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Chinoiseries

Publié le 22 juin 2011 par Toulouseweb
ChinoiseriesComac affiche au Bourget des ambitions trčs floues.
La fin programmée du duopole Airbus-Boeing n’est pas le seul fait des Russes. Les Chinois, eux aussi, développent une gamme d’appareils de la catégorie des 150 places et au-delŕ, sous l’appellation C919. Il sera propulsé par des Snecma/General Electric CFMI Leap X, ressemblera ŕ ses concurrents et visera lui aussi le marché international.
Il est pour le moins difficile d’entrevoir la stratégie de Comac : l’avionneur chinois est trčs présent au salon du Bourget et y présente notamment une maquette en vraie grandeur du cockpit et d’une section de fuselage du C919. En revanche, explications et commentaires font cruellement défaut, les responsables présents sur le terrain n’étant visiblement pas familiers avec les méthodes occidentales de communication.
On retiendra que le C919 volera en 2014, comme annoncé précédemment, et que les premičres livraisons aux clients de lancement se feront normalement en 2016. Il s’agit de compagnies chinoises, ŕ l’exception de GE Capital Aviation Services, loueur que détient General Electric, lui-męme co-responsable du moteur choisi par les Chinois. Ces derniers reconnaissent volontiers que leur clientčle sera en grande partie nationale, męme s’ils prévoient d’aborder les marchés extérieurs, le moment venu.
Impossible pour autant de parler chiffres. Une centaine de commandes (ou d’intentions d’achat) auraient été signées récemment mais Comac n’en affirme par moins qu’il serait prématuré de citer un prix de vente. Comprenne qui pourra. Pour ce qui est du marché potentiel, curieusement, les représentants de Comac s’en remettent aux prévisions d’Airbus et de Boeing relatives ŕ ce segment du marché, une maničre de faire qui suscite évidemment la perplexité.
Une surprise est intervenue au Bourget, l’annonce de la signature d’un protocole d’accord établissant une coopération entre Comac et Ryanair. Zhuanglong Jin, directeur général de l’avionneur et Michael O’Leary, patron de la compagnie low cost vont, dit leur déclaration commune, établir et consolider des liens et mettre en place une association Ťstratégiqueť marquée par Ťl’échange régulier d’informations, un travail commun sur des spécifications techniques, la recherche et développement, les certificats de navigabilité, le financementť, etc.
On découvre ŕ cette occasion que la compagnie irlandaise aurait joué Ťun rôle crucialť dans le développement du C919 et participerait de ce fait ŕ sa crédibilité. Lŕ encore, on s’interroge, encore que la tentation soit grande de bâtir un scénario bien dans la tradition des maničres de faire de Michael O’Leary. On l’imagine volontiers menaçant Boeing (et accessoirement Airbus) d’acheter des avions chinois, faute de convaincre Seattle et Toulouse de lui vendre des 737 ou A320 ŕ des prix cassés. Mais, au fait, ŕ quel prix ? C’est le mystčre du salon du Bourget, original, inattendu.
Pierre Sparaco - AeroMorning

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