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Chili et Bolivie : incident ou provocation ?

Publié le 19 juin 2011 par Anthony Quindroit @chilietcarnets

Dans un contexte diplomatique déjà tendu, un « incident » est survenu dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 18 juin 2011 à la frontière chilo-bolivienne. Des policiers chiliens ont interpellés quatorze militaires boliviens armés qui circulaient au Chili, à quelques kilomètres de Colchane, le dernier village chilien avant la Bolivie.
Les Boliviens se trouvaient à bord de deux véhicules supposés volés. La version bolivienne affirme que les militaires ont arrêtés des contrebandiers qui roulaient avec ces véhicules à la frontière et qu’ils les ramenaient donc aux carabineros chiliens. Mais, des habitants de Colchane affirment avoir été agressés un peu plus tôt par des militaires boliviens qui auraient volé leurs véhicules.
Les faits ont rapidement été qualifiés de « graves » par le monde politique au Chili qui a sèchement rappelé la Bolivie à l’ordre. Les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères ont été les premiers à réagir.

Alfredo Moreno, Chili, ministre des Affaires étrangères

Alfredo Moreno, ministre chilien des Affaires étrangères, a prévenu : "Cela ne doit pas se reproduire..." Sinon ? (photo DR)

Car la situation entre Chili et Bolivie est loin d’être idyllique ces derniers mois. Depuis la sortie du président bolivien Evo Morales sur la nécessité pour son pays de bénéficier d’un accès à la mer. Donc de bénéficier d’un passage privilégié par le Chili, voire même de « récupérer » une grande partie du désert d’Atacama, territoire perdu par la Bolivie au XIXe siècle lors de la Guerre du Pacifiques (Chili et carnets en parlait ici ou encore ). Cette exigence de plus en plus pressée tend les relations bilatérales. Et un tel événement ne fait que mettre un peu plus d’huile sur le feu.
Les réactions n’ont pas tardé : « Il faut une meilleure coopération entre les deux états pour éviter que de tels faits ne se transforment en incident diplomatique », prône le sénateur Eugenio Tuma (Partido por la Democracio, centre-gauche). « La Bolivie doit sanctionner ces faits », prévient le ministre des Affaires étrangères, Alfredo Moreno Charme. D’autres rappellent que la situation aurait pu être bien pires : tous les intervenants été armés au moment des faits…
Treize militaires ont été placés en détention et le quatorzième, mineur, a été envoyé dans un centre spécialisé en attendant que le sac de noeuds soit démêlé. Et que les tensions s’apaisent.


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