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Psychologie : la paranoïa

Publié le 20 juin 2011 par Legraoully @LeGraoullyOff

Le terme Paranoïa est issue du grec Para « à coté de » et Noos « esprit » . C’est une maladie psychique où peur et anxiété sont prédominants jusqu’à l’irrationalité et le délire. Il a commencé à être utilisé en Allemagne au 19ème siècle où il désignait tout type de délire.

Aujourd’hui il désigne une psychose chronique (et dont le malade n’a pas conscience comme dans  toute psychose ) qui se caractérise par un délire parfaitement bien organisé, une toute puissance de l’interprétation personnelle au détriment même de la réalité. Il n’est par contre accompagné d’aucune perte des facultés intellectuelles . Il peut néanmoins entraîner une désocialisation progressive et notamment au point de vue professionnel.

0,3 à 2,5% de la population

La prévalence de ce trouble est de 0,3 à 2,5% de la population. On estime qu’une personne souffrant d’au moins 4 des symptômes suivants en est atteinte :

Psychologie : la paranoïa

Rosemary's baby , un exemple de décompensation puerpérale à tonalité paranoïaque

- S’attendre systématiquement et sans raison à être exploité ou trompé par autrui.
- Douter de manière injustifiée de la loyauté de ses amis ou collègues.
- Ne jamais se confier à autrui en supposant par avance que ces confidences seront utilisées de manière malveillante.
- Discerner un sens caché, humiliant ou menaçant dans des commentaires ou événements anodins.
- Manifester une rancune tenace.
- Percevoir des attaques contre soi, sans aucun fondement, contre-attaquer ou réagir avec colère.
- Douter de manière obsessionnelle et injustifiée de la fidélité de son conjoint ou partenaire sexuel.

Plusieurs délires sont associés à la paranoïa :

Le délire érotomaniaque correspond à la conviction délirante d’être aimé secrètement par une personne généralement plus favorisée socialement.

Une dangerosité non négligeable

Les délires de revendication systématisés et en secteur, essentiellement basés sur l’interprétation délirante. Ils reposent sur la croyance délirante en un préjudice subi, accompagné d’exaltation, de quérulence et d’agressivité. Il s’agit pour ces patients de « faire surgir la vérité » ou de « punir les coupables ». Ils incluent :

  • l’idéaliste passionné : passionné par une cause (politique, mystique, sociale), il se fait une « mission » de la porter, de la transmettre de manière fanatique, et d’en être le prosélyte infatigable ;
  • l’inventeur méconnu : cherchant à faire reconnaître son invention présumée ou l’antériorité de celle-ci par rapport à sa découverte « officielle » ;
  • le quérulent processif : ayant la conviction délirante d’avoir été lésé, multipliant des recours en justice et des procédures contre ses persécuteurs présumés ;
  • le délire de filiation : ayant la conviction délirante d’une ascendance illustre (souvent royale, aristocratique ou d’autre personnage en vue).

La dangerosité des paranoïaques n’est pas à négliger ; tant pour eux-mêmes (syndrome dépressif) que pour les autres (passage à l’acte hétéro-agressif surtout quand il existe un « persécuteur »  désigné)

Dans le cas des délires hautement systématisés, son délire peut avoir les apparences du réalisme et peut entrainer l’adhésion de l’auditeur.

Les thèmes du délire,qui font l’objet de l’interprétation très personnel d l’individu concernent tant des idées de persécution que de préjudice ou de de complot. Le délire évolue tant et si bien qu’au final le paranoïaque ralliera tous les évènements de sa vie à son délire . Par exemple, si un proche, un collègue ou un médecin tente de rassurer le sujet en lui disant qu’il « se fait des idées », cela sera immédiatement interprété comme un signe d’appartenance au « complot ». En psychiatrie on appelle cela un délire « en réseau » qui envahit petit à petit l’intégralité de la vie psychique. L’évolution est chronique.

Un traitement difficile

Le délire de relation des sensitifs s’installe chez l’adulte, chez des sujets qui présentaient antérieurement une personnalité dominée par la sensibilité. Un état délirant apparaît progressivement, généralement à la suite d’échecs ou de déceptions. Les thèmes du délire concernent des idées de persécution, de préjudice, d’hostilité et de mépris dont le sujet serait victime, ou d’atteinte de ses valeurs morales. Le délire est en général limité au cercle proche du patient (sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins, etc). Il est vécu douloureusement et silencieusement par le malade et entraine parfois de sévères épisodes dépressifs. Contrairement à ce qui se passe dans les autres types de paranoïa,les réactions hétéro-agressives sont rares. L’évolution est moins souvent chronique que dans les autres paranoïas.

Le traitement psychiatrique est difficile puisque par essence le paranoïaque ne fait pas confiance à autrui. Il n’entraine un internement que dans les cas où l’agressivité du malade devient dangereuse. Le traitement chimiothérapique est constitué de neuroleptiques dits incisifs car ils ont des propriétés anti-délirantes et eventuellement d’antidépresseurs en cas de dépression associée.

Pour la psychanalyse la paranoïa trouverait sa source dans une blessure narcissique précoce et un système d’identification défaillant. Freud et Lacan qui ont étudié la paranoïa à travers l’autobiographie du magistrat Schreber définissent 3 mécanismes prévalents de défense : le déni, le clivage du moi et la projection. Freud place l’homosexualité refoulée comme une des raisons principales de la paranoïa.


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