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Les italiens disent 3 fois non à Berlusconi et à leur gouvernement

Publié le 14 juin 2011 par Arturo

Presque 27 millions d'italiens se sont déplacés dimanche et lundi, à l'occasion d'un référendum d'initiative populaire portant sur 4 lois-clés,  pour signifier clairement à Silvio Berlusconi (le Président du Conseil) et à sa majorité (il Popolo della Libertà) qu'ils étaient contre le retour du nucléaire en Italie (1 question du référendum), contre la loi de "l'empêchement légitime" (1 question) et contre la privatisation de l'eau (2 questions). De 94% à 96% des électeurs ont ainsi voté "OUI" à l'abrogation de ces 4 lois.

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S. Berlusconi lui-même avait incité les votants à ne pas se déplacer et à "aller à la mer", espérant que le quorum de 50% des électeurs ne serait pas atteint, invalidant ainsi le référendum. C'est pourtant le contraire qui s'est produit, avec une participation de 54,8%. Une énorme mobilisation -poussée par les jeunes, les Verts, et des personnalités très populaires (l'ancien magistrat Antonio Di Pietro, le chanteur Adriano Celentano par exemple)- ainsi qu'une incitation massive via les réseaux sociaux a provoqué cette vague populaire. Le tout donne un signal clair : Basta !

Un "Boom de OUI" comme le commente La Stampa. Et comme le met en avant l'éditorial de La Reppublica : "la flûte magique s'est cassée. Après 20 ans, les italiens refusent dorénavant de suivre la petite musique de Berlusconi" et de passer l'éponge sur ses frasques et ses démélés judiciaires (3 procès en cours). Le Corriere della sera parle quant à lui parle "baffe au gouvernement".

Car c'est bien en effet une 2ème claque magistrale en 15 jours pour la majorité, après la défaite cinglante aux élections locales du 31 mai. Le déplacement massif des italiens et le dépassement du seuil de 50% des votants ont également permis pour la première fois en 15 ans à un référendum d'initiative populaire d'être appliqué. Une leçon de démocratie commentée dans toute l'Europe.

C'est peut être aussi un changement sociétal majeur : la télévision, contrôlée en très grande partie par Berlusconi avec ses chaînes privées et sa mainmise sur les dirigeants de la télévision publique RAI, semble un média beaucoup moins efficace pour mobiliser que les réseaux sociaux, très populaires en Italie.

La majorité se lézarde encore un peu plus : la Ligue du Nord, alliée de Forza Italia (parti du chef de gouvernement) s'est déclarée "fatiguée de recevoir des claques". Le 22 juin a lieu un vote de confiance à l'Assemblée et sa crainte est que l'adage "jamais 2 sans 3" se réalise et mette fin au gouvernement actuel.


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