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L’inflation c’est comme le Tang, ça a un goût affreux

Publié le 11 février 2008 par Frednetick

J’aime bien l’économie. Vraiment. On y réfléchit sur des sujets grandioses qui font basculer les sociétés dans les affres d’un dirigisme collectiviste à tendance exil intérieur à Gorki avec des vrais morceaux de bourgeois dedans, ou dans ceux d’un libéralisme-de-marché-capitalistique qui lui balance les mêmes gens dans des exils intérieurs dans leurs têtes avec des vrais bouts de traders dedans.

Parmi les sujets à la mode l’inflation et la crise des subprimes (prononcez subeupraillemse) tiennent le haut du pavé en ce moment. L’inflation c’est facile, c’est quand on subit une “hausse généralisée et durable du niveau général des prix“, bref quand ton porte feuille se fait plus léger tandis que ta paye n’avance pas.

Se précipiter sur la suite (mais sans quitter cette page !)

Ceci dit l’une des conséquences les plus connues de l’inflation c’est l’inflation de second tour. Hein? C’est quand les petits salariés mécontents commencent à réclamer des augmentations, lesquelles pèsent sur les coûts intermédiaires et provoquent une hausse consécutive des prix etc. La vraie spirale de la mort. L’inflation actuelle elle est tirée par la hausse du prix des matières premières.

Vous vous interrogerez avec raison sur l’influence du cours du pétrole sur le prix du blé ou du lait, il faut bien mettre de l’essence dans les vouatures qui conduisent le lait au marchand et le blé à ceux qui en font de l’oseille. Rajoutez une pincée de consommation délirante de nos amis criquets chinois et un doigt (celui du milieu , comme l’empire) de spéculation et vous aurez une belle recette de “hausse généralisée et durable du niveau général des prix“.

Cependant, l’inflation n’est pas qu’un chaud monstre dont l’haleine nauséabonde brûle le pouvoir d’achat. Du côté de Bercy, cette inflation pourrait bien apporter quelque répit.

Attention mode [économie ésotérique] enclenchée

Soit d, la dette publique en pourcentage du PIB, r le taux d’intérêt moyen payé sur la dette, g, le taux de croissance du PIB et π le taux d’inflation et ssp le solde primaire corrigé des variations saisonnières. On a cette équation > d = (1+ r – g – π) d-1– ssp.

Dans les cas comme actuellement où la croissance g est en berne, ce qui va limiter l’élévation du rapport Dette/PIB c’est le π !! Ceci est vrai toute chose étant égale par ailleurs !! Or le taux r lui, fait l’objet d’une véritable décision économico-politique.

La fixation du taux d’intérêt n’est pas directe, puisque la banque centrale ne fixe que le taux directeur, c’est à dire le taux auquel une banque se refinance. Ceci dit la cascade retombe toujours sur l’emprunteur final et la corrélation est très forte.

Alors en quoi les politiques américaines et européennes se différencient t-elles?

D’un côté la FED, qui baisse les taux, au risque d’alimenter l’inflation qui pointe le bout de son nez.

De l’autre, la BCE qui les maintient pour juguler cette même inflation.

En creux des différences marquées. Aux EU la consommation tire depuis des années la croissance du PIB. Econoclaste rappelerait qu’elle est un contributeur fort actif à la hausse du PIB puisque située de l’autre côté de l’équation PIB= C+I+Stocks+(X-M). Avec une balance commerciale abyssalement négative et un investissement relativement stable il faut bien consommer. D’autant qu’en dépit de la croyance populaire importer beaucoup peu être générateur de croissance.

Car une importation ne se matérialise pas par magie dans votre salon. Il faut la transporter, la stocker, la livrer et en assurer la maintenance parfois. Autant de créations de valeur ajoutée qui se localisent sur le territoire national et viennent enrichir des acteurs nationaux. Ahhhhhhh ben oui, on a pas encore inventé la livraison par téléportation !!!

Une consommation donc incontournable et qui nécessite de la liquidité. Car les américains, au contraire des Français, n’ont pas d’épargne, ils décaissent même pour consommer. Avec un taux d’endettement supérieur à 120% du revenu disponible et pas d’épargne du tout, si le crédit s’arrête, c’est la mort de l’économie US, c’est aussi simple que ça.

En Europe, en France où le taux d’épargne est légèrement supérieur à 15%, on peut encore éviter de trop forcer la dose en ouvrant en grand les robinets du crédit.

Double effet néfaste cependant, l’euro présente des taux de rémunération plus importants que le dollar, ce qui va finir par attirer les investisseurs financiers, provoquer une demande accrue de notre monnaie et l’apprécier d’autant plus.

Et un crédit toujours cher limite l’investissement. Enfin l’investissement des petites entreprises. Pourquoi? Parce qu’un grand groupe internationalisé dans sa production et dans sa stratégie a normalement déjà intégré le paramètre du financement international. Pourquoi emprunter en France à 4.5% alors qu’on peut emprunter aux EU à 3.25%? Voir même au Japon aux alentours de 2.5%?

Tout ensuite est histoire de couverture via les contrats futures (ahhh vous voyez on y revient).

Pour le moment tout va bien, les stratégies des deux banques centrales sont cohérentes, reste que le système est bancal. Quand il manque des pieds à une chaise et que la fatigue se fait sentir….

De notre côté, c’est

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