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Disparition de Mercedes Sosa « Et son chant sera toujours notre chant »

Publié le 12 octobre 2009 par Carnetdedoute

Disparition de Mercedes Sosa  « Et son chant sera toujours notre chant »C’est dans l’émotion que nous a quitté Mercedes Sosa, comme elle nous est venue, avec ce talent inné de passionaria qui célèbre la vie, l'amour et la grâce, malgré la douleur, l’exil et la tristesse. A 74 ans, la très populaire chanteuse argentine sen va ainsi en laissant à une multitude de compagnons et de fans, un chant plus vaste que la cause qui l’a porté. « Grazias a la vida », « merci à la vie », chantait-elle. « Merci à la vie qui m'a tant donné. Elle m'a donné le rire, elle m'a donné les pleurs. Ainsi, je distingue le bonheur du désespoir. Ces deux éléments qui forment mon chant. Et votre chant qui est le même chant. Et le chant de tous, qui est encore mon chant ». Ce magnifique texte de la Chilienne Violetta Parra, qu’elle a largement contribué à faire connaître, distingue son répertoire constellé de voix de grands poètes comme Athaualpa Yupanqui, Daniel Viglietti et Pablo Neruda, qu’elle a rejoint sur les chemins de la liberté, de la poésie, de la vie. Celle qu’on appelait tour à tour, « la Negra », «la voix de la majorité silencieuse » ou la « diva argentine », a agrandi ce cercle des citoyens de la Terre avec sa voix chaleureuse et son élan inlassablement solidaire et engagé. N’avait-elle pas d’ailleurs représenté son continent en 1997 à la conférence internationale "Rio + 5", en tant que Vice-présidente du conseil de la Terre. Symbole de la « nueva canción », qui alimenta le rêve de la gauche latino-américaine, la Sosa n’aurait pourtant jamais cru qu’elle vivrait de la chanson. Mais sa carrière, qui débutait un 9 juillet 1935 dans la province de Tucuman, dans la ville où fut célébrée l'Indépendance argentine le 9 juillet 1816, va se prolonger et la rendre célèbre au-delà des frontières du continent, avec une quarantaine de disques et plusieurs récompenses dont celle d’être déclarée, en 1992, citoyenne d'honneur de Buenos Aires. «Ces prix ne me sont pas seulement décernés parce que je chante, mais parce que je pense. Je pense aux êtres humains et à l'injustice. Je pense que si je n'avais pas pensé, mon destin n'aurait pas été le même», dira-t-elle. Reprenant d’abord les milongas traditionnelles de son pays, la chanteuse a ensuite mêlé le folklore au rock et même à l’opéra en enregistrant et en partageant des scènes avec Luciano Pavarotti, Sting, Joan Baez, Andrea Bocelli, Joan Manuel Serrat, Luis Alberto Spinetta, Caetano Veloso et Shakira. Cette renommée l’amène à se produire dans les lieux les plus prestigieux tels que la Chapelle sixtine au Vatican (1994), le Carnegie Hall de New York (2002) et le Colisée de Rome (2002). Elle s'était également mise au cinéma, dans les années 1970, notamment dans deux films du réalisateur argentin Leopoldo Torre Nilsson. Son dernier album « Cantora » (Chanteuse) est composé de duos avec des vedettes espagnoles et latino-américaines. Elle n’aurait pas eu le temps de faire son lancement. Mais en avait-elle besoin celle dont la voix claire et grave chantera toujours « merci à la vie qui m'a tant donné.Elle m'a donné la voix et des lettres, Avec lesquelles je pense les mots, et je dis, Mère, ami, frère, lumière qui éclaire, Le chemin de l'âme que j'aime ».

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