Magazine Bons plans

Rétrospective Philipp Otto Runge à la Hypo-Kunsthalle de Munich

Publié le 21 juin 2011 par Luc-Henri Roger @munichandco

Fichier:Philipp Otto Runge 005.jpg

Auto-portrait au col brun

Pour sa grande exposition d'été, la Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich présente une rétrospective du travail artistique de Philipp Otto Runge, un dessinateur et peintre allemand dont l'oeuvre est caractéristique du début du 19ème siècle (1777-1810).  Runge vient de Poméranie, il suivra son frère à Hambourg puis étudiera son art à l'Académie de Copenhague. L'exposition s'est attachée à retracer la genèse des oeuvres d'un artiste qui les préparait minutieusement par une série de dessins préparatoires très achevés.
Cet artiste apprécié de Goethe se situe à l'orée du romantisme dont il est un des précurseurs. Malade toute sa vie, il meurt jeune de la tuberculose en laissant une oeuvre limitée mais fascinante, dont le perfectionnisme saute aux yeux. L'exposition présente les oeuvres majeures du peintre en les faisant précéder de leurs dessins préparatoires.

Rétrospective Philipp Otto Runge à la Hypo-Kunsthalle de Munich

Der Morgen

Une première section  présente permet admirer des auto-portraits empreints d'intériorité, dont le fameux portrait au col brun qui a été choisi pour l'affiche . L'exposition s'attache ensuite à montrer comment Runge est passé du dessin académique aux motifs néo-classiques à l'étude d'une nature dont il s'est plu à encadrer les sujets de ses tableaux, notamment dans une série de dessins et d'études consacrés au thème du Temps: le matin et  le soir, le jour et la nuit. La genèse de son oeuvre Der Morgen (le Matin) est soigneusement documentée et l'exposition rend bien  compte de la vision spiritualisée avec laquelle Runge contemple la nature. La manière de dessiner les motifs végétaux ou floraux est fascinante et annonce déjà, cent ans avant la lettre,  une utilisation du détail naturel que développera lui aussi et bien plus tard l'art nouveau.
Fichier:Philipp Otto Runge 003.jpg
Les principaux tableaux dans lesquels Runge peint les membres de sa famille, ses enfants, sa femme ou ses parents, sont aussi présentés, avec une ,manière de caractériser l'enfance qui évoque le nouveau regard qu'en donne un Jean-Jacques Rousseau: l'enfant n'est plus considéré comme un adulte en miniature mais comme un être à part entière doué d'une dynamique qui est propre à son âge. Enfin le spirituel réapparaît dans les oeuvres religieuses, dont de belles études présentant Pierre sauvé par  Jésus marchant sur les eaux furieuses du lac que Ses divins pieds apaisent.
Une exposition qui réussit le pari difficile de présenter l'oeuvre souvent inachevée d'un artiste emporté trop tôt et dont Brentano a dit Ne pleurez pas sa mort précoce ! / Il n’a pas vécu : il a été une aurore.
L'exposition présente également avec une clarté toute didactique les recherches théoriques de Runge, des recherches dont il s'entretenait avec Goethe, qui tenait le peintre en haute estime. Elle s'attarde sur son ouvrage théorique majeur, la Sphère des couleurs, ou construction du rapport des mélanges de couleurs et de leurs affinités, suivi d’un essai sur l’harmonie chromatique (1808)
A voir à la Hypo- Kunsthalle de Munich jusqu'au 4 septembre, ouvert tous les jours de 10 à 18 heures. Plus d'infos en allemand ou en anglais sur le site de la Kunsthalle.
La Kunsthalle se situe sur l'élégant piétonnier qui relie la Marienplatz à l'église des Théatins de l'Odeonplatz, métro Marienplatz ou Odeonplatz.

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Luc-Henri Roger 35935 partages Voir son profil
Voir son blog