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Un avion lorrain

Publié le 28 juin 2011 par Toulouseweb
Un avion lorrainLe Skylander effectuera son premier vol dans un an.
Société d’ingénierie des transports forte d’un millier de personnes, Geci International a pignon sur rue dans l’aéronautique, le spatial et d’autres domaines marqués par de grandes exigences. C’est aussi un avionneur ŕ part entičre, depuis la reprise de Reims Aviation et le lancement du bimoteur Skylander, lequel effectuera son premier vol ŕ la mi-2012.
C’est un programme plus ambitieux qu’il n’y paraît ŕ premičre vue. L’avion est intentionnellement trčs simple (4.000 pičces ŕ peine), rustique selon l’expression consacrée, doté d’une aile haute et d’un train d’atterrissage fixe et il est propulsé par les turbines les plus fiables de leur catégorie, des Pratt & Whitney Canada PT6 de 1.100 ch. Il est doté d’hélices Hartzell, d’un cockpit numérique de Cobham et, de maničre générale, d’équipements issus de bonnes maisons.
Le Skylander est proposé ŕ 6,6 millions de dollars. A ce prix-lŕ, il devrait en toute logique s’arroger des pans entiers d’un marché trčs vaste, avion Ťutilityť dans le jargon anglo-saxon, capable de transporter 19 passagers ou 2.700 kg de fret sur 1.500 km, la masse maximale au décollage étant de 8.600 kg. Serge Bitboul, PDG de Geci, affiche une grande confiance dans les développements ŕ venir, d’autant que des commandes nombreuses ont déjŕ été conclues, dont une quarantaine au salon du Bourget.
Quatre premiers avions sont en chantier, dont deux cellules destinées aux essais au sol, et la série suivra trčs vite, la cadence de production devant progressivement monter ŕ 9 exemplaires mensuels. En un premier temps, l’assemblage final du Skylander devait se faire au Portugal mais, finalement, l’avion sera lorrain.
Les performances annoncées sont plus que suffisantes (435 km/h en croisičre) pour une utilisation dans des régions souvent inhospitaličres, sur des pistes sommaires, dans des conditions météorologiques parfois hostiles. Curieusement, ce créneau était délaissé, si ce n’est par des avions de conception ancienne ŕ la recherche d’une seconde jeunesse comme le Twin Otter canadien et le Do-228NG allemand.
Les équipes de Geci ont pris le temps de rencontrer 150 exploitants avant de passer leurs souhaits aux ingénieurs de la maison. Sans surprise, les hommes du marketing ont notamment confirmé que de nombreux clients potentiels se situent en Asie du Sud-Est, ce qui suppose la mise en place d’un réseau commercial solide, coordonné depuis Kuala Lumpur.
En d’autres termes, voici qu’apparaît un nouvel avionneur français ŕ vocation mondiale, un événement rare… L’ADN du Skylander dévoile un soupçon de filiation anglaise, les premiers traits de crayon ayant été le fait de Desmond Norman, né en 1929, disparu fin 2002, cofondateur avec John Britten de Britten-Norman, dont les réalisations les plus connues furent le bimoteur Islander et le trimoteur Trilander. D’oů l’appellation Skylander en hommage ŕ cet ingénieur talentueux. Lequel affirmait que la conception de l’Islander s’inspirait de celle du de Havilland Dragon apparu dans les années 30.
Aujourd’hui oubliée, cette allusion ŕ un passé lointain permet de souligner que les avions Ťrustiquesť, indispensables, sont éternels. Mais ne renient pas pour autant les avancées techniques qui leur confčrent des possibilités opérationnelles, tous azimuts. Une preuve sympathique vient d’en ętre donnée : le Skylander sera utilisé par l’Institut Jane Goodall, organisation mondiale de protection de la biodiversité. Une touche d’humanité rare dans le secteur aéronautique et d’autant plus bienvenue.
Pierre Sparaco - AeroMorning

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