Magazine

Lettre à un con.

Publié le 17 juin 2011 par Alexcessif

Lettre à un con.

Socrate buvant la ciguë J. L David 1787
"Dis qu'en toutes choses tu ne sais rien et que c'est ton seul savoir. Dis que la vérité est au fond de nous-mêmes et qu'il te suffit de penser et de dialoguer avec autrui pour la faire apparaître.Sacré Socrate, où a t-il été chercher cette fable?
Tu n'as jamais reçu une lettre dont les mots t’empoisonnent? Une lettre de ton ainé que tu crois serein?
Si oui tu peux toujours répondre ça:

                         Lettre à un con.
Assez consternantes les philippiques du petit Dave! Leurs lectures s’apparentent à un voyage dans l’infiniment petit et nulle chrestomathie ne suffirait à faire l’exégèse par la scolastique ou la philologie de ces laborieux catilinaires.
Surtout ne pas répondre!* Son explication écrite est un cri de douleur à la dimension de sa logorrhée qui  à l’évidence le soulage en espérant qu’elle le guérisse un jour.
Chaque évocations d’un repas, d’une sortie commune qu’il a incité se terminent, après quelques jours de maturation comme un fruit qui pourrit,  par des mises à jour rétroactives sans innovations et  déprimantes.

Lettre à un con.

Symbole d'incompréhension
 le fétiche Arumbaya.

En y  répondant, l’incompréhension qui nous sépare et pourtant n’arrive pas à nous éloigner, (première énigme) risquerai de déséquilibrer sa curieuse, nécessaire et obsessionnelle jouissance Freudienne à tuer le père. Sans réponse les mouches changeront d’âne et j’espère qu’il cessera de lui-même cet acharnement morbide sur le vieil homme sans agressivité que je suis devenu. Car je le sens, je le sais, il me croit son adversaire et me pense encore vif. De plus  et surtout son intelligence m’est totalement inaccessible. La méfiance s’installe en lui au simple son de ma voix. Les mots franchissent le pavillon de cette oreille défaillante. Ils  se perdent dans un labyrinthe où l’attendent le minotaure affamé, impitoyable, insatiable, insane et irraisonnable qui les déchiquette. Ensuite une fois repus, exubérant, volubile, il assaille de sa faconde mon ouïe étonnée autant qu’assourdie par ce verbiage impossible à contenir. Cet enfant/témoin qui ne souhaite pas porter mon patronyme, placé aux premières loges de ma vie se croit l’invité d’un spectacle qu’il regarde, critique silencieux, analyse laborieusement puis m’en livre le réquisitoire murement réfléchit jusqu’au pourrissement. Il est un capteur négatif de souffrance qu’il s’auto-inflige afin de se construire à l’inverse de moi, emplit de bons sentiments envers les autres qu’il observe tout autant dans un but d’étalonner sa propre existence. Il y a en lui ce besoin inassouvi de rendre des services qu’on ne sollicite pas et j’ai droit fréquemment  au récit de ses observations et conseils d’éducation sur l’adolescence de son frère qui n’est pas un long fleuve tranquille. Chaque remous qu’il constate et révèle est l’occasion de s’accrocher à cette bouée qui empêche sa propre noyade. Cette quête identitaire, aux prolégomènes lassant pour moi qui suis également en travaux, s’oriente wrong way. Le chemin de la colère pour ne pas dire de la haine n’est pas le plus court, je m’y suis souvent fourvoyé. Cet exemple négatif qu’il n’arrive pas à inverser me coupe l’accès à sa compréhension. Sans aucune crédibilité, notre dialogue sans personne est improductif et je le constate contre-productif. Ma dérobade silencieuse semble être la seule issue et la solution mutique et bancale de ce dilemme.

Lettre à un con.

Van Gogh autoportrait

A celui qui se nourrit de la confrontation détaché de mes obligations alimentaires je pratique le sevrage de l’évitement.
Sans réponse, il se calmera et il faudra m’abstenir de toute fréquentation qui l’enflammerait aussi. Douloureux mais facile car, quand ce n’est pas le hasard, c’est souvent lui le demandeur (nous sommes là à cœur de la première énigme). Reste le risque, car force m’est de constater que s’en est un, de la mauvaise rencontre des aléas du trajet. Celle d’hier a déclenché ce flot en forme de débrieffing de notre sortie vélo qui semblait s’être bien passée avec pot commun et cadeau à la clé. Ce barrage social apparemment solide cachait des fissures sournoises. Je fais, et ferrai encore, à cette occasion l’état des lieux de notre « relation ». Je me souviens que chaque explication fournie est toujours frappée de suspicion. Elle est toujours enrichie de sa propre analyse invariablement opposée à la mienne. Il est pourtant plus simple et plus évident de s’appuyer sur le constat et notre seul point de convergence : nos discussions sont des disputes. L’entêtement de l’un ou de l’autre en est l’origine. Ainsi un peu de prospective me laisse prévoir son interprétation de mon mutisme par des phrases déjà prête «  politique de l’autruche, fuite des responsabilités etc…etc… » Car s’il y a pathologie, il y aura frustration.  C’est ainsi : son étrange organisation cognitive fonctionne sans antidote et le poison chemine dans ses raisonnements  déviants comme la trajectoire d’un caillou chute obéissant aux lois de la pesanteur et les récoltes  de sa pensée à  la loi biologique de la corruption. J’ai du omettre dans son éducation sans mère les premiers commandements : ·   Tu ne tueras point ! ·   Tu ne jugeras point ! ·   Ton père tu respecteras, petit con* ! Je suis désolé de ma bonne santé pourtant  un jour, c’est juste une question de temps, je ne serai plus là. La vie est une impasse dont la longueur est la seconde  énigme. Alors il intégrera définitivement ma légitimité de père. Il sera temps d’écrire l’épitaphe : ci-git: No one into the quiet zone.
Et connaîtra la paix!
*Je sais, c’est un présentisme mais que dis-tu de celui-ci : « Je ne dirai pas tout…. sache qu’il….. » ? * chuis pas sûr de la version originale, vois le truc avec Moïse !

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Alexcessif 80 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte