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Sept mois de lutte victorieuse contre la précarité à l'ENS

Publié le 01 juin 2011 par Unpeudetao

Mercredi dernier, le 25 mai, la Direction de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm a enfin cédé et signé le protocole de fin de conflit répondant à la plupart des revendications de l’Assemblée Générale et des grévistes de l’établissement, ancien-ne-s précaires de la cuisine et du ménage :
-  L’obtention de CDI pour tou-te-s les grévistes ainsi que pour tou-te-s les personnel-le-s employé-e-s par l’ENS depuis plus de trois ans
-  La mutation du chef de cuisine, suite à l’ouverture d’une enquête portant sur des violences et des harcèlements sur le lieu de travail
-  Le paiement de 75% des jours de grève
-  75 euros d’indemnité mensuelle, forme de reconnaissance du caractère anormal de l’emploi de CDI dans la fonction publique, sur des emplois pérennes, au lieu d’attribuer des postes de fonctionnaires titulaires.

Par ailleurs, la Direction s’est engagée à ne pas externaliser le restaurant (ni gestion privée, ni CROUS) et à donner la priorité aux grévistes pour toutes les titularisations qui pourraient avoir lieu dans le cadre de la future loi sur la précarité dans la fonction publique actuellement en discussion.

Sept mois de conflit, des blocages et une grève longue de plus de 130 jours, ainsi que quatre semaines d’occupation des salons de la Direction, jusqu’à une évacuation par la police, ont permis d’aboutir à cette victoire dont la fédération Sud Etudiant se réjouit. La solidarité entre les grévistes et étudiant-e-s a permis à un tel mouvement de perdurer, de se financer par des ventes de repas et par la solidarité au sein de l’ENS et au-delà, pour finalement triompher.
Ce mouvement a entrainé d’importantes modifications du paysage politique et syndical au sein de l’école contraignant à la vigilance un établissement jusque là bien peu attentif quant aux conditions de travail de ses employé-e-s, et qui avait pour principe de privilégier le “prestige” de façade à la justice pour tou-te-s.

D’autre part, les engagements concernant la non-externalisation et la titularisation prioritaire des grévistes ne doivent pas rester lettre morte. C’est maintenant au collectif de lutte issu du mouvement de veiller à la tenue de telles promesses, tout en demeurant réactif pour les luttes futures. L’emploi de titulaires doit demeurer le cadre légal de la fonction publique. De même, il faut continuer à veiller à ce que les plaintes que la Direction a déposées contre les salarié-e-s et normalienn-ne-s, ainsi que les menaces de conseil de discipline, n’aboutissent pas à des sanctions qui criminaliseraient la solidarité et la lutte syndicale et sociale.

Les salarié-e-s et étudiant-e-s mobilisé-e-s de l’ENS invitent toutes celles et tous ceux qui le souhaitent ce soir à partir de 20 heures au 45 rue d’Ulm pour une grande fête de la victoire, afin de clore tou-te-s ensemble la grève. La fédération Sud-Etudiant rappelle également que l’union des précaires et des étudiant-e-s avait au départ pour base des revendications communes, sur l’accès au logement pour les étudiant-e-s admis-e-s à préparer le diplôme de l’ENS notamment, qui étudient et vivent dans des conditions bien plus précaires que celles des élèves normalien-ne-s fonctionnaires-stagiaires. Ces revendications trouveront sans aucun doute un écho à travers de nouveaux combats réunissant les précaires de toutes catégories.

Etudiant-e-s, salarié-e-s, même précarité, même combat !

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 Fédération des Syndicats SUD Étudiant :

http://www.sud-etudiant.org/


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