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Sarkozy : de Zébulon à Fanfaron

Publié le 23 juin 2011 par Hmoreigne

Sarkozy : de Zébulon à FanfaronOn peut être recordman d'impopularité et faire la leçon à ses adversaires politiques. Dénué de complexes, Nicolas Sarkozy présente les symptômes du cocaïnomane : énergie débordante et sentiment d'invincibilité. Notre président se gausse dans la presse de ses qualités de stratège et de sa capacité à influer sur la désignation du candidat des socialistes. Il ne suffira pas pourtant au locataire sortant de l'Elysée de penser qu'il est le meilleur. Il lui faudra, s'il veut un nouveau bail de cinq ans, convaincre les français qu'il l'est réellement.

Celui qui s'affichait comme le DRH du PS entend désormais jouer les trouble-fête de la primaire socialiste en polluant l'ouverture mardi du dépôt des candidatures par des événements créés sur mesures : conférence de presse consacrée aux investissements d'avenir issus du grand emprunt, déplacement le lendemain dans la Sarthe avec François Fillon et enfin annonce probable d'un remaniement ministériel si Christine Lagarde décroche la timbale au FMI.

Selon Le Figaro, le président de tous les français, mais surtout ceux de sa majorité, aurait encouragé le lancement par l'UMP d'une grande opération de tractage et d'affichage contre la primaire. Toujours selon le grand quotidien conservateur, Nicolas Sarkozy parierait, dans un poker menteur qu'il affectionne, sur la victoire de Martine Aubry à la primaire.

"Un quart d'heure après le début de son émission, elle avait déjà perdu 1 million d'auditeurs", aurait raillé mercredi le chef de l'État le à propos de la dernière apparition télé de la maire de Lille.

Martine Aubry est en fait sa candidate de cœur car, l'archaïsme voire le dogmatisme qu'elle incarne donne plus de prise à un président sortant qui à l'inverse s'affiche comme un grand réformateur et surtout modernisateur du pays.

Nicolas Sarkozy pense en plus détenir des éléments susceptibles de déstabiliser fortement la Première secrétaire du PS très attachée à sa famille. Lors d'un déjeuner avec les députés sarkozystes, le Chef de l'Etat aurait fait une allusion sibylline à l'époux de la patronne du PS. Ce dernier, ancien bâtonnier, est régulièrement accusé avec outrance par l'extrême droite d'être l'avocat des islamistes alors qu'en fait, il est un avocat engagé, spécialisé dans la lutte pour les droits de l’homme. De la même façon que Jospin en son temps, la naïveté  de Martine Aubry en matière de sécurité, avérée dans un texte qu'elle a signé récemment, constitue du pain béni pour Sarkozy qui se lèche à l'avance les babines des coups bas qu'il réserve à la patronne des socialistes.

Après avoir été entouré de louanges pour affaiblir DSK lorsque le directeur du FMI était dans la course, François Hollande est désormais présenté par Nicolas Sarkozy comme carbonisé, ayant mangé son pain blanc. Signe toutefois qu'il inquiète, l'entourage présidentiel reprend la critique récurrente à l'égard du président du Conseil général de Corrèze qu'il serait un "ventre mou". Une réputation qui lui colle à la peau et formalisée dans le surnom de "Flamby" attribué par ses petits camarades socialistes.

Nicolas Sarkozy peut bien mépriser ses adversaires, il oublie un peu vite qu'à un an des présidentielles, il est deux fois moins populaire que Mitterrand et Chirac à la même époque et qu'à la différence de ses prédécesseurs,  aucune cohabitation ne lui offre la possibilité de remonter des abîmes d'impopularité où il stagne.

Il semblerait que faute de pouvoir susciter un mouvement d'adhésion comme ce fût le cas lors de 2007, le président sortant ne soit réduit à conduire une campagne de dénigrement et de rejet de ses adversaires en 2012. "Après-moi le déluge" est à ce titre un grand classique de la vie politique.


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