombres importés d'Espagne, selon les premières investigations conduites par les autorités allemandes. Car l'E coli se transmet à l'homme par la consommation d'aliments contaminés, par contact avec une personne infectée, par contact avec des animaux contaminés ou leur environnement. Une première étude épidémiologique a été menée par le Robert Koch Institut avec le soutien des autorités sanitaires de Hambourg concluant que les patients touchés avaient mangé beaucoup plus souvent des légumes crus que les sujets sains.


La souche a bien été identifiée par les biologistes de la clinique universitaire de Hambourg (1) comme une souche de E. coli encore jamais identifiée en Allemagne, proche de la souche E. coli O104. La souche normale EHEC est appelée 0157: H7, mais les anticorps dirigés contre cette souche, utilisés habituellement par les scientifiques pour diagnostiquer l'infection, n'ont pas réagi avec ces nouveaux échantillons. Cette nouvelle souche, l'E.coli O104:H4 a bien été isolée de quatre concombres et a depuis été reconnue par plusieurs autres laboratoires en Allemagne et est en cours de séquençage.


Une complication grave, le syndrome hémolytique et urémique (SHU): Au sein des STEC ou Shiga-toxin-Producing Escherichia coli (E. coli) ou encore VTEC pour “Verotoxin producing Escherichia coli”, la famille des EHEC ou Escherichia coli entéro-hémorragiques provoquent des symptômes allantd'une simple diarrhée au décès en passant par des diarrhées hémorragiques et/ou des atteintes rénales sévères appelées syndrome hémolytique et urémique (SHU), principale cause d'insuffisance rénale du nourrisson.


Quelles mesures prendre? Les STEC sont sensibles à la température donc la cuisson des aliments est la meilleure mesure de prévention. 3 précautions fondamentales doivent donc être observées, maintenir une température de 70°C pendant 2 minutes pour la cuisson de la viande, en particulier destinée aux jeunes enfants, porter le lait cru à ébullition, laver les légumes avec précaution.


Un traitement a déjà fait ses preuves sur 3 enfants gravement infectés et est suggéré, par des médecins allemands qui publient au 25 mai dans le New England Journal of Medicine (2). Le Dr. Franz Schaefer, néphrologue au Centre de pédiatrie et de médecine de l'adolescence d'Heidelberg, et d'autres médecins décrivent dans cet article, comment ils ont traités avec succès 3 enfants infectés par EHEC souffrant de syndrome hémolytique et urémique avec l'anticorps monoclonal eculizumab, autorisé depuis 2007, pour le traitement une maladie rare du sang, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne.


En France, à ce jour, 6 cas de diarrhée sanglante chez des personnes ayant séjourné ou résidant en Allemagne dans les 15 jours précédant leurs symptômes ont été signalés à l'InVS. Il s'agit de 6 adultes âgés de 16 à 55 ans dont 5 femmes et un homme.


Sources:


(1) Nature.com “Critical hours for E. coli outbreak in Germany”


(2) NEJM May 25, 2011 (10.1056/NEJMc1100859) “Complement Blockade in Severe Shiga-Toxin–Associated HUS


InVS, Ministère de la Santé


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Lire aussi: E. coli O104:H4: Un traitement, l'anticorps monoclonal eculizumab, sauve 3 patients -


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