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ABDOULAYE WADE : GRANDEUR ET DECADENCE par Pape

Publié le 03 juillet 2011 par Bababe

Autrefois, opposant historique au régime de Senghor et de Diouf, aujourd’hui, « Roi autoproclamé »....


  Le vent de la révolte est en train, décidément, de se propager dans toutes ses ces parties du monde non occidental où experts et mandarins avaient jurés que jamais la démocratie n’aura de prise sur les peuples. Eh oui, circulez, il y a rien à voir. L’Histoire se passe ailleurs. Ailleurs, loin des terres arides d’Afrique noire.  Loin de ses lieux où l’Histoire n’a pas suffisamment pénétré. Cependant, les récents évènements démontrent que ce collège » d’experts en tout », «  experts après coup », a été incapable de prédire les mouvements historiques du soulèvement des peuples.  Il en va ainsi de la grandeur et de la décadence des peuples. L’Afrique, comme composante essentielle du monde, n’échappe pas à la règle

Le vent a tourné et avec lui les dictateurs et autres charlatans du droit dont la seule préoccupation reste la conservation du pouvoir.  Abdoulaye Wade, comme Président  du Sénégal ne fait pas exception à la règle.  Autrefois, opposant historique au régime de Senghor et de Diouf, aujourd’hui, « Roi autoproclamé », son règne, depuis 2000, est jalonné de déceptions  tant en termes d’horizons, de visions que de pratiques politiques  dont on caressait l’espoir qu’il y mettrait fin. Avec lui, on a assisté à deux phases qui caractérisent ses mandats.

La Première est l’avènement de l’alternance qui cristallise la libération d’un peuple de 50 ans de socialisme stérile et la renaissance que ce vieux Monsieur a promis d’incarner. Paradoxal de voir la renaissance d’un peuple jeune incarnée par un vieux. Passons. Toujours est-il que Wade a été célébré comme le messie qui allait sécher nos larmes et soigner nos plaies. Ce mandat de 2000, sous le sceau de l’espoir plus que l’espérance, a très vite montré les carences de ce monsieur  et de son équipe d’amateurs assoiffés de pouvoir. Dans sa tête où semblaient sortir une idée par seconde, nous assisterons à une série de ratés comme la promulgation de la loi Ezzan qui gracie tous les criminels politiques. Preuve s‘il en est une que Wade n’a cure de ce que son opinion pense de lui. Des exemples existent à foison.

 Même si nous devons reconnaître quelques succès à sa première présidence, notamment, la modernisation de la ville de Dakar à coup de milliards, nous devons dire aussi que la perception libérale de l’économie par Wade  a ouvert ce pays à l’appétit des Trusts qui ont fini de se partager le «  gâteau Sénégal ». Le peuple a vite déchanté car il a été invité à souffrir en silence et à se résigner. Je dois dire, comme d’habitude ! Il a surtout, était le président des effets d’annonce en ce sens  qu’il a construit son action dans le vide ou parfois le gouffre. Le vide parce qu’il confond parole et action. Quand il dit vouloir amener le TGV au Sénégal ou le tramway, il sait bien que c’est faux mais l’essentiel est, pour lui de le dire afin de donner l’impression qu’il agit sur la vie des citoyens sénégalais que nous sommes. Mais, j’ai envie de lui dire comment  techniquement peut –il amener le TGV, une énergie à Très Haute Tension (THT), alors que Dakar est, en permanence, plongé dans le noir ? Le gouffre, chaque idée de Wade nous aura coûté des milliards même si, après, ce projet fait  pschitt. Je donnerai pour exemple, le projet de construction de l’aéroport Blaise Diagne qui selon lui, doit être un hub. Soit ! Mais quand verrons-nous cet édifice sortir de terre ? Combien il nous aura coûté surtout ? Que dire des plans REVA, Jaxxay ? Quel bilan en tirer ? Comment le vérifier ?

Si cette première phase est, donc, marquée par un succès mitigé, nous allons glisser subrepticement, dans une forme de décadence où les acteurs sont Wade et son fils.

Ce second mandat marque véritablement le dévoilement du projet de Wade. Il a décidé de mettre à exécution son idée de dévolution monarchique. Après Wade Pére, voilà que pointe Wade-Fils, non pas par les urnes mais par l’héritage. Le vieux président traduit cette stratégie par la nomination de son fils Karim Wade à des postes ministériels au centre du dispositif gouvernemental. Après avoir scandaleusement « organisé », l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) par le biais de l’ANOCI, il embraye à des postes aussi stratégiques que divers. Ainsi, il occupera le ministère de l’énergie, ensuite celui du transport en passant par la coopération internationale….et toutes ces missions ont démontré les limites de sa compétence. Il ne suffit pas d’être « fils de… », fût-il, de l’opposant Wade, pour être bon.  Karim Wade semble juste incapable d’assumer les responsabilités que lui a confiées son président de père.  Malgré quelques milliards dépensés pour résoudre l’équation énergétique, par exemple, le résultat est accablant. Nous assistons littéralement, un chaos énergétique. La population du Sénégal en est venue à se résigner à vivre dans le noir. En plus d’une vie aux perspectives sombres, voilà que le  Sénégal est plongé dans le noir.

Ce qui est le plus révoltant c’est que malgré une succession d’échecs, Karim Wade continue son ascension avec la bénédiction du grand manitou. Je ne suis pas sûr qu’un sénégalais lambda, après autant d’échecs puisse avoir une possibilité de survivre. Si le second mandat de Wade avait pour mission de parachever les grands travaux comme il le dit souvent, il a, en revanche, plongé le Sénégal, dans une impasse économique et social terrible marquée par une absence de visions à moyen et long terme. Gouverner, c’est prévoir, disait l’autre. Mais, prévoir quoi et pour qui ? Dans le monde, selon Wade, la réponse est simple. Transmettre le pouvoir à son fils aîné au prix d’un bidouillage de la constitution pour se présenter à un troisième mandat malgré son grand âge.

Ce Vieux Président obsédé par son image, sa postérité a juste oublié que le coût de son avion personnel (la pointe Saréne), du statut de la Renaissance Africaine ou du Fesman,  etc., aurait servi mieux le peuple dans sa souffrance quotidienne. Moderniser une ville ne signifie pas construire des ponts dans les grands axes comme pour cacher la misère, mais inventer ou proposer une vision, un avenir pour une population à majorité jeune et analphabète.  Bref, Wade a été incapable d’installer le Sénégal dans une sérénité durant son second mandat.

Cette décadence est le marqueur du second mandat de Wade. Elle se vérifie par l’obsession de Wade d’imposer son fils à la fois sur la scène international, notamment en utilisant le récent sommet du G8 à Deauville pour introduire Karim Wade au Président Obama, mais aussi au niveau de la vie politique intérieure au travers de la   «Génération Concrète ». Cette ingénierie politique de transmission du pouvoir à son fils a connu son apogée lors de la proposition de loi du Ticket présidentiel. Tel un coureur de fond, Wade compte avoir le peuple à l’usure.  Mais, son obstination a buté sur une volonté qui lui est supérieure : le  peuple.

Cet avertissement du 23 juin est le symbole d’un ras-le bol qui annonce l’acmé du pouvoir de Wade. Ce qui a quelque chose de positif puisqu’il sonne le glas non seulement du règne de Wade mais aussi un rétablit véritablement le pouvoir de la majorité : le pouvoir du peuple.

Face une élite mal éclairée aux perspectives floue, je propose d’essayer la lucidité du peuple. Osons la jeunesse pour un Sénégal revigoré.

Pape Ndiouga NDIAYE


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