Une session du GJE au Laurent à Paris

Par Mauss
En ce mercredi 1er juin, le GJE s'est réuni à Paris pour une session en totale aveugle. Aucune information n'a été communiquée aux dégustateurs présents.

But de cette session

Deux reproches récurrents au GJE :

a : "vous ne dégustez que des grands crus inabordables"

b : "vos pirates, mis dans une sélection haut de gamme "suivent" le mouvement et sont probablement sur-appréciés dans le contexte des grands crus dégustés."

Pour faire simple, les belles notes de Reignac, Haut-Condissas, Rollan de By et autres sont quasi générées par le niveau des crus classés dégustés au même moment. Bref, le wagon suit la locomotive, les deuxièmes classes suivent de facto les premières classes.

Commanditaire

Cette session, non rémunérée je le précise, est le résultat de discussions avec Monsieur Christophe Coupez du Laboratoire d'Oenologie de Pauillac. il souhaitait avoir l'avis du GJE sur certains crus dont ce labo est analyste/conseil.

Vous me connaissez : j'ai souhaité pimenter la chose en y intégrant quelques crus classés. On a donc eu 29 vins à déguster, millésime 2008 (dont 2 pirates espagnols) avec 9 crus classés.

Le but

Constater si oui ou non, quand les "classés" sont les pirates dans une série de "petits" vins, est ce que mes zozos sont capables de reconnaître que là, il y a des différences majeures d'appréciation et que, quelque part, on passe un peu du coq à l'âne. Bref : ces classés allaient-ils ressortir en tête ou seraient-ils fondus dans la masse de ces vins modestes ?

Rappel

Comme d'hab, rappelons clairement que toute session du GJE à l'aveugle n'est qu'une photo à un temps T. N'allez pas en déduire, par la place de tel ou tel cru classé, que les noms au-dessus ne trouveront pas une autre place, plus conforme à leurs prétentions, dans les années à venir. 

Commentaire général

Une chose a quand même surpris les dégustateurs qui, avouons le, ne savaient pas trop où on se trouvait car ce n'est pas l'habitude du GJE d'organiser des sessions avec des crus très modestes. Ce qui a surpris mes zozos, c'est qu'il s'agissait du millésime 2008 alors que pratiquement chacun mettait cela en millésime bien plus vieux. A se poser beaucoup de questions sur l'évolution de cette année qui, quand même, a une réputation d'être classique à défaut d'être grandiose.

Les vins dégustés, par ordre de service

GRUAUD LAROSE SAINT JULIEN CC

DONISSAN LISTRAC  

BEHERE PAUILLAC  

PONTET CANET PAUILLAC CC

PONTAC LYNCH MARGAUX  

MARGAUX MARGAUX CC

LAROSE PERGANSON HAUT MEDOC  

PATACHE D'AUX MEDOC  

BRANAIRE-DUCRU SAINT JULIEN CC

PANIGON MEDOC  

CARBONNIEUX PESSAC-LEOGNAN CC

PEYRAT FOURTHON HAUT MEDOC  

BODEGAS SENORIO DE NEVADA VT GRANADA SUR OESTE  

MONTROSE SAINT ESTEPHE CC

PETIT BOCQ SAINT ESTEPHE  

GLORIA SAINT JULIEN  

CORNELIE HAUT MEDOC  

ROSE BRANA SAINT ESTEPHE  

SAINT AHON HAUT MEDOC  

LYNCH BAGES PAUILLAC CC

BODEGAS SENORIO DE NEVADA SELECCION VT GRANADA SUR OESTE  

DU RETOUT HAUT MEDOC  

LA CHANDELLIERE MEDOC  

LIVERSAN HAUT MEDOC  

DEYREM VALENTIN MARGAUX  

TOUR DES TERMES SAINT ESTEPHE  

SAINT SATURNIN MEDOC  

SAINT PIERRE SAINT JULIEN CC

COS LABORY SAINT ESTEPHE CC

Si, avant les calculs habituels de Bernard Burtschy, on trouve dans les dix premiers 6 des 9 crus classés, on a quand même 4 modestes qui se placent dans cette première dizaine. Ce n'est pas rien. Certes, et je me répète : chaque vin ayant des évolutions différentes, on peut facilement comprendre que des crus destinés à des consommations rapides puissent se hisser parmi des classés qui sont en pleine phase de développement avec des fermetures évidentes.

Mais le but de cette dégustation est atteint : il n'y a pas d'effet d'entraînement systématique de la part d'une majorité de vins d'une certaine catégorie sur quelques "pirates" qui pâtiraient d'un tel accouplement. De bons dégustateurs sont et doivent être capables de ne pas passer à côté de vins dont le pedigree est connu et reconnu. Ce fut le cas.

Et nous confirmons la nécessité de déguster à l'aveugle, tant il est vrai qu'étiquettes vues, jamais certains de ces crus modestes n'auraient pu atteindre les niveaux qu'ils ont atteint ce matin du 1er juin 2011 au Laurent.

Les bouchons

Les dégustateurs

Le réconfort de la table du Laurent, toujours aussi belle

Bernard Burtschy, notre statisticien tout sourire