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Paris libéré !

Publié le 28 juin 2011 par Ansolo

Les uns diront qu'il fallait être cynique, d'autres bien informé, ou simplement optimiste pour prétendre que cela devait se terminer comme cela. Le Stade Français a finalement obtenu de la DNACG de pouvoir évoluer en Top 14 la saison prochaine, quand la veille les cassandres lui prédisaient un séjour en ProD2 voire en Fédérale.

Cette issue heureuse, le club parisien la doit avant tout à la formidable mobilisation d'un certain nombre d'acteurs majeurs du rugby National. De l'emblématique Jean-Pierre Rives au mécène de l'ovalie française Serge Kampf en passant par le président du comité d'Ile-de-France, Jean-Louis Boujon, les soutiens financiers ou simplement d'influence ont beaucoup compté dans le sauvetage du Stade Français.

Mis en péril par une escroquerie finalement assez classique (la fameuse arnaque Nigériane qui pollue par ailleurs nos boites Email), le club de la capitale a dû son salut à un tour de table constitué essentiellement par un de ses anciens joueurs, Richard Pool-Jones (au passage, on saluera une fois de plus l'Angleterre pour son influence bénéfique sur le rugby de France). Contrairement à ce que certains ont pu avancer, la participation de la société Oberthur Technologies n'est pas "sortie du chapeau" miraculeusement. Elle est le fruit du travail initié dès que les difficultés financières du Stade Français ont été révélées.

Les supporters du Stade Français, bien évidemment, se réjouissent. Et le petit Gonzague dont la lettre de soutien avait ému le landerneau rugbystique (voir ici) pourra garder son argent pour "son abonnement au Stade Français" comme a pu le dire Richard Pool-Jones à sa sortie de la DNACG. Mais tous n'affichent pas la même satisfaction, en particulier les fans de Montauban ou d'Albi, mais également de La Rochelle (qui auraient pu profiter de la rétrogradation du Stade Français pour se maintenir en Top14).

Sans être totalement naïf devant les arrangements qui peuvent exister au sein des instances dirigeantes, il semble quand même difficile d'affirmer que le Stade Français a bénéficié d'un traitement de faveur. On attend une preuve du contraire, alors que la DNACG évoque des apports financiers, c'est-à-dire de l'argent frais venant abonder les ressources propres du club et reconstituer son fonds de roulement, et non des "garanties" ou des "cautions". Avant tout, le Stade Français a bénéficié de sa notoriété très forte et de sa position géographique : le bassin Francilien dispose d'un potentiel économique que n'a pas celui de Mont-de-Marsan (au hasard...) ou Albi.

Il reste que le Stade Français a connu un déficit d'exploitation de plus d'un million d'euros et qu'il lui faudra éviter de réitérer la chose, les bailleurs de fonds n'étant pas non plus des philanthropes totalement désintéressés. Il est vrai que le déménagement à Charléty pour cause de travaux à Jean-Bouin n'a pas facilité les choses, ni d'ailleurs les résultats en dents de scie du club.

La responsabilité de la situation qui a conduit le Stade Français au bord de l'abyme incombe en premier lieu à Max Guazzini. Communicant hors pair, génial inspirateur qui, qu'on s'en satisfasse ou pas, a révolutionné l'approche du rugby en France, l'ex-président n'a sans doute pas suffisamment pris en compte l'importance de certains joueurs "historiques" dans le fonctionnement du club, n'a pas accepté à temps d'ouvrir la gouvernance comme le capital du Stade Français, bref de lâcher son jouet pour en faire une entreprise pérenne.

Le mot est dur, et choque les oreilles des nostalgiques du rugby d'antan qui n'acceptent pas l'évolution du rugby professionnel. Mais c'est un fait, on ne peut désormais plus construire un club sur des structures et un mode de fonctionnement obsolète. En passant la main, Max Guazzini admet cet état de fait et opère un sacrifice immense pour lui mais nécessaire pour le Stade Français.

L'heure est maintenant à la préparation de la prochaine saison. Certains joueurs qui se voyaient partir pour d'autres clubs devront réviser leurs projets, si l'on se fie aux premiers propos du nouveau président, Thomas Savare. Qu'on se le dise, le Stade Français n'est plus en rade...n'est-ce pas Mathieu Bastareaud ?


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