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Lexique de combat - #0 Mot

Publié le 14 juin 2011 par Assouf
Lexique de combat - #0 Mot

La première bataille, la destruction de toutes les idoles (article manquant sur Nietzsche). Puisque Dieu est mort, à nous de nous élever. Nous faisons notre monde, nous instituons notre société (article manquant sur Castoriadis).

Vient ensuite, la bataille des mots. Ce sont eux qui nous permettent de penser, il faut donc refuser les mots du nouvel ordre mondial, et reconquérir ceux qui nous ont été volés. Écrivons un dictionnaire le plus exhaustif possible.

Et je commence par le mot mot. Bonjour ! ou plutôt, Hello, Ernest Hello. Dans la première partie, tout à fait hégélienne, du recueil Du Néant à Dieu, il débute par des variations sur la parole et le silence.

" Nous sommes tellement finis que pour exprimer l'Infini nous nous servons d'un mot négatif : infini, non-fini.[...] Autant faut-il en dire de l'Immense." Et d'un.

" Quelle ressource reste-t-il aux vaincus : à l'âme pour toucher Dieu, à la parole pour exprimer l'âme ? Le silence. Le silence est la parole suprême qui exprime l'inexprimable, très incomplètement mais autant que possible." Et de deux.

"[L'homme] a peur d'employer des mots qui s'appellent aussi des termes, et de circonscrire et d'anéantir, en la déterminant, cette joie immense et timide qui se lève du fond de son âme et plane sur le monde sans se poser sur lui, le sentant trop petit pour elle." Et de trois.

Il faut donc mettre un mot au terme. Et non pas un terme au mot (à la différence du terme aux maîtres de Desproges). Termomo n'est pas si éloigné de l'origine onomatopéique de mot. Muttire signifiait "produire le son mu, grommeler" : mutmut facere (émettre un son à peine distinct). On n'est pas aidé ! Dire un mot, c'est à coup sûr ne pas se faire comprendre, par ses gargouillements et chuchotements. Mais donner un terme, c'est à coup sûr ne pas comprendre, limiter, atténuer, déprécier, dévaloriser la chose ainsi décrite. La confusion est grande pour désigner ce qui servira la parole, et cela n'a rien de surprenant, puisque c'est le silence la parole suprême, le silence. La parole, en comparaison - si j'ose dire, puisque parole veut dire comparaison - est largement impuissante.

Pourquoi diable défendre le bon usage des mots, dans ce cas ? Hé ! bien justement, parce que cet outil est ô combien limité, il n'est pas question de le dégrader encore. Et puis j'en ai assez de voir mon Silence perturbé par d'incessants grommellements !...


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