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385° Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Publié le 09 juin 2011 par Jacques De Brethmas

J'en ai déjà parlé, ils y reviennent, j'y reviens.

Croisons les doigts pour que les agressions droitistes que le pouvoir nous fait subir en série ne soient pas la bonne méthode pour gagner les prochaines élections. Parce que s'il les gagne avec ce que ces vautours nous concoctent, il n'y aura sans doute plus rien d'autre qu'une insurrection populaire pour nous sortir de ce mauvais pas.

Le mauvais coup de la semaine: Les travaux forcés pour les titulaires du RSA.

385°  Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
D'abord, constatons que c'est une mesure imbécile. (ou sadique, comme on voudra. Sans doute les deux...). Avant même d'envisager la « citoyenneté » d'une telle mesure, imaginons que si la république lance sur le marché du travail des esclaves disponibles et prépayés, tous les employeurs institutionnels vont licencier leurs salariés pour les remplacer par ces robots humains.

On va donc augmenter le chômage au prétexte de le diminuer. Car les nouveaux chômeurs ainsi créés se retrouveront à leur tour déclassés au rang d'esclaves du RSA, et c'est autant que le patronat aura fait gagner à la précarité qu'il appelle de ses vœux sur le terrain de l'emploi stable qu'il ne peut plus voir en peinture.

Alors, on fait république des citoyens, ou république des actionnaires ?

Sur le caractère « citoyen » d'une telle mesure, souvenons-nous que la Constitution de la 5° République s'appuie, dès son préambule, sur la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789, et sur le préambule de la Constitution de 1946 , dont les articles 4 à 11 donnent à réfléchir.

385°  Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Le travail est certes un devoir, mais aussi un droit. Peut-on trouver abusif de secourir ceux des citoyens dont on ne peut satisfaire les droits ? Faut-il les punir d'un travail d'intérêt général qui est, rappelons le, une des peines que la justice inflige aux délinquants ? Peut-on traiter une victime de l’économie débridée comme un délinquant ?

Avec ce genre de mesure, on mesure la dangerosité de la jungle impitoyable que les Wauquiez et Copé veulent nous imposer à la place de la république humaniste que nous essayons de bâtir avec des déclarations universelles des droits de l'homme et de la déclaration du Conseil National de la Résistance dont la lecture, notamment dans la dernière partie, du programme des avancées sociales, est un petit plaisir que tout vrai républicain peut s'offrir pour retrouver sa sérénité après une déclaration de l'UMP..

D'ailleurs au moment où j'écris ces lignes, la radio me dit que le débat rebondit avec les déclarations de l'instigateur du RSA, Martin Hirsch, qui finalement, et grâce aux surenchères dont son projet est victime, ne se sort pas trop mal de son embardée au gouvernement... Et les médias regorgent d’enquêtes de journalistes qui démontrent, chiffres en main, que le RSA, tel qu'il est, est déjà inaccessible au regard des conditions déraisonnables posées aux candidats. Témoin cet article dans Libé qui rappelle que cette manne, lorsqu'on y accède, s'élève à 411# par mois...

385°  Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Souvenons nous que sous l'influence de Denis Kessler, , qui veut casser le contrat social, Sarkozy a déclaré la guerre au Conseil National de la résistance .

A la lecture du programme de l'UMP, avant 2007, je n'étais qu'en désaccord et je prédisais une escalade populiste. (Voir ce blog avant cette date.) Depuis qu'ils sont au pouvoir, j'ai éprouvé du mépris et de la colère pour la manière dont ils piétinent les braves gens pour servir leurs amis du Fouquet's sur un plateau.

Depuis qu'ils pratiquent au quotidien les amalgames les plus grossiers (Africains = délinquants , immigrés = chômage, étrangers = insécurité, homosexuels = pédophiles, bénéficiaires des minimas sociaux = profiteurs, etc..) je les hais.

Et je pense que si nous ressentons tous cette haine qui s'insinue entre les catégories de la société, et que nous assistons tous avec impuissance à ce détricotage continu des liens sociaux et républicains, c'est à ce parti que nous le devons.

Ce sont ces thèses fumeuses de l'UMP, ces pestilentiels travestissements dignes du monde d'Orwell, qui, en parlant mensongèrement de rassemblement, divisent le corps social en communautés, dressent les catégories sociales les unes contre les autres, suscitent des détestations là où aucun motif raisonnable ne devrait en produire, et rend chacun responsable des misères de l'autre pour masquer la pompe à fric qu'ils manipulent ex-machina avec un manque de scrupule bien au-delà de la désinvolture.

Même le front national qui semble les inspirer affiche de moins en moins la couleur, ce qui, jusqu'ici, était pourtant son seul mérite. Maintenant, même ce parti se mêle de social, et en bon politicard véreux, tord les causes pour obtenir des effets dévoyés.

Imaginez que le FN, qui a multiplié les positions homophobes depuis sa création, a changé de bouc émissaire, estimant la « lutte contre l'islam » électoralement plus productive que le cassage de pédés. Comptant sur l'amnésie du bon peuple, qui est grande, il approche maintenant les milieux gay en affirmant que l'homophobie actuelle est le fait de « l'islamisation de la France », et que si les pauvres pédés pouvaient lui faire confiance, tout ça pourrait s'arranger.

Combien mordront à l'appât ? Combien oublieront que les grands artisans de l’homophobie ambiante, hors front national, sont des Vanneste et des Boutin, liste non limitative, -il existe un florilège des déclarations homophobes des membres de l'UMP et de l'église, visible ici, - et que ces gens là agissent au nom de théories chrétiennes peu œcuméniques, pas du tout laïques, et par voie de conséquence, anti-républicaines ?

385°  Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
La preuve, d'ailleurs, très bel enchaînement pour changer de sujet, la croisade que mènent actuellement les associations catholiques contre l'enseignement des théories du genre, que l'on introduit dans les programmes scolaires.

Tous ces aveugles déclarent que « l'hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels »

Tout cela me rappelle de vieux souvenirs : un des grands thèmes de mai 68 était « qu'est-ce que la normalité ?», et je me souviens d'avoir, dans les années qui suivirent, peint pour le FHAR des banderoles : « Vous n'être pas normaux, vous n'êtes qu'hétéros ».

Le débat qui agite la blogosphère ce matin est de savoir s'il convient d'outer les députés gay honteux qui s’apprêtent à voter aujourd'hui contre la proposition de loi légalisant le mariage gay présentée par les socialistes.

385°  Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Outer un pauvre honteux qui n'a rien fait de mal, je suis contre. Assumer sa honte suffira à sa punition. Mais que ce honteux-là profite de sa position d'élu pour enfoncer davantage ses concitoyens, c'est une malhonnêteté que je ne saurais admettre.

La première chose que les citoyens attendent de leurs édiles, c'est de l'honnêteté.

On ne retire rien aux hétéros en permettant aux gays de se marier.

Et à ceux qui parlent de respect de la vie privée, je réponds que ce même respect impose au législateur de ne pas discriminer les citoyens par leur vie sexuelle pour leur accorder le bénéfice des dispositions légales.

Le mariage gay n'est pas un problème de mariage, c'est une question d'égalité républicaine. Une même loi pour tous les citoyens...


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